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LES    ADRESSES     UTILES
DES  EGLISES ou PAROISSES / ou SYNAGOGUES ou MOSQUEES



Église Saint-François-Xavier
Église catholique
Paris · 01 44 49 62 62
Ouvert ⋅ Ferme à 19:30



Église Saint-Eugène-Sainte-Cécile
Église catholique
Paris · 01 48 24 70 75
Ouvert ⋅ Ferme à 20:00



Mission Catholique Espagnole
Église catholique
Paris · 01 45 04 23 34



Chapelle Notre-Dame-de-l'Étoile de Bobigny
Église catholique
Bobigny



Paris Gare de Lyon
3,8 (2 185) · Station de métro
Paris · 01 84 94 36 35
"Ancien plm paris lyon marseille dessert le sud est de la france."



Église orthodoxe serbe Saint-Sava
Église orthodoxe orientale
Paris · 01 42 52 99 90
Fermé ⋅ Ouvre à 09:00 (mer.)



Église Saint-Ignace
Église catholique
Paris · 01 45 48 25 25
Ouvert ⋅ Ferme à 18:45



Cathédrale Saint-Jean-Baptiste
Église arménienne
Paris · 01 43 59 67 03
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00



Cathédrale Notre-Dame du Liban
Église
Paris · 01 43 29 47 60
"Belle église de ryte maronite au coeur d'un superbe quartier parisien."



Eglise-Crypte
Église
Paris
Itinéraire
Église Charisma
Église évangélique
Le Blanc-Mesnil



Eglise Protestante Malgache en France
Église protestante
Paris · 01 44 53 47 00


Église Notre-Dame des Blancs-Manteaux
Église catholique
Paris · 01 42 72 09 37
Ouvert ⋅ Ferme à 19:00



The American Cathedral in Paris
Église épiscopale
Paris · 01 53 23 84 00
Édifice néo-gothique pour culte anglican avec vitraux de 1880 et mémorial de guerre



Archevêché de Paris
 Association ou organisation
Paris · 01 78 91 91 91



Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens
 Église catholique
Paris · 01 44 59 23 50



Communauté de Vie Chrétienne (CVX)
Église catholique
Paris · 01 53 36 02 25
Ouvert ⋅ Ferme à 17:00



Centre d'Accueil Universel - Paris (10)
4,7 (132) · Église chrétienne
Paris · 01 53 35 85 11
Ouvert ⋅ Ferme à 17:45



Hillsong Paris
Église
Paris · 09 74 77 75 75
Fermé ⋅ Ouvre à 10:00 (dim.)



Association Diocésaine de Paris
Église catholique
Saint-Cyr-la-Rivière · 01 64 95 62 10




LISTE DES GRANDES SYNAGOGUES DE FRANCE

BETH EPHRAÏM
Synagogue
18 Rue André Grunig
 01 39 90 63 97



Grande Synagogue de Paris
Synagogue orthodoxe
Paris · 01 45 26 95 36
Célèbre synagogue de 1874 où officie le grand rabbin de France, avec 1 800 sièges et des visites organisées.


Synagogue
Paris · 01 46 36 30 10



Synagogue Montmartre
Synagogue
Paris · 01 42 64 48 34



Synagogue ISRAELITE
Paris · 01 45 88 93 84



Synagogue Buffault
Paris · 01 49 70 70 00



Synagogue Yismah Moché - Paris 18ème
Paris · 06 51 01 26 14



Synagogue Chivtei Israël
Synagogue
Paris


Synagogue Berith Chalom
Synagogue
Paris · 01 48 78 45 32



Synagogue de Nazareth
Synagogue orthodoxe
Paris · 01 42 78 00 30


Synagogue Chasseloup-Laubat
 Synagogue orthodoxe
Paris · 01 42 73 36 29
Fermé temporairement



Synagogue des Tournelles
Synagogue
Paris · 01 42 74 32 80


Synagogue De La Roquette
Paris



Congrégation Adath Shalom
Synagogue mouvement Massorti
Paris · 01 45 67 97 96
Ouvert ⋅ Ferme à 17:00



Synagogue Darkei Haimù
Synagogue
Paris · 01 40 35 17 61



Acip Synagogue de Belleville
Synagogue
Paris · 01 43 49 20 13



Synagogue
Synagogue
Charenton-le-Pont · 01 76 21 07 70
Ouvert 24h/24


Don Isaac Abravanel
Synagogue
Paris · 01 47 00 75 95



Synagogue Etz Haïm
Synagogue
Paris · 01 43 48 82 42



Synagogue Du 8ème Elie Dray
4,6 (12) · Synagogue
Paris · 01 45 61 20 25


Association avec le Mouvement juif libéral de France
Le 23 septembre 2019 est annoncée la création de l'association Judaïsme en mouvement (JEM) regroupant dans une « maison commune », l'Union libérale israélite de France et le Mouvement juif libéral de France


Union libérale israélite de France
Synagogue de la rue Copernic à Paris
Présentation
Culte     Judaïsme
Type     Synagogue
Site web copernic.paris
Géographie
Pays     Drapeau de la France
Région     Île-de-France
Département     Paris
Ville     Paris
Coordonnées
Géolocalisation sur la carte : Paris
Union libérale israélite de France

L'Union libérale israélite de France (ULIF) est la première synagogue libérale française, créée en 1907 et située 24, rue Copernic, dans le 16e arrondissement de Paris. Elle est aussi connue comme la Synagogue rue Copernic.



LISTE DES MOSQUEES POUR FAIRE LA PRIERE


Grande Mosquée de Paris
Mosquée · 2bis Place du Puits de l'Ermite
Prière le vendredi
Fermé · Ouvre à 09:00 · 01 45 35 97 33



Salle de prière La Bastille foyer Sonacotra


Mosquée · 61 Rue de Charonne
Ouvert jusqu'à 20:00 · 01 40 21 30 42



Mosquée de la Porte de Vanves


Mosquée · 7 Rue des Arbustes


Mosquée

Mosquée · 11 Rue Labois-Rouillon
Salle de prière


Mosquée · 77 Rue Philippe de Girard
Institut socioculturel des musulmans



Mosquée · 1 Avenue de la Porte des Poissonniers
06 23 19 51 79


Grande Mosquée de Gennevilliers



Mosquée · 81 Rue Paul Vaillant Couturier
Ouvert jusqu'à 19:30 · 01 47 90 86 26



Paris Gare de Lyon
Station de métro · Place Louis-Armand
Gare terminus dotée d'une tour horloge
01 84 94 36 35

 
 "Ancien plm paris lyon marseille dessert le sud est de la france."

Mosquée l'Olivier
Mosquée · 7 Allée El-Ouafi-Boughera
01 49 10 67 96



Le Centre Culturel Musulman l’Olivier de la Paix Zeytouna
Mosquée · 45 Rue Charles Delescluze
01 48 57 34 77



Institut Al Ghazali
Institution religieuse · 5 Place du Puits de l'Ermite
Fermé · Ouvre à 09:00 · 01 45 35 74 60



Mosquées À Pantin
Aucun avis
Mosquée · 9 Rue Davoust



Grande Mosquée d'Asnières-sur-Seine

Mosquée · 23-25 Rue de l'Abbé Lemire
09 51 58 05 09



Mosquée de Châtillon

Mosquée · Coulée Verte

Grande Mosquée de Massy



Mosquée · 123 Avenue de Paris
Ouvert jusqu'à 18:00 · 01 69 30 86 25



Grande Mosquée de Pantin
Mosquée · 48 Rue Racine
06 19 89 93 74



Mosquée de Romainville
Mosquée · 52 Rue de la Fraternité
Ouvert jusqu'à 00:00 · 09 52 71 24 99



Mosquée de Montrouge


Mosquée · 51 Rue Racine

06 27 19 70 66




Adoma
Centre d'accueil pour sans-abris · 115 Av. des Grésillons
01 47 93 41 45



Adoma
Centre d'accueil pour sans-abris · 161 Rue de la Convention
01 56 36 18 40





LISTE DES PLUS GRANDS GUERISSEURS ou TALEBS JUIFS  du  MAROC  EUROPE  ISRAEL  USA
ESPAGNE  PORTUGAL  CANADA





LISTE DES PLUS GRANDS GUERISSEURS  MUSULMANS


Morchikh Ahmed
Psychothérapeute
Clichy · 01 47 33 70 81
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00
"Je vous recommande ce raki."



Roqya
Naturopathe
Clichy · 06 85 02 63 33



Aami Hassen Bounamcha (remplacé par Institut NAFS)
Organisation religieuse
Aubervilliers · 09 52 64 21 27
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00



Roqya redouane
Thérapeute Reiki
Beaumont-sur-Oise · 07 62 09 67 18
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00



Roqya compiègne
Thérapeute Reiki
Compiègne · 06 41 07 79 68



Roqya 78
 Centre de bien-être
Montigny-le-Bretonneux · 06 03 22 34 81
Ouvert ⋅ Ferme à 19:00
"La réalisation de la Roqya et les conseils "

 

PHOTOS  ET  VIDEOS
 
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les  anciens rabbins kabalistes guerisseurs au maghreb



LISTE  DES  GRANDES  EGLISES  DE  FRANCE

Église Saint-François-Xavier
Église catholique
Paris · 01 44 49 62 62
Ouvert ⋅ Ferme à 19:30



Église Saint-Eugène-Sainte-Cécile
Église catholique
Paris · 01 48 24 70 75
Ouvert ⋅ Ferme à 20:00



Mission Catholique Espagnole
Église catholique
Paris · 01 45 04 23 34



Chapelle Notre-Dame-de-l'Étoile de Bobigny
Église catholique
Bobigny



Paris Gare de Lyon
3,8 (2 185) · Station de métro
Paris · 01 84 94 36 35
"Ancien plm paris lyon marseille dessert le sud est de la france."



Église orthodoxe serbe Saint-Sava
Église orthodoxe orientale
Paris · 01 42 52 99 90
Fermé ⋅ Ouvre à 09:00 (mer.)



Église Saint-Ignace
Église catholique
Paris · 01 45 48 25 25
Ouvert ⋅ Ferme à 18:45



Cathédrale Saint-Jean-Baptiste
Église arménienne
Paris · 01 43 59 67 03
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00



Cathédrale Notre-Dame du Liban
Église
Paris · 01 43 29 47 60
"Belle église de ryte maronite au coeur d'un superbe quartier parisien."



Eglise-Crypte
Église
Paris
Itinéraire
Église Charisma
Église évangélique
Le Blanc-Mesnil



Eglise Protestante Malgache en France
Église protestante
Paris · 01 44 53 47 00


Église Notre-Dame des Blancs-Manteaux
Église catholique
Paris · 01 42 72 09 37
Ouvert ⋅ Ferme à 19:00



The American Cathedral in Paris
Église épiscopale
Paris · 01 53 23 84 00
Édifice néo-gothique pour culte anglican avec vitraux de 1880 et mémorial de guerre



Archevêché de Paris
 Association ou organisation
Paris · 01 78 91 91 91



Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens
 Église catholique
Paris · 01 44 59 23 50



Communauté de Vie Chrétienne (CVX)
Église catholique
Paris · 01 53 36 02 25
Ouvert ⋅ Ferme à 17:00



Centre d'Accueil Universel - Paris (10)
4,7 (132) · Église chrétienne
Paris · 01 53 35 85 11
Ouvert ⋅ Ferme à 17:45



Hillsong Paris
Église
Paris · 09 74 77 75 75
Fermé ⋅ Ouvre à 10:00 (dim.)



Association Diocésaine de Paris
Église catholique
Saint-Cyr-la-Rivière · 01 64 95 62 10




LISTE DES GRANDES SYNAGOGUES DE FRANCE


BETH EPHRAÏM
Synagogue
18 Rue André Grunig · 01 39 90 63 97



Grande Synagogue de Paris
Synagogue orthodoxe
Paris · 01 45 26 95 36
Célèbre synagogue de 1874 où officie le grand rabbin de France, avec 1 800 sièges et des visites organisées.


Synagogue
Paris · 01 46 36 30 10



Synagogue Montmartre
Synagogue
Paris · 01 42 64 48 34



Synagogue
Paris · 01 45 88 93 84



Synagogue Buffault
Paris · 01 49 70 70 00



Synagogue Yismah Moché - Paris 18ème
Paris · 06 51 01 26 14



Synagogue Chivtei Israël
Synagogue
Paris


Synagogue Berith Chalom
Synagogue
Paris · 01 48 78 45 32



Synagogue de Nazareth
Synagogue orthodoxe
Paris · 01 42 78 00 30


Synagogue Chasseloup-Laubat
4,4 (53) · Synagogue orthodoxe
Paris · 01 42 73 36 29
Fermé temporairement



Synagogue des Tournelles
Synagogue
Paris · 01 42 74 32 80


Synagogue De La Roquette
Paris



Congrégation Adath Shalom
Synagogue Massorti
Paris · 01 45 67 97 96
Ouvert ⋅ Ferme à 17:00



Synagogue Darkei Haimù
Synagogue
Paris · 01 40 35 17 61



Acip Synagogue de Belleville
Synagogue
Paris · 01 43 49 20 13



Synagogue
Synagogue
Charenton-le-Pont · 01 76 21 07 70
Ouvert 24h/24


Don Isaac Abravanel
Synagogue
Paris · 01 47 00 75 95



Synagogue Etz Haïm
Synagogue
Paris · 01 43 48 82 42



Synagogue Du 8ème Elie Dray
4,6 (12) · Synagogue
Paris · 01 45 61 20 25


LISTE DES MOSQUEES POUR FAIRE LA PRIERE



Grande Mosquée de Paris
Mosquée · 2bis Place du Puits de l'Ermite
Prière le vendredi
Fermé · Ouvre à 09:00 · 01 45 35 97 33



Salle de prière La Bastille foyer Sonacotra


Mosquée · 61 Rue de Charonne
Ouvert jusqu'à 20:00 · 01 40 21 30 42



Mosquée de la Porte de Vanves


Mosquée · 7 Rue des Arbustes


Mosquée

Mosquée · 11 Rue Labois-Rouillon
Salle de prière


Mosquée · 77 Rue Philippe de Girard
Institut socioculturel des musulmans



Mosquée · 1 Avenue de la Porte des Poissonniers
06 23 19 51 79


Grande Mosquée de Gennevilliers



Mosquée · 81 Rue Paul Vaillant Couturier
Ouvert jusqu'à 19:30 · 01 47 90 86 26



Paris Gare de Lyon
Station de métro · Place Louis-Armand
Gare terminus dotée d'une tour horloge
01 84 94 36 35

 
 "Ancien plm paris lyon marseille dessert le sud est de la france."

Mosquée l'Olivier
Mosquée · 7 Allée El-Ouafi-Boughera
01 49 10 67 96



Le Centre Culturel Musulman l’Olivier de la Paix Zeytouna
Mosquée · 45 Rue Charles Delescluze
01 48 57 34 77



Institut Al Ghazali
Institution religieuse · 5 Place du Puits de l'Ermite
Fermé · Ouvre à 09:00 · 01 45 35 74 60


Mosquées À Pantin
Aucun avis
Mosquée · 9 Rue Davoust


Grande Mosquée d'Asnières-sur-Seine

Mosquée · 23-25 Rue de l'Abbé Lemire
09 51 58 05 09


Mosquée de Châtillon

Mosquée · Coulée Verte

Grande Mosquée de Massy


Mosquée · 123 Avenue de Paris
Ouvert jusqu'à 18:00 · 01 69 30 86 25



Grande Mosquée de Pantin
Mosquée · 48 Rue Racine
06 19 89 93 74



Mosquée de Romainville
Mosquée · 52 Rue de la Fraternité
Ouvert jusqu'à 00:00 · 09 52 71 24 99


Mosquée de Montrouge


Mosquée · 51 Rue Racine

06 27 19 70 66



Adoma
Centre d'accueil pour sans-abris · 115 Av. des Grésillons
01 47 93 41 45



Adoma
Centre d'accueil pour sans-abris · 161 Rue de la Convention
01 56 36 18 40




LISTE DES PLUS GRANDS GUERISSEURS  MUSULMANS



Morchikh Ahmed
Psychothérapeute
Clichy · 01 47 33 70 81
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00
"Je vous recommande ce raki."



Roqya
Naturopathe
Clichy · 06 85 02 63 33



Aami Hassen Bounamcha (remplacé par Institut NAFS)
Organisation religieuse
Aubervilliers · 09 52 64 21 27
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00



Roqya redouane
Thérapeute Reiki
Beaumont-sur-Oise · 07 62 09 67 18
Ouvert ⋅ Ferme à 18:00



Roqya compiègne
Thérapeute Reiki
Compiègne · 06 41 07 79 68



Roqya 78
4,7 (15) · Centre de bien-être
Montigny-le-Bretonneux · 06 03 22 34 81
Ouvert ⋅ Ferme à 19:00
"La réalisation de la Roqya et les conseils "
La Roqya , l'exorcisme islamique séduit de plus en plus à Mayotte avec le Centre Nour Wa Shiffa.
5 mai 2019 · Ajouté par Mayotte la 1ère
Roqya char3iya Les symptômes de la sorcellerie manger et bu avec raqi abdelbaqi 0033671991305. الراقي المغربي ...
11 janv. 2017 · Ajouté par الراقي المغربي عبد الباقي الراشدي
Roqya chariya puissante pour brûler les djinns bi idni all. 12,115 views12K views. • Nov 12, 2015. 116. 11 ...
12 nov. 2015 · Ajouté par الراقي المغربي عبد الباقي الراشدي
rokiya hassan bounamcha.
7 déc. 2010 · Ajouté par GuideMusulman
ROQYA CONTRE BLOCAGE TRAVAIL. 1,188,852 views1.1M views. • Jan 22, 2017. 7K. 771. Share. Save. 7,019 ...
23 janv. 2017 · Ajouté par Spiritualité
Roqya puissante pour brûler le djinn amoureux incubus. Cabinet Roqya Maher. Cabinet Roqya Maher ...
19 févr. 2016 · Ajouté par euronews (en français)
Dahmichi Abdelkader roqya, rokya Bruxelles, Belgique, Europe... عبدالقادر دحميشي الراقي المغربي البلجيكي الرقية الشرعية والحجامة...
5 nov. 2019 · Ajouté par Pr. Dahmichi Abdelkader de Bruxelles
Le problème ne vient pas nécessairement de la Rokia Charia ou du raki, mais du manque de moyens pour ...
1 janv. 2017 · Ajouté par ROQYA ONLINE
Roqya très puissante contre la sorcellerie avec raqi abdelbaqi 0033671991305. 4,981 views4.9K views. • Feb 12 ...
12 févr. 2019 · Ajouté par الراقي المغربي عبد الباقي الراشدي
ROQYA ONLINE. ROQYA ONLINE. 48.3K subscribers. Subscribe. Rokia charia est la guérison avec la parole ...
24 juil. 2017 · Ajouté par ROQYA ONLINE
10 heures de coran pour apaiser l'esprit ... CORAN POUR SE SOIGNER, APAISER SON COEUR, POUR ...
23 janv. 2017 · Ajouté par Spiritualité
APPRENDRE A LIRE LE CORAN EPISODE 01 AVEC SERIGNE SALIOU FALL 2019. 860,998 views860K ...
7 mai 2019 · Ajouté par Okay.africa
L'ENTRETIEN : Traitement des Djinns par le coran avec Ben Halima ... Récitation du Saint Coran Français ...
5 mai 2019 · Ajouté par Mayotte la 1ère
... voir des résultats avec la permission de Dieu. Cette rokia charia est composée de Coran. Plus d'information ...
24 juil. 2017 · Ajouté par ROQYA ONLINE
Relaxing quran recitation Help you to sleep ahmed shalaby #quran​ #sleep​ #recitation​ #relaxing ...
6 oct. 2020 · Ajouté par Imane B
Nadia Daam nous parlera des « télécoranistes », ces imams qui utilisent la télévision pour répondre aux questions que ...
15 févr. 2017 · Ajouté par 28 minutes - ARTE
APPRENDRE A LIRE LE CORAN ÉPISODE 10 AVEC SERIGNE SALIOU FALL 2019. 84,022 views84K views ...
18 mai 2019 · Ajouté par Okay.africa
rokiya hassan bounamcha.
7 déc. 2010 · Ajouté par GuideMusulman
Le Coran (2 : 102). Qu'Allah vous accorde la guérison. Qu'Allah vous garde et qu'Il vous protège contre le ...
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5 mai 2019 · Ajouté par Mayotte la 1ère
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24 juil. 2017 · Ajouté par ROQYA ONLINE
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6 oct. 2020 · Ajouté par Imane B
Nadia Daam nous parlera des « télécoranistes », ces imams qui utilisent la télévision pour répondre aux questions que ...
15 févr. 2017 · Ajouté par 28 minutes - ARTE
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18 mai 2019 · Ajouté par Okay.africa
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7 déc. 2010 · Ajouté par GuideMusulman
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31 janv. 2019 · Ajouté par Fb.Signes. Dieu
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17 sept. 2017 · Ajouté par Rappel Islam & Quran
CORAN POUR DORMIR bébé
Récitateur : Abu Bakr Shatri #Coran #Roqya #baqara.
19 févr. 2019 · Ajouté par CORAN À MÉDITER
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25 avr. 2017 · Ajouté par Quran Tv
CORAN POUR DORMIR QUI APAISE LE COEUR (Recitation magnifique de sourate Mujadilah). Le Quotidien ...
14 nov. 2017 · Ajouté par Quran Tv
ROQYA SOURATE EL BAQARA PROTECTION MAISON ... CORAN POUR DORMIR QUI APAISE LE COEUR ...
24 janv. 2017 · Ajouté par Spiritualité
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29 janv. 2018 · Ajouté par Quran Tv
LA ROQYA [الرقية] SOURATE AL BAQARA PROTECTION MAISON (par le Raqi Ali Abou Muhammad A. de La ...
6 avr. 2017 · Ajouté par allah akbar
Le Coran, une guérison de toutes les maladies ... LA ROQYA (Sourate El Baqara) Protection maison/famille ...
18 janv. 2016 · Ajouté par Abdelfatah Boukaftane
ROQYA & CORAN. Subscribe. À écouter avec l'intention d'obtenir la guérison et avec concentration, même si ...
12 sept. 2015 · Ajouté par ROQYA & CORAN
Roqya contre le sihir [ à écouter sans modération ]. 425,301 views425K views ... Ayat Al Kursi - Le Meilleur Verset ...
26 avr. 2017 · Ajouté par Quran Tv
ROQYA CONTRE LE MAUVAIS OEIL ... CORAN pour Dormir Bébé Roqya Mauvais Oeil Apaisant Belle ...
24 janv. 2017 · Ajouté par Spiritualité





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Île-de-France : départements



  1. Paris
    Île-de-France (Paris) Habitants : 2 229 621
  2. Boulogne-Billancourt
    Île-de-France (Hauts-de-Seine) Habitants : 116 794
  3. Saint-Denis
    Île-de-France (Seine-Saint-Denis) Habitants : 109 343
  4. Argenteuil
    Île-de-France (Val-d'Oise) Habitants : 106 817
  5. Montreuil
    Île-de-France (Seine-Saint-Denis) Habitants : 104 139
  6. Nanterre
    Île-de-France (Hauts-de-Seine) Habitants : 92 227
  7. Vitry-sur-Seine
    Île-de-France (Val-de-Marne) Habitants : 90 075
  8. Créteil
    Île-de-France (Val-de-Marne) Habitants : 89 989
  9. Asnières-sur-Seine
    Île-de-France (Hauts-de-Seine) Habitants : 86 020
  10. Courbevoie
    Île-de-France (Hauts-de-Seine) Habitants : 85 523
  11. Versailles
    Île-de-France (Yvelines) Habitants : 85 272
  12. Colombes
    Île-de-France (Hauts-de-Seine) Habitants : 84 577
  13. Aulnay-sous-Bois
    Île-de-France (Seine-Saint-Denis) Habitants : 82 634
  14. Rueil-Malmaison
    Île-de-France (Hauts-de-Seine) Habitants : 79 762
  15. Aubervilliers
    Île-de-France (Seine-Saint-Denis) Habitants : 77 452
Marly-la-Ville
Corbeil-Essonnes
Beautheil
Fleury-en-Bière
Moussy-le-Vieux

Liste des régions françaises

11. Île-de-France (Région administrative) 24. Centre-Val de Loire (Région administrative) 27. Bourgogne-Franche-Comté (Région administrative) 28. Normandie (Région administrative) 32. Hauts-de-France (Région administrative) 44. Grand Est (Région administrative) 52. Pays de la Loire (Région administrative) 53. Bretagne (Région administrative) 75. Nouvelle-Aquitaine (Région administrative) 76. Occitanie (Région administrative) 84. Auvergne-Rhône-Alpes (Région administrative) 93. Provence-Alpes-Côte d'Azur (Région administrative) 94. Corse (Région administrative) 01. Guadeloupe (Région d'outre-mer) 02. Martinique (Région d'outre-mer) 03. Guyane (Région d'outre-mer) 04. La Réunion (Région d'outre-mer) 06. Mayotte (Région d'outre-mer) 975. Saint-Pierre-et-Miquelon (Collectivité d'outre-mer) 977. Saint-Barthélemy (Collectivité d'outre-mer) 978. Saint-Martin (Collectivité d'outre-mer) 987. Polynésie française (Collectivité d'outre-mer) 988. Nouvelle-Calédonie (Pays d'outre-mer) 986. Wallis-et-Futuna (Pays d'outre-mer)


Liste des communes de France les plus peuplées

    Paris
    Département : Paris (Île-de-France). 2 229 621 habitants.
    Marseille
    Département : Bouches-du-Rhône (Provence-Alpes-Côte d'Azur). 855 393 habitants.
    Lyon
    Département : Rhône (Auvergne-Rhône-Alpes). 500 715 habitants.
    Toulouse
    Département : Haute-Garonne (Occitanie). 458 298 habitants.
    Nice
    Département : Alpes-Maritimes (Provence-Alpes-Côte d'Azur). 342 295 habitants.
    Nantes
    Département : Loire-Atlantique (Pays de la Loire). 292 718 habitants.
    Strasbourg
    Département : Bas-Rhin (Grand Est). 275 718 habitants.
    Montpellier
    Département : Hérault (Occitanie). 272 084 habitants.
    Bordeaux
    Département : Gironde (Nouvelle-Aquitaine). 243 626 habitants.
    Lille
    Département : Nord (Hauts-de-France). 231 491 habitants.
    Rennes
    Département : Ille-et-Vilaine (Bretagne). 211 373 habitants.
    Reims
    Département : Marne (Grand Est). 182 592 habitants.
    Le Havre
    Département : Seine-Maritime (Normandie). 172 074 habitants.
    Saint-Étienne
    Département : Loire (Auvergne-Rhône-Alpes). 172 023 habitants.
    Toulon
    Département : Var (Provence-Alpes-Côte d'Azur). 163 760 habitants.
    Grenoble
    Département : Isère (Auvergne-Rhône-Alpes). 160 215 habitants.
    Dijon
    Département : Côte-d'Or (Bourgogne-Franche-Comté). 153 003 habitants.
    Nîmes
    Département : Gard (Occitanie). 150 564 habitants.
    Angers
    Département : Maine-et-Loire (Pays de la Loire). 150 125 habitants.
    Villeurbanne
    Département : Rhône (Auvergne-Rhône-Alpes). 147 192 habitants.
    Le Mans
    Département : Sarthe (Pays de la Loire). 144 244 habitants.
    Saint-Denis
    Département : La Réunion (La Réunion). 142 442 habitants.
    Aix-en-Provence
    Département : Bouches-du-Rhône (Provence-Alpes-Côte d'Azur). 141 545 habitants.
    Clermont-Ferrand
    Département : Puy-de-Dôme (Auvergne-Rhône-Alpes). 141 463 habitants.
    Brest
    Département : Finistère (Bretagne). 139 386 habitants.
    Limoges
    Département : Haute-Vienne (Nouvelle-Aquitaine). 135 098 habitants.
    Tours
    Département : Indre-et-Loire (Centre-Val de Loire). 134 803 habitants.
    Amiens
    Département : Somme (Hauts-de-France). 132 699 habitants.
    Annecy
    Département : Haute-Savoie (Auvergne-Rhône-Alpes). 121 809 habitants.
    Perpignan
    Département : Pyrénées-Orientales (Occitanie). 120 959 habitants.
    Metz
    Département : Moselle (Grand Est). 118 634 habitants.
    Besançon
    Département : Doubs (Bourgogne-Franche-Comté). 116 952 habitants.
    Boulogne-Billancourt
    Département : Hauts-de-Seine (Île-de-France). 116 794 habitants.
    Orléans
    Département : Loiret (Centre-Val de Loire). 114 375 habitants.
    Mulhouse
    Département : Haut-Rhin (Grand Est). 112 063 habitants.
    Rouen
    Département : Seine-Maritime (Normandie). 110 755 habitants.
    Saint-Denis
    Département : Seine-Saint-Denis (Île-de-France). 109 343 habitants.
    Caen
    Département : Calvados (Normandie). 107 229 habitants.
    Argenteuil
    Département : Val-d'Oise (Île-de-France). 106 817 habitants.
    Saint-Paul
    Département : La Réunion (La Réunion). 104 332 habitants.



Liste des départements français

Département 1. Ain Département 2. Aisne Département 3. Allier Département 4. Alpes-de-Haute-Provence Département 5. Hautes-Alpes Département 6. Alpes-Maritimes Département 7. Ardèche Département 8. Ardennes Département 9. Ariège Département 10. Aube Département 11. Aude Département 12. Aveyron Département 13. Bouches-du-Rhône Département 14. Calvados Département 15. Cantal Département 16. Charente Département 17. Charente-Maritime Département 18. Cher Département 19. Corrèze Département 21. Côte-d'Or Département 22. Côtes-d'Armor Département 23. Creuse Département 24. Dordogne Département 25. Doubs Département 26. Drôme Département 27. Eure Département 28. Eure-et-Loir Département 29. Finistère Département 2A. Corse-du-Sud Département 2B. Haute-Corse Département 30. Gard Département 31. Haute-Garonne Département 32. Gers Département 33. Gironde Département 34. Hérault Département 35. Ille-et-Vilaine Département 36. Indre Département 37. Indre-et-Loire Département 38. Isère Département 39. Jura Département 40. Landes Département 41. Loir-et-Cher Département 42. Loire Département 43. Haute-Loire Département 44. Loire-Atlantique Département 45. Loiret Département 46. Lot Département 47. Lot-et-Garonne Département 48. Lozère Département 49. Maine-et-Loire Département 50. Manche Département 51. Marne Département 52. Haute-Marne Département 53. Mayenne Département 54. Meurthe-et-Moselle Département 55. Meuse Département 56. Morbihan Département 57. Moselle Département 58. Nièvre Département 59. Nord Département 60. Oise Département 61. Orne Département 62. Pas-de-Calais Département 63. Puy-de-Dôme Département 64. Pyrénées-Atlantiques Département 65. Hautes-Pyrénées Département 66. Pyrénées-Orientales Département 67. Bas-Rhin Département 68. Haut-Rhin Département 69. Rhône Département 70. Haute-Saône Département 71. Saône-et-Loire Département 72. Sarthe Département 73. Savoie Département 74. Haute-Savoie Département 75. Paris Département 76. Seine-Maritime Département 77. Seine-et-Marne Département 78. Yvelines Département 79. Deux-Sèvres Département 80. Somme Département 81. Tarn Département 82. Tarn-et-Garonne Département 83. Var Département 84. Vaucluse Département 85. Vendée Département 86. Vienne Département 87. Haute-Vienne Département 88. Vosges Département 89. Yonne Département 90. Territoire de Belfort Département 91. Essonne Département 92. Hauts-de-Seine Département 93. Seine-Saint-Denis Département 94. Val-de-Marne Département 95. Val-d'Oise





La sorcellerie désigne, à proprement parler,
l'art d'interroger le sort (hasard, destin),
et par extension d'en modifier le cours.
Le mot désigne plus généralement la pratique d'une certaine forme de magie, dans laquelle le sorcier travaille avec des forces surnaturelles, des entités maléfiques ou non, et parfois aussi des forces naturelles connues comme celles des plantes, des cycles lunaires, des ondes, des suggestions. Selon les lieux et les époques, la sorcellerie fut considérée avec des degrés variables de faveur ou d'hostilité, parfois avec ambivalence. Dans la Grèce antique et à Rome, la divination était une pratique admise, liée à certains sanctuaires et à la prise officielle de décisions. Les religions du livre condamnent toute forme de divination et de magie.
La sorcellerie est un terme controversé et son histoire est complexe. Selon le contexte et le milieu culturel dans lequel ce mot est employé, il désigne des idées différentes, voire opposées. Chaque société possède ses propres conceptions en matière de tradition, de croyance, de religion, de rites, de rapport à l'au-delà et à la mort et d'esprits bons ou mauvais ; il est parfois impossible de trouver un équivalent d’une culture à l’autre.
Ce terme est également employé de façon péjorative en référence à la pratique de la magie. La sorcellerie est alors, dans cette acception, l'accusation portée à l'encontre de ceux qui utilisent des moyens surnaturels pour un usage réprouvé par une majorité de la société. Les croyances en ce type de praticiens de la magie se sont rencontrées dans la plupart des sociétés humaines. De telles accusations ont parfois mené à des chasses aux sorcières. Dans d'autres sociétés, les chamans ou les griots étaient non seulement bien acceptés en tant que praticiens des rituels traditionnels et d'intercesseurs avec les forces et les énergies de l'invisible, mais respectées, parfois craints, et souvent placés en positions socialement dominantes.
Pour les religions monothéistes (principalement le judaïsme, le christianisme et l'islam), la sorcellerie fut souvent condamnée et considérée comme une hérésie. La notion de sorcellerie prit une certaine importance pour les chrétiens à partir des XIVe – XVe siècle, l'apogée des chasses aux sorcières ayant eu lieu au XVIIe siècle. À cette époque la sorcellerie a progressivement été assimilée à une forme de culte du Diable. Des accusations de sorcellerie ont alors été fréquemment combinées à d'autres charges d'hérésie contre des groupes tels que les Cathares et les Vaudois. Certains groupes anciens ou modernes se sont parfois plus ou moins ouvertement réclamés d'un culte "sataniste" dédié au mal

Le chamanisme se présente comme une pratique centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits. C'est le chaman qui incarne cette fonction, dans le cadre d'une interdépendance étroite avec la communauté qui le reconnaît comme tel et pour laquelle il intercède auprès des esprits.

Le mot chamanisme (chamane vient étymologiquement de la langue toungouse) relie cette pratique aux sociétés traditionnelles sibériennes. On observe cependant des pratiques chamaniques chez de nombreux peuples, ce qui a fait dire à d'aucuns qu'il était universel.

Les traditions animistes et chamaniques ne sont en aucun cas des traditions religieuses distinctes mais elles s'entrecroisent pour former une compréhension intégrée du monde basée sur des expériences spirituelles ou symboliques1.

Des travaux scientifiques récents considèrent qu'il s'agit d'une pratique qui implique qu'un pratiquant, usuellement le chaman, atteigne des états de conscience modifiés afin de percevoir et d'interagir avec ce qu'il considère être un monde spirituel et afin de canaliser des énergies transcendantes présentes dans ce monde, ceci dans le but positif de servir sa communauté2.

Depuis la fin des années soixante, on constate dans certains courants de la contre-culture occidentale le développement d'un intérêt grandissant pour les cultures, les pratiques chamaniques et leur spiritualité3. Cet intérêt a donné naissance au néochamanisme (en). L'intérêt des scientifiques pour le chamanisme a d'abord été le fait d'anthropologues et de spécialistes des phénomènes religieux. Actuellement, des chercheurs en sciences cognitives accordent un intérêt grandissant au chamanisme et au phénomène de transe.
Sommaire

    1 Nature du chamanisme
        1.1 Étymologie
        1.2 Évolution des grilles de lecture ethnologiques
        1.3 Intérêt pour la recherche anthropologique et cognitive
        1.4 Travaux purement cognitifs
            1.4.1 Le projet "The Human Consciousness"
        1.5 Une pratique universelle en voie de réappropriation par les occidentaux
        1.6 Chamanisme et religion
        1.7 Tentatives de définition
        1.8 La « reconstruction » du chamanisme
    2 Chamanisme dans l'histoire et la préhistoire
        2.1 Le culte des cervidés célestes au mésolithique
        2.2 Chamanisme au paléolithique ?
        2.3 Le chamanisme dans les mythologies des sociétés européennes
            2.3.1 Grèce antique
        2.4 Le chamanisme scandinave
        2.5 Chamanisme dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, puis d'élevage
    3 Principes du chamanisme
        3.1 Le chamane
        3.2 La « maladie initiatique »
        3.3 Le dépècement et la dévoration du corps
        3.4 L'esprit électeur et les esprits auxiliaires (alliés)
        3.5 Le voyage chamanique
        3.6 Le tambour et le costume
    4 Le chamanisme dans le monde
        4.1 Le chamanisme tibétain
        4.2 Le chamanisme chinois
        4.3 Le chamanisme coréen
        4.4 Le chamanisme corse
        4.5 Chamanisme Hmong-Miao
        4.6 Chamanisme mexicain
        4.7 Le chamanisme mongol
        4.8 Le chamanisme turc
    5 Chamanisme dans l'art et la culture
        5.1 Pratiques de revitalisation culturelle
        5.2 Listes d'oeuvres représentant le chamanisme
    6 Notes et références
    7 Voir aussi
        7.1 Bibliographie
            7.1.1 Ouvrages scientifiques sur le chamanisme
                7.1.1.1 En français
                7.1.1.2 En anglais
            7.1.2 Ouvrages scientifiques sur les chamanismes locaux
            7.1.3 Néo-chamanisme européen et nord-américain
            7.1.4 Abord scientifique et psychologique
            7.1.5 Recueils en tradition orale
            7.1.6 À classer ou autres
            7.1.7 Droit et Législation
            7.1.8 Récits initiatiques contemporains
            7.1.9 Chamanisme et voyance
        7.2 Vidéographie
        7.3 Articles connexes
        7.4 Liens externes


Le vaudou (ou vodou, ou vodoun, ou encore voodoo), plus rarement appelé vaudouisme, est une religion originaire de l'ancien royaume du Dahomey (Afrique de l'Ouest). Parfois assimilé à des pratiques occultes éclatées en de multiples communautés, cette religion d'ordre cosmique issue des cultes animistes africains1, est toujours largement répandue au Bénin et au Togo.

À partir du XVIIe siècle, les Hommes capturés, réduits en esclavage, originaires de cette région d'Afrique répandirent le culte vaudou aux Caraïbes et en Amérique. Le vaudou se retrouve donc sous différentes formes à Cuba, à Haïti, au Brésil ou encore aux États-Unis, en Louisiane surtout. Il s'est aussi répandu en Afrique du Nord, où il se retrouve sous différentes formes, dont la plus connue est le Gnawa au Maroc mélangé au folklore religieux berbéro-musulman. Le culte vaudou compte environ 50 millions de pratiquants dans le monde. De nombreuses communautés « vaudouisantes » existent dans le monde entier, majoritairement sur le continent américain, et aux Antilles. Il existe en Europe des communautés plus discrètes mais néanmoins actives tel que le Hounfor bonzanfè, le Lakou sans Lune ou le Hounfor Konblanmen. Au début du XXIe siècle, le vaudou s'étend également au Canada où de nombreuses communautés ont vu le jour et tentent de mettre ce système de croyance au devant de la scène.

Il existe un musée du vaudou à Essen en Allemagne (le Soul of Africa Museum (de)) et à Strasbourg en France (le château Vodou).
Sommaire

    1 Origine
    2 Panthéon vaudou en Afrique
        2.1 Dieux (ou vaudousa)
        2.2 Autres divinités
    3 Culte et pratiques vaudou hors d'Afrique
    4 L'inspiration vaudou
        4.1 Cinéma
        4.2 Jeux vidéo
        4.3 Télévision
        4.4 Clips musicaux
        4.5 Littérature
    5 Notes et références
    6 Annexes
        6.1 Bibliographie
        6.2 Articles connexes
        6.3 Liens externes
            6.3.1 Sur les cultes en Afrique
            6.3.2 Sur les cultes en Amérique

Origine

Le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités fon et ewe, lors de la création puis l'expansion du royaume Fon d'Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le vaudou est le fondement culturel des peuples qui sont issus par migrations successives de Tado au Togo, les Aja (dont les Fons, les Gouns, les Ewe… et dans une certaine mesure les Yoruba…) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria…).

Le mot vaudou provient du terme vodoun de langue fon. Le "n" final de vodoun, quasi inaudible, fut retiré, donnant ainsi le terme vaudou, ayant plusieurs orthographes selon les pays en fonction de ce que les colons ont phonétiquement rapporté. Le terme vaudou n'existe d'ailleurs pas au Bénin et c'est bien le terme de langue fon qui est employé pour désigner cette pratique2. Le vaudou désigne l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas. De même que le vaudou est un culte à l'esprit du monde de l'invisible. À chaque ouverture, le prêtre vodoun demande l'aide de l'esprit de Papa Legba pour ouvrir les portes des deux mondes.

Le vaudou vient des croyances de certaines tribus/castes africaines qui se sont répandues et déformées par l'acculturation d'un christianisme dominant en Amérique et la violence de l'esclavagisme négrier, croyances qui étaient d'ailleurs elles-mêmes rejetées à l'origine par d'autres tribus/castes africaines voisines : il s'agit d'une « magie » se voulant maléfique et, en Afrique, cachée, car représentant des « valeurs décadentes » pour la majorité des Africains bien avant l'arrivée des Européens3.

Avec la traite négrière, la culture vaudoue s'est étendue à l'Amérique et aux îles des Caraïbes, notamment Haïti.

La pratique de leur religion et culture était interdite par les colons, passible de mort ou d'emprisonnement, et se pratiquait par conséquent en secret. Le vaudou a cependant intégré certains rites et conceptions catholiques.

Le vaudou a perduré et ses pratiquants affichent sans craintes leur croyance.
Panthéon vaudou en Afrique
Autel vaudou et fétiches à Abomey au Bénin (2008).
Fichier:Vaudou à Ouidah (4).webmLire le média
Rite vaudou à Ouidah (Bénin).
Vodun à grand-popo.

Le panthéon vaudou est avant tout constitué des forces de la nature, comme dans le chamanisme. Les vaudou (loa, lwa) et leurs relations renvoient aux puissances naturelles que sont la foudre, la mer, la maladie, etc.

Mais le culte vaudou s'intéresse aussi à d'autres entités surnaturelles, telles que les ancêtres divinisés et les monstres (et autres animaux).
Dieux (ou vaudousa)

Mawu (prononcé ma-whou) est la Déesse suprême qui règne sur les autres dieux. (mawu lo lo pour « Dieu est grand » ; akpé na mawu pour « merci à Dieu » ; mawuena(m) pour « don de Dieu »). Mawu n'ayant pas de forme, elle n'est donc jamais représentée, ni en peinture ni associée à des objets, comme le sont les autres vaudous.

Mawu est incréé et créatrice de tous les autres vaudous. Mawu n'intervient pas dans la vie des humains. Elle aurait créé les autres vaudous pour qu'ils soient en relation avec les hommes et le monde. « Mawu » ne fait pas partie à proprement parler du panthéon vaudou ; c'est un concept, une entité plutôt qu'une personne ; littéralement Mawu doit se traduire par « l'inaccessible ». Ce qui explique qu'il n'y a nulle part dans l'aire du vaudou un culte pour Mawu ; on ne fait que la remercier, la glorifier. On la dit bienveillante envers toutes les créatures.

Les chrétiens Ewés et Fons utilisent le même mot Mawu pour désigner le Dieu chrétien.

Le panthéon vaudou est fait d'une multitude de Lwas, qui sont des esprits, des divinités inférieures, pouvant entrer en communication et même collaborer avec les humains. Les Lwas se matérialisent le plus souvent dans des objets inanimés de la nature, tel des pierres et des arbres ; c'est pourquoi on qualifie le vaudou d'« animiste ».

Une des plus importantes Lwas est Erzulie, ou Erzulie Freda, déesse de l'amour. On trouve aussi Gu (l'Ogoun des Yorubas), dieu de la guerre (et des forgerons),Ogoun Zobla (l'intelligence pure et la réussite) Sakpata, dieu de la variole (et plus généralement de la maladie, de la guérison et de la Terre), Damballa, esprit de la connaissance, ainsi que le puissant Hevioso, dieu de l'orage et de la foudre. Ce dernier est accompagné d'un nain ou d'un homoncule chargé de forger ses éclairs. Legba, quant à lui, a la fonction d'intermédiaire et de messager des dieux. Il est assimilé, dans le vaudou syncrétiste haïtien, à Saint Pierre, qui détient les clefs du Paradis et de l'Enfer. Il préside le lavage des mains d'eau et de rhum.

Dans le vaudou en Afrique, il n'y a pas les concepts de paradis et d'enfer. Lêgba (Eshu pour les Yorubas) est en effet le dieu le plus important en cela qu'il est le dieu des croisements, le dieu de la réflexion ; son rôle d'intermédiaire vient ensuite. Il forme avec la divinité Fa (ou Ifa) un couple porteur de la pédagogie de cette culture4.
Papa Legba.
Vodun à Ouidah.
Autres divinités

Mami Wata (aussi appelée Yemendja par les Yorubas), un culte spécial lui est même consacré. C'est la (déesse) mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur. Mami Wata est avant tout une divinité éwé, dont le culte est très présent sur la côte atlantique du Togo (mais aussi au Nigéria, au Cameroun, au Congo-Brazzaville) où elle symbolise la puissance suprême. Mami Wata est souvent représentée en peinture où elle figure sous les traits d'une sirène ou d'une belle jeune femme brandissant des serpents.

Mami Wata n'est pas une adaptation de l'anglais comme on le croit parfois. Dans la langue mina qui est parlée au Sud du Togo et une partie du sud du Benin, « Amuiê » veut dire serrer « Ata » veut dire la/les jambes. Après les rituels dédiés à la déesse des eaux pour la fécondité de la femme et dont la principale demeure est l'Océan, le maître (Hougan) ou la maîtresse (Mambo) de cérémonie lui demande de répéter : «Mamui Ata» ce qui veut dire : « je serre les jambes » afin de garder pendant un moment ce que la Déesse a ensemencé. Avec le temps, on nomma la déesse « Amuia Ata » et avec les déformations phonétiques successives le nom « Mamui Ata » est devenu « Mami Wata ».[réf. nécessaire]

Dan : pour les Fon, Dan désigne le serpent, plus particulièrement le python, un animal sacré qu'on ne doit pas tuer. Dan a assisté à la création et soutient l'univers. Son culte est surtout répandu à Ouidah et dans sa région, où l'on trouve de nombreuses maisons aux serpents.
Culte et pratiques vaudou hors d'Afrique

Le vaudou vient d'Afrique de l'Ouest, mais on pratique aussi un vaudou partout où des esclaves africains ont été déportés, comme dans certaines îles des Caraïbes ou dans quelques pays d'Amérique comme le Brésil, les États-Unis, le Mexique, etc.

Les vaudous pratiqués en dehors du continent africain sont souvent des variantes et des restes de la religion d'origine. En effet, les esclaves interdits de pratiquer leurs langues et cultes n'ont réussi à conserver qu'une infime partie de leur patrimoine culturel.
L'inspiration vaudou
Cinéma

Le vaudou a inspiré un grand nombre de films. Par exemple :

    White Zombie, 1932, de Victor Halperin, avec Bela Lugosi — le tout premier film consacré aux zombies.
    Vaudou (I walked with a zombie), 1943, de Jacques Tourneur — le classique du genre.
    I Eat Your Skin, 1964, de Del Tenney.
    La Nuit fantastique des morts-vivants, 1980, de Joe D'Amato.
    L'Emprise des ténèbres, 1988, de Wes Craven.
    Angel Heart, 1987, d'Alan Parker.
    La Porte des secrets, 2005, d'Iain Softley, avec Kate Hudson, Gena Rowlands, John Hurt.
    Jeu d'enfant, 1988, de Tom Holland, 1988, avec Brad Dourif.
    Des hommes et des dieux, documentaire d'Anne Lescot et Laurence Magloire, 2002.
    Minuit dans le jardin du bien et du mal, 1997, de Clint Eastwood.
    Vivre et laisser mourir, avec Roger Moore et Jane Seymour.
    Rencontre avec Joe Black, 1998, avec Brad Pitt, Anthony Hopkins, Claire Forlani
    La Princesse et la Grenouille, 2009.
    Predator 2, 1990, avec Danny Glover
    Zombi Child, 2019, de Bertrand Bonello

Jeux vidéo
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    Gabriel Knight : The Sins of the Fathers est un jeu d’aventure se déroulant à La Nouvelle-Orléans dont le thème principal est le vaudou.
    Dans Blood II: The Chosen la poupée vaudou est une arme. Elle blesse ou tue son utilisateur s’il ne vise pas correctement l’ennemi.
    La série Monkey Island contient souvent des thèmes vaudou.
    Shadowman est un jeu ou l’on incarne le légendaire guerrier vaudou gardien du masque des ombres capable de se déplacer du monde des vivants au monde des morts en quête des âmes noires.
    Dans la série Warcraft, le vaudou est la religion maléfique des trolls, pour continuer à rester indépendant le prêtre des ombres doit rester sur la « ligne grise ».
    Voodoo Vince
    Dans Grand Theft Auto: Vice City, il y a dans le gang des Haïtiens de nombreuses références au vaudou : la voiture qu'ils conduisent s'appelle la Voodoo et leur chef, Tata Poulet (Auntie Poulet), qui possède des fabriques de drogue, est décrite comme une sorcière vaudou. En guise de rituel d'envoûtement, elle donne des potions vaudous bourrées de drogues à Tommy Vercetti afin de se servir de lui et de le forcer à coopérer dans sa guerre avec les Cubains.
    La série des Crash Bandicoot comprend de nombreuses références à la culture vaudou.
    Le premier opus Sly Racoon : Sly Cooper and the Thievius Raccoonus, laisse apparaître l'un des membres du groupe des cinq maléfiques, Miss Ruby, comme pratiquante de vaudouisme.
    Dans Saints Row 2, un des trois gangs ennemis se nomme « Sons of Samedi », c'est un gang qui pratique le vaudou, tout au long du jeu on peut voir des références à la culture vaudou, vers la fin du jeu on affronte le bras droit du gang, Monsieur Sunshine, il utilise une poupée vaudou comme arme pour nous faire voler dans les airs, la pièce où il se trouve est remplis d'objets lié à la culture vaudou et des Vévés sont dessinés au sol. Le chef du gang, nommé Le Général a un corbillard transformé en limousine et qui se prénomme Hounfor.
    À partir de Clayfighter 63 1/3, on peut incarner « Houngan », un combattant chamane qui se sert d’un poulet plumé dans une main et d’un bâton magique de l’autre pour battre ses concurrents en pâte à modeler, il peut également voler et faire apparaître des mains de zombies à l’autre bout de l’écran pour surprendre l’adversaire5.
    Dans Assassin's Creed III: Liberation prenant place dans la Louisiane du XVIIIe siècle, le joueur est amené à effrayer des soldats espagnols en leur faisant croire à une malédiction vaudou au cours d'une mission. Des poupées vaudou disséminées un peu partout sur la carte sont également à collecter.
    Dans Diablo III, il est possible d'incarner le personnage du féticheur qui est largement inspiré du vaudou.
    Dans Castlevania: Dawn of Sorrow, le premier boss, le Maître des Poupées, place des poupées vaudous dans une vierge de fer afin de blesser Soma. L'astuce consiste à détruire les poupées avant qu'il ne les place.

Télévision

    Mystère vaudou, épisode 15 de la deuxième saison de X-Files, met en scène les rites, mythes et pratiques du vaudou.
    La Secte rouge, épisode 19 de la première saison de Bones, situe l'intrigue au cœur de La Nouvelle-Orléans après l'ouragan Katrina et met en scène deux factions vaudou opposées.
    Noirs destins, épisode 9 de Crimes en série, présente une série de meurtres rituels s'inspirant des pratiques et de l'esthétique vaudou.
    Starsky et Hutch, épisode 1 (en 2 parties) de la saison 3, Titre VF : Créatures de Rêves - Titre VO : Murder on Voodoo Island
    Sydney Fox, l'aventurière dans l'épisode 9 " Ensorcellement " de la saison 2
    American Horror Story : Coven (saison 3), la série traite de la sorcellerie et du vaudou. L'histoire se déroule à la Nouvelle-Orléans.
    Deux flics à Miami, épisode 8 de la saison 2
    Les Contes de la crypte (série télévisée), Troisième saison , épisode 6 "La Perle noire".
    Maroni, les fantômes du fleuve, série télévisée française dont l'intrigue se déroule en Guyane.
    Les nouvelles aventures de Sabrina, série netflix mettant en scène le personnage de Mambo Mari le Fleur, une prêtresse Vaudou, dans la partie 3, ainsi que le Baron Samedi, un Lwa, dans la partie 4 .

Clips musicaux

    Me and the Devil Blues, de Robert Johnson. Animation par Ineke Goes.
    Voodoo Child (Slight Return), de Jimi Hendrix au Festival de Woodstock en 1969. Film réalisé par Michael Wadleigh assisté de Martin Scorsese sorti sur les écrans en 1970.
    Le vaudou (est toujours debout), du groupe français Téléphone, issu de leur premier album en 1977.
    Voodoo People, du groupe britannique The Prodigy. Réalisation de Walter Stern et Russell Curtis.
    Voodoo in my blood, du groupe britannique Massive Attack (feat. Young Fathers). Réalisation de Ringan Ledwidge avec Rosamund Pike en 2016.

Littérature

    La magie vaudou a inspiré Carl Barks dans la création du personnage de bande-dessinée Bombie le zombie, un zombie porteur d'une malédiction envoyé par le sorcier Houla Lala aux trousses de Balthazar Picsou. Il sera ensuite repris par Keno Don Rosa dans La jeunesse de Picsou.

Notes et références

Léon-François Hoffmann, Haïti : couleurs, croyances, créole, Henri Deschamps, 1990, p. 113.
« L’origine du terme « Vodou » - Musée Vodou », Musée Vodou Strasbourg, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne [archive], consulté le 21 avril 2018)
Comment regarder les arts d'Afrique, Alain-Michel Boyer, Guides Hazan, page 124, 170, 179
Interview de Paul G. Aclinou [archive]

    Voir cette image du jeu [archive] sur inciclopedia.wikia.com.

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

    Le vaudou, sur Wikimedia Commons
    vaudou, sur le Wiktionnaire

Bibliographie

Afrique

    Barthélémy Adoukonou, Jalons pour une théologie africaine : essai d'une herméneutique chrétienne du vodoun dahoméen, t. 2, Paris, Lethielleux, coll. « Le Sycomore », 1980, 245 p..
    Martine Balard, Dahomey 1930, Mission catholique et culte vaudoun, l'œuvre de Francis Aupiais (1877-1945) missionnaire et ethnographe, Paris, Éditions L'Harmattan , coll. « Les Tropiques entre mythe et réalité », 1999, 356 p.
    (en) Suzanne Preston Blier, African Vodun : Art, Psychology, and Power, Chicago, University of Chicago Press, 1995, 456 p. (ISBN 0-226-05858-1, lire en ligne [archive]).
    Gert Chesi (trad. de l'allemand), Vaudou : force secrète de l'Afrique, Paris, Arthaud, 1980, 276 p. (ISBN 2-7003-0321-0).
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Afrique et Amérique

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    Pierre Fatumbi Verger, Dieux d'Afrique. Culte des Orishas et Vodouns à l'ancienne Côte des Esclaves en Afrique et à Bahia, la Baie de tous les Saints au Brésil, préfaces de Théodore Monod et Roger Bastide, 160 photographies en noir & blanc de l'auteur, Paris, Paul Hartmann, 1954 ; rééd. corrigée et mise à jour par l'auteur, Paris, Éditions « Revue Noire », 1995.

Haïti

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    Dany Bébel-Gisler, Cultures et pouvoir dans la Caraïbe : Langue créole, vaudou, sectes religieuses en Guadeloupe et en Haïti, Paris, L'Harmattan, 2000.
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    Lewis Ampidu Clorméus, Le Vodou haïtien, entre mythes et constructions savantes, Paris, Riveneuve, 2015, 604 p. (ISBN 978-2-36013-242-3 et 2-36013-242-3).
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    Alfred Métraux, Le Vaudou haïtien, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des Sciences humaines », 1958 ; rééd. coll. « Tel » (no 20), préface de Michel Leiris, 1977.
    Claude Planson, À la découverte du vaudou, Paris, De Vecchi, 1979, 224 p. (ISBN 2-85177-076-4).
    Milo Rigaud, La tradition vaudoue et le vaudou haïtien : son temple, ses mystères, sa magie, Paris, Niclaus, 1953, 434 p..
    William Seabrook, L'Île magique - Les mystères du Vaudou (titre original The Magic Island , trad. Gabriel Des Hons, avec une préface de Paul Morand, Paris, Firmin-Didot, 1929 ; rééd. sous le titre L'Île magique. En Haïti, terre du vaudou, Paris, Phébus, 1997.
    Nicolas Vonarx, Le Vodou haïtien : entre médecine, magie et religion, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le sens social », 2012, 272 p. (ISBN 978-2-7535-1759-2 et 2-7535-1759-2).

Articles connexes

    Marie Laveau, (1794-1881), prêtresse vaudou à La Nouvelle-Orléans en Louisiane.
    Macumba : la magie noire du vaudou
    Santeria (Cuba)
    Candomblé (Brésil)
    Quimbois, ou Tjenbwa (Antilles françaises)
    Marché des féticheurs à Lomé (Togo)
    Vévé (symbole des Loas)
    Orisha
    Kokou (divinité)
    Musée du vaudou de La Nouvelle-Orléans
    Musée Vodou
    Temple des Pythons
    Festival Ouidah 92
    Médecine traditionnelle béninoise

Liens externes
Sur les cultes en Afrique

    Le Vaudou d'Afrique de l'ouest [archive], site issu de l'exposition Vaudou à la Fondation Cartier
    L'Animisme au Bénin [archive]
    Corps pour corps, corps à corps [archive], article de Jacques Mercier sur la possession par les orishas
    Automatisme verbal et communication du savoir chez les Yoruba [archive], article de Pierre Verger

Sur les cultes en Amérique

    Histoire du vaudou [archive], dossier étoffé
    Sorcellerie et pouvoir en Haïti [archive], article de Laënnec Hurbon
    Étude sur le vaudou - Heresie.com [archive]

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chamanisme

Le mot chamane ou chaman est connu dès le XVIIe siècle à travers des récits publiés par quelques explorateurs et marchands. Il entre officiellement dans la langue française en 18424. Il est emprunté au toungouse (Sibérie) et on le trouve mentionné dans les manuscrits de l’archiprêtre Avvakoum.
Selon une première hypothèse, le mot proviendrait de sam, une racine altaïque signifiant « s'agiter en remuant les membres postérieurs ». Saman est en effet un mot de la langue evenki qui signifie « danser, bondir, remuer, s'agiter ». Dans les dialectes évènes, « chaman » se dit xamān ou samān5. Ojun, mot qui désigne le chamane chez les Yakoutes évoque aussi l'action de « sauter, bondir, jouer ». L'équivalent turc est kam d'où dérive en russe kamaljit, « chamaniser », et kamlanie, « séance chamanique ». Ces termes associent, selon Roberte Hamayon, le chamane à une imitation de comportements d'espèces animales, notamment celles qui sont chassées : les cervidés et les gallinacés6.
Une autre hypothèse étymologique le relie à šaman, un mot Manchu-Tungus signifiant « celui qui sait7 ».
À noter qu'en sanskrit le terme shramana désigne un moine errant dans certaines traditions ascétiques de l'Inde antique, incluant le jaïnisme, le bouddhisme et la religion ājīvika aujourd'hui disparue.
Suivant Roberte Hamayon, reprise par Bertrand Hell4, le chamane serait soit « celui qui sait », soit celui qui « bondit, s'agite, danse » comme un animal.
Évolution des grilles de lecture ethnologiques
Chaman bouriate sur l'île d'Olkhon
Dès le XIXe siècle, avec la seconde vague d'expéditions scientifiques russes en Sibérie, des chercheurs se sont intéressés au chamanisme de cette partie du monde. Il est d’abord considéré avec dédain, les chamans étant vus comme d’« indignes et grossiers jongleurs » abusant d’une population crédule8. Les choses changent avec la découverte à Pékin par les prêtres russes d’un manuscrit chinois datant de 1747 précisant les codes et rituels censés régir un chamanisme de cour pratiqué en Chine (NB : la cour à Pékin est alors d’origine mandchoue -Dynastie Qing). Le Père Hyacinthe en vient à considérer que le chamanisme sibérien serait une forme dégénérée d’un chamanisme chinois qui était régulé par un code et animé par un clergé relativement structuré, alors que les pratiques sibériennes sont vues par les prêtres russes comme déstructurées9. Cette hypothèse ne correspond en rien à l’hypothèse des ethnologues modernes.
On notera que les anthropologues ont étudié le chamanisme depuis les débuts de leur discipline. Selon Roger Walsh, du fait que les chamans adoptent fréquemment des comportements étranges, liés à des états de conscience modifiés peu familiers des chercheurs, qu'ils rapportent avoir eu des visions et avoir communiqué avec des esprits, les anthropologues les ont, dans un premier temps, fréquemment décrits comme des êtres perturbés, schizophrènes, hystériques ou épileptiques. Ces premières grilles de lecture ont d'abord éloigné les chercheurs des aspects plus intéressants de ces pratiques10. Mircea Eliade se démarque toutefois en rattachant le chamanisme aux phénomènes religieux qui l’intéressent plus particulièrement11.
Par la suite, dès les années soixante, quelques chercheurs ont voulu compléter leur posture d’observation critique par une approche introspective abordant le chamanisme « de l'intérieur » en cherchant à comprendre les vécus subjectifs liés à ces pratiques. Ils se sont alors formés et ont commencé à pratiquer par eux-mêmes le chamanisme. C’est le cas de Barbara Tedlock12, Michael Harner13, Larry Peters14, et de psychologues comme Bradford Keeney15. Pour certains, c’est devenu une pratique personnelle assez intense qui les a ouverts aux potentialités associées aux états altérés de conscience. Dans le même temps, les doutes sur l'authenticité de la transe vécue par le chamane se sont atténués, notamment du fait d'études portant sur les corrélats neurophysiologiques des pratiques.
Michael Harner en particulier a ouvert la voie à un néo-chamanisme à partir d'un long travail d'analyse et de pratique dans de nombreuses régions du monde. La psychologie transpersonnelle s’est appuyée sur ces travaux pour renforcer certaines de ses thèses, notamment celles relatives aux limites du moi16.
À partir de 1968, un jeune anthropologue, Carlos Castaneda, fut le premier à publier une série de livres devenus populaires, dans lesquels il rapporte sa formation au chamanisme auprès des Indiens Yaqui. Le travail de Castaneda a par la suite été mis en doute, et sa thèse de doctorat obtenue à l’UCLA a été qualifiée de « plus grosse bêtise » commise par cette université selon Richard de Mille (en) dans deux livres attaquant Castaneda17,18. Il a également été critiqué pour avoir provoqué un afflux massif d'Occidentaux vers les territoires indiens où il disait avoir reçu son initiation19.
Intérêt pour la recherche anthropologique et cognitive
Au tournant des années 2000, des chercheurs comme l'anthropologue Michaël Winkelman proposent une grille d'approche scientifique du chamanisme qu'ils qualifient de neurophénoménologique (Wilkelman page27)20. L'intérêt de Winkelman pour le chamanisme n'abandonne pas les dimensions sociale et symbolique (courantes en anthropologie), mais porte aussi sur les implications des soubassements neurologiques de la pratique chamanique, à la fois pour les praticiens chamans et pour leurs clients. Selon Krippner et Combs, Winkelman va plus loin en posant l'hypothèse que "le chamanisme a joué un rôle fondamental dans l'évolution humaine sur les plans culturels et individuels, en particulier sur l'intégration cognitive, la pratique de guérison et les aptitudes à l'auto-transformation" 21.
Krippner et Combs notent que cela tranche avec le premier regard porté par des orientaux sur les pratiques chamanique, lorsqu'elles étaient assimilées à de la folie. ces deux auteurs, pour leur part considèrent comme Winkelman que les chamans sont généralement parmi les membres "les plus sains et les mieux adaptés de leur société". Et ils prolongent « Cette qualité est nécessaire pour maintenir leur capacité à discriminer entre les expériences de la vie quotidienne et celles du monde chamanique (p. 58). Contrairement à l’aplatissement émotionnel du schizophrène, le comportement chamanique se caractérise par l’expression de l’affect positif et une intensification de l’émotion. La crise initiatique, souvent décrite comme une `` forme temporaire de psychose (par exemple, Walsh, 1990) [...] peut être considérée comme une `` déconstruction psychologique et une `` expérience de croissance » ( p. 81). Selon la lecture de ces deux auteurs, Winkelman considère que les états modifiés de conscience doivent être vus comme des modes d'appréhension de la réalité complémentaires les uns des autres, chacun étant potentiellement utile dans certaines circonstances. Comme le rêve est un état de conscience qui a une utilité, la transe chamanique est un autre de ces états, dont il importe de comprendre l'utilité individuelle et collective21.
Travaux purement cognitifs
Par la suite, des chercheurs s’intéressant aux états modifiés de conscience (tels le trauma et les états méditatifs des pratiquants bouddhistes) se sont mis à étudier la transe chamanique avec les outils des sciences cognitives. En France, Corine Sombrun, qui a eu une première expérience du chamanisme en Amazonie puis acquis des compétences chamaniques approfondies en Mongolie, collabore activement à ces recherches axées vers la compréhension des corrélats physiologiques et psychologiques des états de transe chamanique22,23.
Des travaux scientifiques ont étudié les changements dans le fonctionnement du système nerveux central lors de la transe chamanique et Corinne Sombrun a servi de sujet et à pu informer les scientifiques sur son expérience subjective lors des expériences 23,24,25. Ces travaux ont été facilités par une réhabilitation récente des études dites à la première personne, c'est-à-dire accordant un réel crédit à l'expérience intime des sujets ; études longtemps considérées comme scientifiquement illégitimes26.
La distinction entre états modifiés de conscience et conscience ordinaire semble devoir être remise en cause au profit d'une représentation plus dynamique. Ainsi, les « modes de conscience chamaniques et altérés [devraient être considérés comme] une capacité volontaire acquise à se démarquer de la dynamique [de conscience] analytique (conscience de soi par défaut [typique de notre culture moderne occidentale]) et à accéder à d'autres manières de vivre la réalité interne et externe [selon un mode qu'on peut qualifier de] « non local-intuitif23 »». Ces chercheurs sont donc convaincus de l'intérêt scientifique d'approfondir l'étude des potentiels d'auto-transformation et de résilience de la transe cognitive, dérivée de la transe chamanique. L'actrice namuroise Cécile de France marraine « artistiquement » cette initiative27.
Le projet "The Human Consciousness"
Roger Walsh considère que cet approfondissement des connaissances sur les états de conscience est le véritable enjeu de la réappropriation du chamanisme par la science. Un travail approfondi sur la conscience chamanique devrait selon lui permettre de mettre en perspective les limitations de nos états de conscience ordinaires, qui visiblement nous laissent inaptes à anticiper et à prendre en charge collectivement les grands enjeux environnementaux et sociaux actuels. Il prône la construction d'une cartographie des états de conscience, incluant la conscience chamanique, tout comme nous avons pu développer la carte du génome humain (partie conclusive10).
Une pratique universelle en voie de réappropriation par les occidentaux
On rencontre des formes de chamanisme chez tous les peuples premiers, les Mongols, les Turcs et les Magyars28 (avant leur christianisation), mais aussi au Népal, en Chine, en Corée, au Japon, en Scandinavie, en Afrique, en Australie, chez les Premières Nations d'Amérique du Nord et chez celles d'Amérique latine.
Si tous les continents connaissent ou ont connu des formes de chamanisme29, on a assisté dans le monde occidental à une réappropriation populaire du chamanisme, dans un premier temps principalement par des mouvements associés au New Age, notamment en Amérique du Nord, et en Europe, avec l’émergence d’un néo-chamanisme3,30, et plus récemment par certains milieux écologistes31,32, notamment liée à l' écologie profonde33.
Ce néo-chamanisme peut être daté de 1968, lorsque Carlos Castaneda publie The Teachings of Don Juan34. Ce livre se présente comme une enquête ethnologique auprès d'un chamane indien yaqui, Don Juan.
représentation figurée de Don Juan Matus, dessin de Jacob Wayne Bryner
Représentation de Don Juan Matus, le chamane avec lequel Castaneda prétendit avoir été initié, sans qu'on ne puisse jamais en trouver trace. Dessin de Jacob Wayne Bryner (@rayjmaraca)
Pour Richard DeMille (en), il s'agit largement d'une imposture : le travail de Castaneda n'est pas une œuvre ethnographique, mais relève plutôt du génie romancé18. Castaneda affirme pour sa part avoir expérimenté la prise de plantes psychotropes telle que la datura qui lui ont permis d’atteindre l'état modifié de conscience qu'il décrit dans ses récits.[source insuffisante]
Harner postule aussi l'existence d'un esprit tutélaire animal, spécifique à chacun, appelé « animal de pouvoir » que les stagiaires occidentaux qu'il accueille sont appelés à découvrir35.
Pour Laurent Huguelit, l'intérêt actuel des occidentaux pour le chamanisme s'explique par un besoin actuel d' "une spiritualité de nettoyage et une spiritualité qui nous reconnecte à la nature" 32. Claude Paul Degryse voit dans la redécouverte du chamanisme par les occidentaux un potentiel, subversif le chamanisme donnant la possibilité d'une mise en cause "des paradigmes fondamentaux de la civilisation"31. Esther Bulang considère qu'il faut regarder le chamanisme comme la forme primordiale de la guérison et de la spiritualité et que cette forme répond au besoin actuel de reconnexion à la nature et à notre nature36. Il serait porteur d'une potentialité de recouvrir de nombreux équilibres que le monde moderne nous a fait perdre : « Il est conçu pour équilibrer la vie des individus, de la communauté, de la société, de la nature ».
En France, le livre Le Chamane et le psy de Laurent Huguelit et Olivier Chambon traite de la complémentarité et de l'intégration des techniques chamaniques dans la psychothérapie moderne, ainsi que du chamanisme moderne tel qu'il se développe actuellement en Occident37,38. Laurent Huguelit est un élève de Michael Harner, formé à la FSS, Olivier Chambon est psychiatre et psychothérapeute39.
Un Festival international de Chamanisme est organisé en France chaque année depuis douze ans40,41,42,43,44,45. Il rassemble plusieurs milliers de personnes.
Selon le sociologue Raphaël Liogier, « Le chamanisme a tout pour plaire à des Occidentaux en perte de mythologie, inquiets des ravages du matérialisme, parce qu’il symbolise la religion non dévoyée, plus spirituelle que religieuse, non monothéiste donc non dogmatique ni moraliste, écologique car sacralisant la Terre-Mère [...]. »40. Corinne Sombrun note qu'alors que la Sibérie comptait il y a peu 30 chamanes pour trois millions d'habitants, elle en comptabilise maintenant 3 000, du fait de l'essor du tourisme chamanique[réf. souhaitée]46.
Chamanisme et religion
Si la nature du chamanisme fait l'objet de débats, l'intérêt des ethnologues, psychologues et chercheurs en neurosciences pour le chamanisme, et plus récemment pour les mécanismes de la transe, est partagé.
Lors des premières observations en Sibérie, dès les XVIIe et XVIIIe siècles, puis à la fin du XIXe siècle, le contact avec les esprits est appréhendé comme un phénomène religieux archaïque. Au XXe siècle, Mircea Eliade, influencé par le mysticisme du christianisme russe orthodoxe, rattache le complexe chamaniste (croyances, rites et mythes) à la religion11. C'est surtout l'expérience extatique qui est définie comme l'expérience religieuse de base. Mais l'usage de la notion d'extase sera ensuite l'objet de controverses, certains la considérant comme sans fondement scientifique47, d'autres lui préférant le terme de transe, terme actuellement privilégié dans les travaux de recherche.
Åke Hultkrantz assimile le chamanisme à un complexe culturel entre la religion et la magie : « puisque le monde surnaturel est le monde de la religion, le chamanisme joue donc un rôle religieux » et « il n'est pas interdit de supposer que toutes les expériences extatiques à l'origine de renouveaux religieux remontent aux chamans des temps anciens48 ».
Michel Perrin définit le chamanisme49 comme l'un des grands systèmes imaginé par l'esprit humain dans diverses régions du monde pour donner sens aux événements et pour agir sur eux. Selon lui, il implique une représentation bipolaire de la personne et du monde. L'être humain serait l'association d'un corps et d’une composante non matérielle, l’« âme », qui préexisterait à la naissance et survivrait à la mort. Le monde est également biface. Il y aurait un monde visible, connu de tous et un "monde-autre" peuplé d'esprits. Pour les religions, c'est le monde des dieux et de leurs émissaires, pour les chamanes, c'est celui des esprits de toutes sortes, des maîtres des animaux ou des végétaux, des ancêtres, voire des enfants à naître ou avortés… Perrin considère que c'est aussi le monde que décrivent les mythes. Le chamanisme suppose donc que certains humains savent mieux que d'autres entrer en communication avec ce "monde-autre". Ils peuvent le voir et le connaître, alors que les profanes ne peuvent que le subir ou le pressentir, en avoir l'intuition50. Les chamanes seraient des êtres choisis par ce "monde-autre" pour communiquer avec les communautés humaines. Selon Perrin, le chamanisme est une sorte de religion, dès lors qu'on définit une religion comme une représentation du monde selon laquelle pour bien agir dans ce monde, il faut poser des actes découlant des croyances et représentations que cette religion met en place49.
À l'inverse des positions de Perrin, Wilhelm Schmidt considère le chamanisme comme de la magie, voire comme une forme religieuse en dégénérescence.
À mi-chemin entre ces deux positions, Bertrand Hell souligne que le chamanisme, à l'instar de la possession, est placé sous le signe de l'efficacité pratique et pragmatique, rejoignant par là Marcel Mauss pour qui la magie est la manipulation des forces immanentes, alors que la religion s'attache plus à la métaphysique, la transcendance et à un au-delà meilleur. Le chaman tient son rang dans la collectivité de l'efficacité de son art pour maîtriser l'immaîtrisable : la mort, la souffrance et le deuil.
L'observation, par des médecins et administrateurs coloniaux, de la visée thérapeutique du comportement du chaman conduit d'aucuns à douter de son caractère religieux, rejoignant le renoncement de théories sociologiques à le définir comme tel, par exemple du fait de l'absence de doctrine, de clergé et de liturgie.
L'anthropologie de Roberte Hamayon ramène le chamanisme à un mode d'organisation des expériences des individus chamanes. Pour Hamayon, le chamanisme, qui s'enracine dans la vie de chasse, est, à ce titre, conditionné par le constat empirique « [du] caractère imprévisible de l'apparition du gibier », « la pensée chamanique s'interprète comme la création de moyens symboliques pour agir sur cet aléa »… « les changements dans la place et la nature des aléas commandent l'évolution du chamanisme51. » Au centre des rituels chamaniques bouriates, un jeu rituel fait appel au hasard, ce qui rappelle et symbolise pour Hamayon les aléas de la vie de chasse, mais aussi « récuse la transcendance et impose l'altérité ». On peut noter que les Bouriates étudiés par Hamayon se définissaient eux-mêmes comme peuples à chamanes, se différenciant ainsi des peuples à dieux tels les Russes lors de la colonisation.
On voit par ce débat que cette question de l'assimilation ou non du chamanisme à la religion a permis aux théoriciens de s'interroger quant à la nature du phénomène religieux, conduisant à une conceptualisation plus explicite. Ainsi, Hayamon en vient-elle à opposer religions universalistes, qui renvoient à un mode de vie organisé dans lequel « l'ordre humain prime sur l'ordre naturel », axées sur le salut de l'âme dans l'au-delà, au chamanisme, où l'ordre naturel prime par l'alliance de l'humain avec les esprits6.
Se rapporter à d'autres êtres comme s'ils étaient des parents est un thème omniprésent dans les études actuelles sur l'animisme, comme l'a montré Bird-David (en). Il n'est pas rare de constater que les termes de parenté sont étendus à d'autres êtres dans les sociétés animistes, qui peuvent partager un point d'origine commun avec les humains, mais en tant qu'êtres autres-que-humains52.
Comme le suggère Morten Pedersen pour les peuples d'Asie du Nord, de la Sibérie à la Mongolie, il importe de reconnaître que les sensibilités animistes ne se concentrent souvent que dans les bonnes circonstances, contextes et moments. Une personne peut avoir besoin de certaines facultés, comme une ouverture imaginative sur le monde, pour percevoir les sensibilités animistes d'autres êtres et choses52.
Les spécialistes religieux, tels que les chamans, se voient souvent attribuer des qualités « inspirées » qui leur permettent de percevoir des sensibilités animistes qui restent imperceptibles pour les personnes ordinaires52.
Article connexe : Animisme.
Tentatives de définition
M. Eliade, reconnu comme un précurseur des études sur le chamanisme, souligne que le chaman est un personnage social (homme ou femme) qui joue le rôle de soignant dans sa communauté. Walsh considère que la définition la plus inclusive consiste à dire que le chaman est un spécialiste qui entre de manière contrôlée dans un état de conscience modifiée (ECM) pour le compte de sa communauté. Cependant, Eliade comme Walsh précisent que de tels spécialistes peuvent aussi être, par exemple, un yogi qui entre en samadhi, un médium qui bascule en état de transe et prétend parler en lieu et place d’un esprit, ou encore un sorcier [source insuffisante].Cette définition large qui associe ces pratiques ECM au chamanisme doit être dépassée10.
Walsh suggère qu’il faut préciser la nature de l’état de conscience. Il suit en cela Mircea Eliade qui définissait le chamanisme comme une technique d’accès à l’extase. Pour ce spécialiste des phénomènes religieux, l’extase implique que l’individu sorte de son état ordinaire pour être transporté et s’élever « au-dessus de la nature humaine ». La capacité particulière du chaman soulignée par ce mot d’extase est celle qui le rend apte au voyage chamanique, c’est-à-dire capable de circuler dans les mondes parallèles du dessus ou du dessous [source insuffisante]. Dans les mots d’Eliade, « Le chaman est un spécialiste d'une transe, pendant laquelle son âme est censée quitter le corps pour entreprendre des ascensions célestes ou des descentes infernales11(p.23) ».
En état de transe, il communique avec le monde des esprits et obtient de ces derniers l'information nécessaire pour résoudre les difficultés personnelles ou collectives qu'on lui soumet.
Les expériences spirituelles sur lesquelles insiste Eliade renvoient donc à la fois aux techniques utilisées pour les induire et à la cosmologie particulière à laquelle elles permettent d’accéder. Cette cosmologie consiste le plus souvent en trois niveaux : le monde ordinaire ou monde du milieu, le monde souterrain et le monde céleste. En circulant dans ces trois espaces, le chaman peut rencontrer des animaux ou esprits qui les habitent, il y trouve des explications sur les difficultés du monde, acquiert des pouvoirs ou des solutions pour répondre aux problèmes de ceux qui le consultent.
Walsh résume dès lors en trois éléments le chamanisme :
    les chamanes ont la capacité d’entrer volontairement dans des états de conscience modifiée,
    dans ces états, ils voyagent dans d’autres univers que celui que nous connaissons habituellement,
    ils mettent à profit ces voyages pour acquérir des pouvoirs et pour aider des membres de leur communauté.
Harner ajouterait à cette définition le contact avec une dimension de la réalité ordinairement non accessible. Il souligne que le chaman est habituellement lié à un ou plusieurs esprits souvent animaux qui l’assistent tout particulièrement dans son travail au service de la communauté. La réalité non ordinaire à laquelle le chamane accède inclut des esprits de la nature ou les âmes des animaux, mais aussi les ancêtres du clan, les âmes des enfants à naître, les âmes des malades à guérir ou de personnes avec lesquelles on est en conflit.[source insuffisante]
Roberte Hamayon53 caractérise le chamanisme de Sibérie ainsi : il s’agit d’une « procédure de médiation » (Eliade parle de psychopompe), rudimentaire et bonne à tout faire supposant une « conception spécifique » de l'homme, du monde et de la société ainsi que de leurs relations.
La notion d'échange est au cœur de la pensée chamaniste : Hamayon se démarque des auteurs précédents en considérant qu'il existe un lien fondamental entre la chasse, l’alliance et le chamanisme ; ainsi, propose-t-elle l'hypothèse selon laquelle le chamanisme serait typique des sociétés centrées sur la chasse. Ceci en raison d'un rapport de nécessité spécifique de ces sociétés qui, pour elle, caractérise le chamanisme à un niveau très général : la difficulté de ces communautés primitives à faire face à l’aléatoire, les angoisses que cette imprévisibilité provoque. La réduction et la mise sous contrôle de ces aléas seraient la fonction du chamane, qui officierait par un échange avec les esprits censés gouverner le monde, lors du voyage chamanique accompli lors de la transe.
Le chamanisme est donc une conduite, une recherche d'efficacité, une technique, à restituer dans le tout de la société. Il remplirait une fonction de réassurance face à la nécessité de s'adapter à des situations difficiles, imprévues, problématiques. Le chamane jouerait un rôle pragmatique de maîtrise des aléas qui effraient la communauté. Le chamane doit en outre montrer sa disponibilité pour servir la communauté13. Pour Hamayon, les traits essentiels du chamanisme, dans les sociétés de chasse, sont : l’alliance avec les esprits de la « sur-nature », le voyage de l'âme, la gestion de l’aléatoire par le rapport entre chamane et esprits6. Les spécificités du chamanisme sont indissociables de celles de la communauté pour laquelle et dans laquelle le chamane officie. Ainsi, lorsque la société évolue, les formes prises par le chamanisme évoluent aussi. Cette interdépendance amène Hamayon à noter les transformations dans les spécificités du chamanisme lorsque les sociétés deviennent moins axées sur la chasse pour se structurer progressivement autour de l'élevage, évolutions qu'elle a pu noter en effectuant des comparaisons de différentes pratiques en Sibérie.
La « reconstruction » du chamanisme
La dissonance du point de vue originel conçu comme celui du participant à une société animiste avec la laïcité occidentale moderne a conduit certains anthropologues à s'interroger sur la santé mentale des chamans. Un moyen de légitimer le chamanisme aurait été trouvé par Eliade, Lévi-Strauss et d'autres en « construisant le chamanisme comme psychologie ou thérapie », conduisant à la vulgarisation du « néo-chamanisme » et à l'idée que « les chamans traditionnels entreprenaient des voyages dans l'esprit tandis que les néo-chamans entreprendraient des voyages spirituels » ou « le voyage traditionnel des chamans vers d'autres mondes, de nouveaux mondes entrent dans leurs propres mondes intérieurs qui sont souvent familiers des thérapies jungiennes et autres »54.
Graham Harvey soutient ainsi que la psychologisation du chamanisme est un processus de colonisation, et suggère que cela fait partie d'un biais plus large du dualisme moderne: « la célébration de l'expérience intérieure, opposé à la représentation et au rituel extérieurs ». Harvey aborde également les différentes approches des substances utilisées comme auxiliaires par les chamans et autres54 :
    Certains chamans utilisent des préparations ou des dérivés de plantes qui sont communément étiquetées « hallucinogènes » en Occident. L'implicite est que ce que les gens voient et éprouvent à l'aide de telles substances serait une hallucination : fausse vision, délire ou illusion. Accepter l'étiquette, c'est préjuger. Un peu mieux, peut-être, sont des mots qui privilégient l'intériorité des résultats de l'ingestion de ces puissants dérivés et extraits : psychotropes, psychédéliques, psycho-actifs et même enthéogènes. Même les mots qui permettent la possibilité d’expériences « visionnaires » sont problématisés par l’implication possible que ce qui est vu transcenderait le monde ordinaire, c’est-à-dire qu’il ne serait pas « réel »54.
Chamanisme dans l'histoire et la préhistoire
Le culte des cervidés célestes au mésolithique
C'est Spitsyne55 qui a révélé au public la découverte de plaques chamaniques coulées dans le bronze, nommées les plaques de Perm, sur les bords de la Kama et de l'Ob, dans l'Oural. Elles datent du Moyen Âge.
Le Vol du chamane, d'après une reproduction de Boris Rybakov.
« Recouvertes de figurations mi-humaines mi-cervidés, de têtes d'élans, de dragons, de bêtes à fourrure et d'oiseaux », dont certains à masque humain sur la poitrine. Les créatures bipèdes à figures animales ont été appelées par Spitsyne « souldé »56. Sur l'une d'entre elles, « il s'agit de figuration de deux femmes-élanes, debout sur un énorme dragon et formant, à l'aide de leurs têtes d'élanes, la voûte céleste ».
Pour certaines de ces plaques, un parallèle a été fait avec la littérature orale lapone fixée en 1926-1927 et relatant la légende de l'homme-renne57. Pour Boris Rybakov58 le culte des cervidés célestes, évoqué par ces plaques, est très répandu chez les peuples sibériens. Rybakov note un lien avec le chamanisme : "Les femmes-rennes : En entrant, la chamane aperçut deux femmes nues, semblables à des rennes : elles étaient couvertes de poils, portaient des bois sur la tête. Le chamane s'approcha du feu, mais ce qu'il avait pris pour du feu, c'était les rayons du soleil. Une des femmes était enceinte. Elle mit au monde deux faons… La deuxième femme mit aussi au monde deux faons… Ces faons doivent devenir les ancêtres des rennes sauvages et domestiques.
La coiffure chamanique décorée d'un museau d'élan est attestée également par des données archéologiques. On la trouve sur une sculpture d'os provenant de la nécropole mésolithique de l'Île au Renne de l'Onéga (Ve millénaire avant notre ère) et coiffant un officiant s'élevant vers le monde céleste, entouré de deux femmes, la tête tournée vers le chamane. Spitsyne l'identifie au casque de souldé des plaques de Perm. On la trouve aussi sur l'Île au Renne de la Mer de Barents, dans la tourbière de Chiguir dans l'Oural, près de Palanga sur les bords de la Baltique.
Pour Boris Rybakov, le culte des cervidés célestes, étroitement associé au chamanisme, est ainsi attesté au Mésolithique il y a cinq mille ans et dans les mythes cosmogoniques sibériens collectés au XIXe et XXe siècles. Son étendue géographique est celle de l'ensemble ethnique toungouse, samoyède et ougrien, mais s'étend bien au-delà d'après ses conclusions (Europe et Asie).
Chamanisme au paléolithique ?
Dès 1952, Horst Kirchner a tenté d’expliquer l'art pariétal européen par un chamanisme paléolithique60. Cette hypothèse, critiquée dès le début, a eu ses partisans à la fin du siècle dernier. Reprise par Andreas Lommel en 1960 et en 1964 par l'abbé André Glory, elle est ensuite combattue par André Leroi-Gourhan, pour être de nouveau formulée en 1988 par deux anthropologues d'Afrique du Sud, David Lewis-Williams et T. A. Dowson. Lewis-Williams l’a expliquée sur la base d'une comparaison entre le chamanisme des San (Bushmen) et des peintures pariétales de sites sud-africains. Cette thèse est aussi reprise plus tardivement pour l'art paléolithique eurasiatique par le préhistorien Jean Clottes.[source insuffisante] Son livre, Des Chamanes de la préhistoire, qui s'appuie sur une double approche, neurophysiologique et ethnologique, a cependant dès sa parution en 1996 suscité une vive controverse, notamment d'experts du chamanisme, de l'art préhistorique et de la neurologie, réunis dans un ouvrage collectif associant ces disciplines, Chamanismes et arts préhistoriques : Vision critique
Très récemment, Rossano a défendu l'hypothèse selon laquelle les peintures pariétales présenteraient un caractère tel qu'« elles renforcent l'idée selon laquelle ces grottes profondes étaient utilisées pour des rituels chamaniques impliquant des états de conscience modifiés et une union avec le monde des esprits62,63 ».
Le chamanisme dans les mythologies des sociétés européennes
La cosmologie indo-européenne ressemble au chamanisme néolithique : l'univers est constitué de trois mondes, le Ciel, la Terre et les Enfers, qui sont reliés par un arbre. La voyance, la divination ou la magie sont plus l'affaire des femmes que des hommes (d'où les croyances aux sorcières). Le chamanisme masculin se voit relégué dans la mythologie tandis que les fonctions sacerdotales sont exercées par une classe de prêtres[réf. nécessaire].
Grèce antique
On qualifie d'« hyperboréens » un peuple mythique de l'Antiquité présocratique. Des spécialistes de cette période, notamment Eric Robertson Dodds, évoquent à leur propos des pratiques chamaniques64,65. Un personnage notable, partiellement mythique, est Abaris le Scythe auquel sont attribués des voyages chamaniques.
Dans la Grèce antique, on connaît le poète Aristée de Proconnèse. Il était transporté au loin lors de « délires apolliniens ». Il abandonnait son corps, qui gisait comme mort. Sur son île, une statue le représentait à côté d'Apollon (Hérodote, IV, 13-15). Pline l'Ancien rapporte qu'elle représentait son âme quittant son corps sous la forme d'un corbeau.

Le chamanisme scandinave
Il y a des exemples très nets de chamanisme dans le monde indo-européen, surtout dans sa mythologie. Ainsi, le dieu Odin des Scandinaves peut quitter son corps, qui gît alors comme endormi, sous une forme animale, et voyager là où il le désire. Il possède un cheval à huit pattes, très rapide (Sleipnir), qui est aussi identifié à un arbre cosmique (Yggdrasil) semblable à celui utilisé par les chamanes lors de leurs voyages. Par ailleurs, Odin est un grand magicien et il peut forcer les morts à livrer les secrets de l'au-delà, ce qui est une prérogative du chamane.
Chamane Saami avec son tambour magique .
Les Scandinaves considéraient leurs voisins Lapons (de langue finno-ougrienne) comme de grands magiciens. Ils appelaient aussi ce peuple les Samis ou les Sames (singulier Same ou Sami), comme les Lapons se nomment eux-mêmes. De toute évidence, le chamanisme était très développé chez eux. Les chamanes sami étaient appelés des noaide, nojid ou noi'jd. Leurs pratiques ont été décrites au XIIIe siècle dans l'Historia Norwegiæ. Ils officiaient grâce à des assistants qui chantaient et ils utilisaient un tambour (comme leurs homologues sibériens) et un marteau de corne. Ils pouvaient prendre une forme animale (renard, zibeline, loup, ours ou renne) pour aller se battre contre un confrère, découvrir un voleur ou même le mutiler à distance, attirer le gibier à portée des chasseurs ou le poisson dans le fjord, provoquer des états d'hypnose ou d'illusion des sens. Les Finno-Ougriens sont originaires des forêts du nord de la Russie. D'une manière ou l'autre, une analyse fine du chamanisme le fait toujours provenir du nord de l'Eurasie.
Freyja, déesse mythique de l'amour physique et de la sensualité, semble posséder des compétences chamaniques66. On lui attribue la capacité de se transformer en faucon ou en plume, donc de voyager. La métamorphose et la capacité de s'éloigner de son propre corps sont considérées comme des attributs chamaniques. Le voyage en esprit dans d'autres univers par la transe caractérise Freyja et parfois son époux, Od ou Odur.
Le mot nordique pour désigner les pratiques chamaniques est Seid, elles sont presque exclusivement réalisées par des femmes, usuellement revêtues de peaux ou de plumes représentant les esprits animaux. Elles sont rapportées entrant en transe notamment dans la Saga d'Erik le Rouge. Les traditions nordiques rapportent de grands malheurs lorsque des hommes (et non plus des femmes) pratiquent le Seid66.
Chamanisme dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, puis d'élevage
Indien d'Amérique « conjurant » un mauvais sort dans une gravure datant de 1590.
Cerf au clair de lune.
D'après Roberte Hamayon, le chamanisme évolue en fonctions des activités nourricières principales des sociétés. Elle voit les sociétés basées sur la chasse comme structurées par une relation horizontale avec les animaux de la nature et s'inscrivant dans un temps cyclique, annuel. Les animaux sont animés par des esprits, tout comme les ancêtres et les forces naturelles. Le chaman les rejoint dans le monde non sensible de la « surnature ». La chasse induit un échange assez symétrique avec les esprits. Ainsi, le chamane peut-il être lui-même symboliquement dévoré, tout comme le chasseur veut dévorer le gibier. L'essentiel étant que l'échange se maintienne dans un certain équilibre.
Hamayon observe que les formes prises par le chamanisme se transforment lorsque les sociétés deviennent tournées vers l'élevage. Sur le plan sociétal, l'égalité est rompue, le temps devient linéaire avec la question de la transmission du bétail (plus tard des terres) aux générations futures. Pour Hamayon, une logique de la filiation vient se substituer à la logique de l'alliance et cela se reflète dans les relations avec les esprits. L'animal d'élevage n'est plus un égal, ne serait-ce que parce que le troupeau devra être divisé (tout comme les terres plus tardivement) au moment de la succession. Aux côtés des esprits des animaux, apparaissent des esprits à caractère humain, notamment ceux des ancêtres du clan, soucieux de l'équité, du partage et de la prolongation de ce qu'ils ont construit. Le monde des esprits, auparavant confiné à la forêt, s'étire vers le haut et le bas, vers ce qui préfigure le Ciel et les Enfers. Le chamane devient celui qui a la capacité de monter et descendre le long de ces différents niveaux de réalité et de rencontrer des entités des mondes supérieurs et inférieurs. On trouve la structuration en trois niveaux du monde invisible, prisée par Harner qui la considère, lui, comme universelle là où Hamayon la lie aux activités et modes de subsistance dominants dans la communauté du chaman. D'autres anthropologues partagent ce point de vue, ainsi Winkelman note-t-il que si le chamanisme est lié aux sociétés de chasseurs-cueilleurs, "il a persisté dans les sociétés agricoles, mais leurs pratiques ont commencé à se transformer du fait de l'évolution des modes de subsistance, de l'accroissement de la complexité sociétale et de l'apparition de nouveaux acteurs religieux tels que les prêtres"67.
Principes du chamanisme
Le chamane
costume de chamane evenk.
Le chamane a été vu tour à tour comme un guérisseur, un prêtre, un magicien, un devin, un médium ou un possédé
Il exerce une pluralité de fonctions au service de sa communauté, comme soigner une maladie, guérir une souffrance, nommer un enfant, faire tomber la pluie, faire venir le gibier, accompagner l'âme des morts ou communiquer avec les esprits de la nature. L'efficacité prétendue des techniques tient au fait que, selon la cosmologie chamanique, tous les problèmes du monde "ordinaire" viennent d'une rupture d'équilibre dans nos relations avec le monde invisible. En intercédant avec les esprits, le chamane obtient des solutions pour rétablir l'équilibre.
Pour communiquer avec les esprits, le chamane se met en transe grâce à des rituels qui intègrent ou non l'usage de substances psychoactives parfois dites "enthéogènes". Ces rituels induisent un état psychique particulier, dont les tremblements sont un élément évocateur.
Le chamane peut aussi entrer en rapport avec le "monde-autre" par des rêves ou des techniques de quête de visions.
Le rituel du chamane n'est pas figé, il existe une personnalisation de sa pratique. Chaque chamane l'accomplit différemment des autres.
La « maladie initiatique »
Elle révèle l'élection du futur chamane69. Les symptômes sont conventionnels, attendus, plus ou moins provoqués. Elle est interprétée comme une absence de l'âme qui est partie dans l'au-delà. L'évanouissement est le symptôme caractéristique de la maladie. Dans le cas du chamanisme d'élevage, les esprits se sont humanisés, et l'électeur est l'esprit d'un ancêtre. L'évanouissement est le moment particulier où les ancêtres emmènent l'âme du futur chamane pour y être instruit.
Elle donne l'apparence de la folie et exprime la présence d'un danger de mort. Le premier évanouissement indique une future carrière de chamane.
L'élection du futur chamane est vécue, en général, comme un fléau, aussi bien par le candidat que par la famille de celui-ci. Il y a un danger de mort en cas de refus d'assumer la fonction de chamane. C'est l'esprit électeur qui s'en charge.
Le dépècement et la dévoration du corps
Les informations de cette section sont empruntées à Hamayon et à Eliade69,70.
Le morcellement du corps, ou dépècement, ou dévoration est une mort rituelle qui est suivie d'une résurrection. Elle marque le passage du profane au sacré, l'initiation par les esprits, et s'inscrit dans le cadre de la « maladie initiatique ».
    « Ces souffrances physiques correspondent à la situation de celui qui est "mangé" par le démon-fauve, est dépecé dans la gueule du monstre initiatique, est digéré dans son ventre70 ».
➝ Dans le chamanisme de chasse, le morcellement du corps est le fait des esprits auxiliaires qui mangent la chair et boivent le sang du futur chamane. Il s'agit surtout d'une dévoration interne. À la fin du rituel, le chaman peut alors incorporer les esprits auxiliaires dans les accessoires que la communauté lui a confectionnés. Chaque séance chamanique sera par la suite l'occasion de nourrir les auxiliaires, ce qui est le prix à payer pour le service rendu : il s'agit donc d'un processus continu qui a lieu toute la vie du chamane, ce qui est à mettre en rapport avec son teint blême.
    « Les esprits lui coupent la tête qu'ils mettent de côté (car le candidat doit assister de ses propres yeux à sa mise en pièces) et le taillent en menus morceaux qui sont ensuite distribués aux esprits des diverses maladies. C'est à cette condition seulement que le futur chaman gagnera le pouvoir de guérir ».
➝ Dans le chamanisme d'élevage, le dépècement s'effectue généralement en une fois, lors de la « maladie initiatique ». C'est une dévoration externe, c’est-à-dire qui a lieu en général en dehors du corps du chamane. Il existe certaines particularités comme la cuisson de la chair et le comptage des os. Elle est l'œuvre des ancêtres. Cependant, dans le chamanisme d'élevage, coexistent des éléments du chamanisme de chasse, ce qui se traduit par l'existence parallèle d'esprits animaux et d'esprit des ancêtres : la dévoration interne continue persiste donc parallèlement.
Toute autre est la dévoration de la chair humaine consécutive à la prédation des esprits, dont l'action entraîne la maladie par le biais du départ de l'âme, voire la mort en cas de départ définitif. Ce cadre est celui de tout un chacun qui peut devenir la proie d'un esprit :
    « Les hommes sont le butin de la chasse des esprits, comme les rennes sont le butin de la chasse des hommes… le monde des esprits est un monde d'affamés en quête perpétuelle de gibier humain ».
L'esprit électeur et les esprits auxiliaires (alliés)
Les variations concernant ce thème sont très importantes suivant les ethnies et les époques. La distinction entre l'esprit électeur (ou protecteur), et les esprits auxiliaires (ou familiers, ou gardiens) revient constamment.
L'esprit électeur est unique. C'est lui qui choisit le chamane et le protège toute sa vie. Il accorde au chamane le service des esprits auxiliaires auprès desquels il intercède.
Dans les sociétés de chasse, l'esprit protecteur choisit « par amour » son chamane et devient son conjoint surnaturel. Il est l'esprit de la fille ou du fils de la forêt, le donneur de gibier. Son exigence est de l'ordre de la jouissance.
Dans les sociétés d'élevage, l'esprit protecteur est en général l'esprit d'un ancêtre, lui-même ayant été chamane. Et de ce fait l'enseignement du chamane provient souvent de cet esprit, le préparant à des révélations et à des contacts avec des êtres divins ou semi-divins (rôle de psychopompe).
Les esprits auxiliaires sont en général soumis à l'esprit électeur : c'est ce dernier qui les transmet au chamane (chamanisme de Sibérie). Parfois, la transmission se fait par héritage. Parfois leur concours doit être un acte de volonté et de recherche personnelle de la part du chamane (chamanisme nord américain). Pour obtenir leurs services, le chamane doit les nourrir de son propre corps : leur exigence est alimentaire. Ils donnent au chamane les moyens de la chasse dans l'au-delà : ce sont les pouvoirs chamaniques. Chacun est spécialisé dans un service. Un chamane peut en avoir plusieurs ; c'est d'ailleurs au nombre d'esprits auxiliaires qu'un chamane est fort ou faible. La relation d'un auxiliaire au chamane est soit de l'ordre du bienfaiteur, soit de l'ordre du serviteur. Le transfert des esprits auxiliaires se voit et s'effectue dans les accessoires de son costume. La réunion des esprits auxiliaires peut parfois prendre plusieurs années, et fait intervenir une grande partie de la communauté.
La plupart du temps ils ont la forme d'un animal : ours, loup, cerf, lièvre, oie, aigle, hibou, corneille… Ils peuvent également être des esprits de la nature : esprit des bois, de la terre, d'une plante, du foyer, des divinités, des fantômes… Le chamane prend possession de l'esprit auxiliaire au cours de la séance chamanique. Bien plus qu'une imitation de celui-ci, il est identifié à cet esprit et se métamorphose en lui : c'est l'ensauvagement du chamane, suivant Roberte Hamayon. L'auxiliaire a alors un rôle de psychopompe, c’est-à-dire qu'il accompagne le chamane dans l'au-delà : c'est l'expérience ou le voyage extatique du chamane, suivant Mircea Eliade.

Le voyage chamanique

Le chamanisme part du principe que l'âme a la faculté de quitter le corps, historiquement chez tous les humains, mais plus particulièrement chez les chamanes et les héros épiques.
Chez les gens ordinaires, elle le quitte à certains moments particuliers : pendant le rêve, l'ivresse et la maladie. Ces voyages ne sont pas contrôlés. Chez le chamane, le départ de l'âme s'expérimente d'abord au cours de la maladie initiatique (absence d'âme), puis par la suite au cours des séances chamaniques (ensauvagement selon Roberte Hamayon), des voyages dans les mondes des esprits (l'extase de Mircea Eliade). Il réalise ici-bas et autant de fois qu'il le désire la « sortie du corps ».
Les voyages de « l'âme » sont des thèmes récurrents de la littérature, des mythes, des récitations d'épopées.
Il existe une similitude entre les récits des extases chamaniques et certains thèmes épiques de la littérature orale : l'aventure héroïque s'apparente au voyage du chamane dans la "surnature". Souvent il s'effectue sous la forme et l'apparence d'animaux, notamment d'oiseaux. Ce peut être des cygnes, porteurs d'âmes par excellence : ils rapportent de l'âme pour les enfants et les animaux à naître, témoignant de l'animation et du renouvellement de la vie.
De retour, le chamane raconte ce qu'il a vu ou ce qu'il a fait. Il peut le mimer également, le chanter, le danser, l'accompagner de cris et d'exclamations. Pour Mircea Eliade, la danse peut faire partie intégrante de l'extase, de même que l'imitation des gestes d'un animal. Lorsqu'il s'agit de répondre aux questions de l'assistance, c'est parfois l'esprit qui habite le chamane qui parle.
Le vol magique du chamane est indissociable de la cosmologie chamanique. Il est divisé en trois parties : le ciel, la terre et les Enfers, monde des ancêtres. Harner n'a pas voulu adopter au chamanisme cette association chrétienne, lui comme la fondation pour l'étude du chamanisme parlent de monde du dessus, de monde du dessous et de monde du milieu.
Le vol traduit la transcendance du chamane par rapport à la condition humaine et l'autonomie de son âme. Il renvoie également à l'intelligence et la compréhension des choses secrètes et des vérités métaphysiques. Parce qu'il est capable de monter et de descendre dans les sphères, les esprits peuvent s'incorporer dans le chamane ou dialoguer avec lui.
Le vol s'effectue donc vers le haut et vers le bas :
    vers le haut, le chamane peut passer par l'orifice de l'étoile polaire, le clou du ciel, ou le nombril du ciel.
    vers le bas, c'est la descente sous terre, ou au fond de la mer.
Graham Harvey, spécialiste en études religieuses à l'Open University, a remis en cause la vison de Mircéa Eliade qui est pour lui une reconstruction religieuse typique de la laïcité occidentale.
    Cela commence par l'idée que les chamans réussissent à voyager « au-delà des contraintes de l'incarnation physique et de l'emplacement » , et dans un royaume supérieur et non matériel : le voyage du chaman depuis le profane (lequel serait non seulement banal mais conçu négativement) vers un monde à la pureté immuable de l'éternité - dans le rituel et surtout dans l'ascension chamanique - est définitif de toute vraie religion pour Eliade. Plus explicitement, il est au cœur de la religion comme Eliade pensait qu'il devrait l'être71.
Le tambour et le costume
Le costume du chamane est souvent fait de peau et de plumes. Il symbolise pour Eliade la transformation en l'animal, souvent un oiseau qui personnifie la possibilité de voler, d'incarner l'âme du chamane qui vole d'un espace à un autre.
Le tambour est très fréquent chez les chamanes. D'autres instruments peuvent s'y substituer : des cannes chevalines, une cloche, une guimbarde... L'animation du tambour est cruciale pour l'entrée en transe.
La peau du tambour porte souvent un dessin de cervidé à large ramure et le tambour est parfois considéré comme un support ou un lieu de rassemblement des esprits (auxiliaires notamment).
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Chamanes et tambours
 Le chamanisme dans le monde


Le chamanisme tibétain

Selon Eliade, le Tibet connaît un rite tantrique, le Chöd (ou gchod, pouvant se traduire par « banquet macabre ») qui est clairement chamanique dans sa structure. Il a été décrit pour la première fois par Alexandra David-Néel en 1929 et est encore pratiqué aujourd’hui, selon le lama Khenpo Tseten73. Il s’agit, essentiellement par de la musique et de la danse, de convier des esprits à un festin principalement composé de la chair des officiants.
Le lama qualifie la pratique de véritable « offrande mentale de son corps aux démons et êtres effrayants qui rôdent ». Les démons étant, selon la lecture bouddhiste du lama, les constructions mentales de l’esprit du pratiquant.
Ce thème du dépècement et de la dévoration rencontré au Tibet est très proche de ce qui a été décrit en Amérique du Nord.
Eliade évoque également le Livre tibétain des morts (Bardo Thödol) comme une preuve de la vitalité du chamanisme tibétain antérieurement au développement du bouddhisme et son intégration par ce dernier.
Le chamanisme chinois
Le chamanisme existe depuis longtemps en Chine. Il a été repris par le taoïsme. Selon un ouvrage du IIIe siècle, le Baopuzi, le prêtre connaît des voyages extatiques qui l'emmènent au ciel, où il peut rencontrer dieux, ancêtres, et trouver des remèdes médicaux. Il est aidé par des animaux (dragons, tigres, phœnix, cerfs, quilins, singes…).
Sous la dynastie Qing mandchoue un chamanisme comportant des éléments bouddhistes, comme le chamanisme jaune, était codifié par des lois.


Le chamanisme coréen

Le chamanisme coréen comporte certaines proximités avec les chamanismes toungouses et mongols, étant proche de ces cultures. Il a également été grandement influencé par la Chine.

Le chamanisme corse

En Corse, peut être trouvé le Mazzeru (voir Mazzérisme). Le Mazzeru n'est pas toujours considéré comme faisant partie du "monde ordinaire" à part entière. N'étant ni du monde des vivants, ni du monde des morts, il se situe plutôt à la limite de ces deux mondes. Il est également désigné, selon les régions, sous les noms de Culpadore, d'Acciacatore et bien sûr de Mazzeru. Ces trois termes sont formés à partir des verbes acciacà, culpà, amazzà, qui signifient «tuer» en frappant. Cette fonction de tuer provient de la capacité du Mazzeru à « chasser en rêves ». Lors du sommeil du Mazzeru son double spirituel va dans le monde des rêves participer à une partie de chasse, le Mazzeru tuant le premier animal (sauvage ou domestique) qu'il croise (souvent un cerf, un mouton ou un mouflon). En retournant la bête sur le dos, la tête de celle-ci se transformera en visage humain. Cet humain, connu du Mazzeru, est condamné à mourir entre trois jours et un an plus tard.
Chamanisme Hmong-Miao
Hmong.
Chez les Hmong du Laos, comme dans la majorité des chamanismes d'Extrême-Orient, le corps comporte plusieurs âmes, certaines pouvant voyager dans des mondes différents de celui des humains, provoquant ainsi maladies et mort. Le chaman grâce à ses pouvoirs va aller se battre dans ces mondes pour récupérer ces âmes.


Chamanisme mexicain

Le psychologue Jacobo Grinberg a étudié et écrit 7 livres sur le chamanisme mexicain (Los chamanes de Mexico, Volume I à VII).

 chamanisme mongol

Le chamanisme mongol revêt plusieurs formes : le chamanisme ancien, tel que pratiqué par les anciens peuples turcs et proto-mongols de la région. Il est aujourd'hui principalement pratiqué par les Bouriates au sein des peuples mongols. Le tengrisme est issu des anciennes religions turques et a particulièrement été mis en avant par Genghis Khan, fondateur de l'Empire mongol. Des chamanismes sont influencés par le bouddhisme tibétain, comme le chamanisme jaune, ou d'autres courants, comme le chamanisme noir.

Le chamanisme turc

On donne souvent ses origines dans l'Altaï, il est connu pour le khöömii, chant diphonique chamanique. Le tengrisme est la forme principale de chamanisme turc, ou le ciel (tenger) est le principal dieu. Certains mouvements pan-nationalistes turcs le récupèrent pour en faire la religion principale du touran (terme persan pour désigner les cultures sibériennes).
Chamanisme dans l'art et la culture

Pratiques de revitalisation culturelle
Depuis l'époque de l'ex-Union soviétique, le modes de vie des peuples du Nord avaient été changés par la force dans le cadre d'une politique communiste et qu'ils étaient condamnés à être russifiés.
Après l'instauration de la République de Sakha, en 1990, le gouvernement a encouragé une politique de revitalisation culturelle. Le système éducatif en langue yakoute a étéréorganisée, et l'interdiction du chamanisme et de la pratique de la guérison traditionnelle a été levé. Ainsi, les intérêts ethnologiques et ethnographiques pour les cultures ethniques de la République ont rapidement augmenté, et les activités universitaires et éducatives pour la restauration et la revitalisation de la culture sakha ont été encouragées1.
Par exemple, lors de la conférence internationale sur le chamanisme en 1991, les représentations des chamanes ont été présentées sur scène comme un drame théâtral restauré d'après les archives ethnologiques et historiques. En 1999, les représentations dramatisées de chamans étaient toujours diffusées à la télévision1.
Sous le titre de culture traditionnelle, ces mesures politiques se sont axées sur le rétablissement des cérémonies rituelles ethniques, les pratiques de guérison, la vision du monde chamanique, les épopées et narrateurs, les chansons, les danses, les costumes et la cuisine. En outre, dans le processus de revitalisation, le chamanisme a été relancé de façon moderne en mentionnant les expériences surnaturelles et les interprétations des chamans à ce sujet, pour contribuer à reconstruire l'identité culturelle (en).1
Listes d'oeuvres représentant le chamanisme
Cinéma :
    2004 : Blueberry, l'expérience secrète de Jan Kounen, une représentation du chamanisme américain natif au cinéma.
    2019 : Un Monde plus grand de Fabienne Berthaud, adaptation du livre Mon Initiation chez les chamanes de Corine Sombrun.

Notes et références

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« Une plongée au coeur du chamanisme, à Genac, en Charente » [archive], sur SudOuest.fr (consulté le 11 juin 2020)
Patrice van Eersel, « Interview de Corine Sombrun : « Je suis devenue chamane malgré moi » » [archive], sur www.lecercledespeuples.org (consulté le 11 juin 2020)
Daniel Dubuisson , Impostures et pseudo-science : L'œuvre de Mircea Eliade, 2005 (ISBN 2-85939-874-0)
Gary Doore, La Voie des chamans, J'ai lu 1989.
Michel Perrin, Le Chamanisme, Que sais-je ?
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Par exemple le passage du chamanisme de chasse au chamanisme d'élevage comme l'a étudié Roberte Hamayon chez les Bouriates.
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A.A. Spitsyne, Les Figurations chamaniques, Section occidentale d'archéologie russe et slave de la Société russe d'archéologie, Saint-Pétersbourg, 1906.
Boris Rybakov, Le Paganisme des anciens slaves, PUF, 1994 (ISBN 2 13 045869 6).
V.V. Tcharnolouski La Légende de l'homme-renne, Moscou 1965.
Boris Rybakov, ibid.
Cité par Boris Rybakov citant Anissimov.
H. Kirchner, 1952, "Ein archäologischer Beitrag zur Urgeschichte des Schamanismus", Anthropos 47 (1-2): 244-286.
Impr. Dumas Titoulet), Chamanismes et arts préhistoriques : vision critique, Errance, 2006 (ISBN 2-87772-323-2 et 978-2-87772-323-7, OCLC 421304754, lire en ligne [archive])
Rossano, Matthew J.,, Supernatural selection : how religion evolved, Oxford University Press, 2010, 304 p. (ISBN 978-0-19-538581-6 et 0-19-538581-0, OCLC 428895714, lire en ligne [archive])
(en) Michel Weber, « « Shamanism and proto-consciousness » », Actes du colloque « Aux origines du monothéisme et du scepticisme religieux » organisé à Louvain-la-Neuve,‎ 7-8 juin 2013 (lire en ligne [archive], consulté le 2 janvier 2020)
K. Meuli, « Scythica », Hermès, 70, 1935, p. 137 sq.
Eric Robertson Dodds, Les Grecs et l'irrationnel (1951), trad. (1965), Flammarion, coll. « Champs ».
Sagas des peuples du Nord : les Vikings., Time-Life Books, 1997 (ISBN 2-7344-0812-0 et 978-2-7344-0812-3, OCLC 38250157, lire en ligne [archive])
(en) Michael Winkelman, « Shamanism and the alteration of consciousness », Altering consciousness: Mulfidisciplinary perspecfives,‎ 2011, p. 159-180 (lire en ligne [archive])
Le médium qui invite un esprit à entrer dans son corps et en perd le contrôle fait exactement le contraire du chamane sibérien, qui conserve toutes ses facultés.
Roberte Hamayon.
Mircea Eliade
(en) Russell Edwards, « Animism: Graham Harvey's Survey », Culture Dysphoria,‎ 20 janvier 2016 (lire en ligne [archive], consulté le 1er mars 2021)
Vladimir Bogoraz, Cukotskie rasskazy 1900, cité par Lot-Falck 1974a, 739-740, cité par Hamayon, La Chasse à l'âme - Société d'ethnologie p.485.
Loisy, Jean de, (1957- ...).,, Jacomijn Snoep, Nanette,, Hell, Bertrand, et Musée du quai Branly (Paris),, Les maîtres du désordre, Musée du quai Branly, dl 2012, 443 p. (ISBN 978-2-35744-056-2, 2-35744-056-2 et 978-2-7118-5931-3, OCLC 801022490, lire en ligne [archive]), [exposition, Paris, Musée du quai Branly, 11 avril-29 juillet 2012; Bonn, Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland, 31 août-2 décembre 2012; Madrid, Fundació la Caixa, 7 février-19 mai 2013

    Moréchand 1968.

   
    Département:Chamanisme
Bibliographie
Ouvrages scientifiques sur le chamanisme
En français
    Denise Aigle et al., La Politique des esprits. Chamanismes et religions universalistes, Société d'ethnologie, 2000
    Mircea Eliade, Le Chamanisme et les techniques archaïques de l'extase, Payot, 1951, rééd.1992
    Mircea Eliade, Le Chamanisme et les techniques archaïques de l'extase. Revue Philosophique de la France Et de l'Etranger 142:568-570, 1952.
    Roberte Hamayon, Les Chamanismes, Eyrolles, 2015, cop. 2015 (ISBN 978-2-212-56219-4 et 2-212-56219-5),
    Bertrand Hell et Edouard Collot, Soigner les âmes. L'invisible dans la psychothérapie et dans la cure chamanique, Dunod, 2011
    Michel Lorblanchet et al., Chamanismes et arts préhistoriques : Vision critique, Errance, 2006
    Mario Mercier, Chamanisme et chaman, Belfond, 1977 et Dangles, 1990
    Alessandra Orlandini Carcreff, Chamanismes, Monaco, LiberFaber, 2019
    Michel Perrin, Le Chamanisme, Paris, PUF, coll. « Que Sais-je » (no 2968), 2014, 6e éd. (1re éd. 1995), 127 p. (ISBN 978-2-13-058291-5, notice BnF no FRBNF42177358)
    Francois Blanc, Médecins et chamanes des Andes, L'Harmattan, 1994, Paris.
    Guy Moréchand, « Le Chamanisme des Hmong », Bulletin de l'École Française d'Extrême-Orient, vol. 54,‎ 1968, p. 53-294 (lire en ligne [archive]).
    Lucien Giacomoni, « Chamanes, états de conscience et monde des Dieux. Le rituel des plantes et des champignons sacrés », Bulletin de la Fédération mycologique et botanique Dauphiné-Savoie, vol. 179,‎ décembre 2005, p. 5-19 (lire en ligne [archive])

En anglais

    Francois Blanc, Trance and shamanic cure on the South American Continent, journal of consciousness, Vol.21, issue 1, pp. 83-105, 2010.
    Sergei Mikhailovich Shirokogoroff, The Psychomental complex of the Tungus, Londres, 1935
    Gloria Flaherty, Shamanism and the eighteenth century, Princeton University Press, 1992
    Ray Hess, Pictish Orthodox Druidism, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2015

Ouvrages scientifiques sur les chamanismes locaux

    Sébastien Baud, Faire parler les montagnes. Initiation chamanique dans les Andes Péruviennes, Armand Colin, 2011
    Jean-Pierre Chaumeil, Voir, Savoir, Pouvoir, Le chamanisme chez les Yagua de l’Amazonie péruvienne, Georg Éditeur, 2000
    Pierre Déléage, Le Chant de l'anaconda. L'apprentissage du chamanisme chez les Sharanahua (Amazonie occidentale), Société d'ethnologie, 2010
    Laurent Fontaine, La Nuit pour apprendre. Le chamanisme nocturne des Yucuna, Société d'ethnologie, 2014
    Roberte Hamayon, La Chasse à l'âme. Esquisse d'une théorie du chamanisme sibérien, Société d'ethnologie, 1990
    Bertrand Hell, Possession & Chamanisme. Les maîtres du désordre, Flammarion, 2012
    Viviane Lièvre et Jean-Yves Loude, Le Chamanisme des Kalash du Pakistan. Des montagnards polythéistes face à l'islam, CNRS Édition, 1990
    Aurélie Névot, Comme le sel, je suis le cours de l'eau. Le chamanisme à écriture des Yi du Yunnan (chine), Société d'ethnologie, 2008
    Michel Perrin, Les Praticiens du rêve : un exemple de chamanisme, Presses universitaires de France, 2001
    Ilario Rossi, Corps et chamanisme, Armand Colin, 1997
    Charles Stépanoff et Thierry Zarcone, Le Chamanisme de Sibérie et d’Asie centrale, coll. « Découvertes Gallimard » (no 579), 2011
    Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible.Techniques chamaniques de l'imagination, préface de Philippe Descola, Paris, Les Empêcheurs de tourner en rond/La Découverte, août 2019, 464 p.


Néo-chamanisme européen et nord-américain

    Jean-Jacques Dubois, Anthropologie chamanique : qui veut faire l'ange fait la bête !, Louise Courteau, 2005
    Stéphanie Chancel, Le grand livre du chamanisme, origines, rites et coutumes, Exclusif, 2005
    Jean-Patrick Costa, Les Chamans. Hier et aujourd'hui, Alphée, 2007
    Michael Harner, La Voie du chamane. Un manuel de pouvoir & de guérison, Mamaéditions, 2011
    Mario Mercier, Le Maître du tambour. Origines et pratique du tambour chamanique, éditions Véga, 2007
    Mario Mercier, Journal d'un chaman. L'ours de montagnes bleues, éditions Almora, 2007
    Mario Mercier, Journal d'un chaman. Les voix de la mer, éditions Almora, 2007

Abord scientifique et psychologique

    Michael Harner, La Voie spirituelle du chamanisme, Albin Michel, 1982 - en anglais The way of the shaman, 1980
    Jeremy Narby, Le Serpent cosmique, l'ADN et les origines du savoir, Georg, 1995
    Jeremy Narby et Francis Huxley, Anthologie du chamanisme, 350 pages 2002, Albin Michel/CNRS (ISBN 978-2-226-191-09-0)
    Jeremy Narby et autres, Plantes et chamanisme, 2008
    Chamanisme et psychothérapie, ouvrage collectif sous la direction de Patrice Van Eersel et du Dr Didier Dumas, coll. Questions, Albin Michel, 1997
    Olivier Moyano, Rêve et chamanisme, Éditions Accarias L'Originel, Paris, 1998
    Nicolas Bosc, L'initiation traditionnelle des chamanes peut-elle nous éclairer dans le débat sur la formation des psychothérapeutes ? [archive], mémoire DEA Psychologie, Université Paris VIII, 2004
    Guy Rouquet, Voici venu le temps des « dérapeutes » : du serment d’Hippocrate au serpent cosmique [archive], Psychothérapie Vigilance, 2007
    Laurent Huguelit, Dr Olivier Chambon, Le Chamane et le Psy : un dialogue entre deux mondes, Mama Éditions, 2010
    Guy Rouquet, « Les nouvelles dérives sectaires de la psychothérapie (chamanisme-néochamanisme) » [archive], sur Psychothérapie Vigilance, 14 avril 2010
    Florent Dechoz, L'Expérience chamanique : pour sortir des traumatismes et retrouver la puissance créatrice de son âme, Éditions Véga, 2016

Recueils en tradition orale

    Marco Mercier, Chants Chamaniques : récits de voyages chamaniques de la grande tradition universelle des chamans ; traduction poétique des réalités invisibles, Atlantis Éditions, 2000
    Pascal Fauliot et Patrick Fischmann, Contes des sages chamanes : première anthologie du légendaire chamanique explorant la vision du monde des peuples premiers, Éditions du Seuil, Paris, 2009
    Pascal Fauliot et Patrick Fischmann, Contes des sages peaux rouges : La clairvoyance et « l'imaginaire-médecine » des indiens d’Amérique, Éditions du Seuil, Paris, 2009
    Patrick Fischmann et G.Mend-Ooyo, Contes des sages de Mongolie : Anthologie du légendaire chamanique mongol, Éditions du Seuil, Paris, 2012
    Ugo Marazzi (a cura di), Testi dello Sciamanesimo siberiano e centro-asiatico, Torino, UTET, 2009

À classer ou autres

    Mario Mercier, Manifeste du Nouveau Chamanisme ou l'Esprit en Liberté, Robert Laffont, 1995 - Ed. Atlantis, 2000 - Ed. Regard et Voir 2013
    J. Creek, Manuel pratique des rituels chamaniques, Cristal, 2003
    Jan Kounen, Jeremy Narby & Vincent Ravalec, Plantes et Chamanisme, conversations autour de l'Ayahuasca & de l'Iboga, Mama Éditions, 2008 (ISBN 978-2-84594-020-8)
    Pierre Chavot, Le Champignon des dieux, l'amanite tue-mouches, Dervy, 2005
    La Pinacothèque de Paris proposait d'octobre 2008 à février 2009 une exposition d'une quarantaine de toiles, gravures et dessins de Jackson Pollock (pour l'essentiel 1934-44), accompagnés d'une importante sélection de réalisations de Natifs américains. Stephen Polcari illustre ses thèses dans le catalogue : Jackson Pollock et le Chamanisme, Paris, Pinacothèque de Paris, 2008 (ISBN 978-2-9530546-7-5), 266 p.

Droit et Législation

    Chamanisme et néo-chamanisme, tradition et dérives - Rapport annuel de la MIVILUDES au Premier ministre publié le 7 avril 2010, p. 29 à 93 [archive]

Récits initiatiques contemporains

    Les livres de Carlos Castaneda
    Les livres de Mario Mercier
    Un Sorcier dans la forêt du Pérou, éd. du Rocher 1996, ISBN
    Les sept plumes de l'aigle, récit de vie de Luis Ansa, par Henri Gougaud. Éditions du Seuil, 1995
    Journal d'une apprentie chamane, Corine Sombrun, éd. Pocket 2004, ISBN
    Le Tambour du chamane, Ailo Gaup, Ed. Le Reflet 1998 (ISBN 978-2-912162-02-1), Roman traduit du norvégien
    La Chamane du 5e Âge Ed. Alphée, 2007
    Explorations chamaniques de Philippe Lenaif, éd. Souffle d'Or, 2012
    Le Secret de l'aigle de Luis Ansa et Henri Gougaud, Ed. Albin Michel, 2000
    Philippe Lenaif : Naissance d'un chaman, éd. Souffle d'Or, 2004
    Philippe Lenaif : J'ai dansé avec mon ombre, éd. Souffle d'Or, 2007
    Corine Sombrun : Mon Initiation chez les chamanes : Une Parisienne en Mongolie, éd. Pocket, 2005
    Kenneth Meadows : Médecine de la Terre, la voie chamanique éd. Guy Trédaniel, 2001
    Kenneth Meadows : Voie médecine, la voie chamanique de la maîtrise de soi éd. Guy Trédaniel, 2000
    Olga Kharitidi : La Chamane blanche, éd. J.Cl. Lattès, 1997
    Aurore Laurent et Adrien Viel, Trois Chamans : Rencontres chamaniques au Népal, Éditions Naïve, 2014

Chamanisme et voyance

    Serge Dufoulon, Femmes de paroles. Une ethnologie de la voyance. Paris. A-M Métailié, 1997

Vidéographie

    Bells From the Deep, Werner Herzog, Allemagne, 1993
    Les Maîtres fous, Jean Rouch, France, 1955
    Au Pays des mages noirs, Jean Rouch, Pierre Ponty, Jean Sauvy, France, 1947
    Quantum Men, Carlos Serrano Azcona, Espagne, 2011
    D'autres mondes (Other Worlds), Jan Kounen, documentaire sur les passerelles entre le chamanisme amérindien lié à l'ayahuasca et le transpersonnel européen, incluant des thérapeutes comme Stanislav Grof, 2004
    Chacun cherche son chaman, Roland Pellarin : documentaire sur le core chamanisme de Michael Harner pratiqué en Suisse, avec des commentaires de Jean-Patrick Costa, Roberte Hamayon, Bertrand Hell, Silvia Mancini, Jérémie Narby et d'autres, 2006
    L'Ayahuasca, le serpent et moi, Armand Bernardi, documentaire de 52 min, productions Artline Films (Paris), 2003
    Chamans, les Maîtres du Désordre, Jean-Michel Corillion, documentaire HD de 52 min tourné au Maroc, 2012
    Un baptême de sel végétal chez Mario Matapi, Laurent Fontaine, corpus de films sur les Yucuna de Colombie [archive], 2008
    Corine Sombrun - La Transe chamanique, capacité du cerveau ? [archive], Conférence à Tedx, Paris, 2012
    3 Chamans (Népal), film de Aurore Laurent et Adrien Viel, Paris, 77 min, 2014

Articles connexes

    Animisme, Paganisme
    Anti-art
    Arbre à prières, Plante de vision
    Bardes chez les Celtes
    Seydr et Völva chez les Germains
    Catabase
    Dualisme
    Le chamanisme et la magie dans les Eddas, Galdr
    Spiritualité du peuple sâme, Joiks: Chants traditionnels sâmes d'origine chamanique
    Chamanisme coréen
    Cosmogonie des chamanismes (de)
    Esprit
    Iatromantis
    Iconoclasme
    Incantation
    Hyperboréens
    Islam
    Médium (spiritualité)
    Possession (anthropologie)
    Le rêve dans les sociétés chamaniques - le succube chamanique
    Satanisme Ce lien renvoie vers une page d'homonymie
    Taoïsme, Tengrisme
    Tradition, Savoirs traditionnels (Droit), Patrimoine culturel immatériel

    Guru (maître spirituel)
    Marabout (Afrique)

Liens externes
Le matin des Hommes-Dieux : Étude sur le chamanisme grec 1re partie [archive] - 2e partie [archive]
Dossier Chamanisme [archive] Base de données iconographique et bibliographique sur le chamanisme et les peuples de Sibérie et Mongolie.
[PDF] Mariage mystique et pouvoir chamanique chez les Shipibo d'Amazonie péruvienne et les Inuit du Nunavut canadien [archive] : étude sur les rêves érotiques, les relations sexuelles avec les esprits, l'élection chamanique et le mariage mystique : site UCAQ (université du Québec à Chicoutimi)
Possession et chamanisme [archive], documentaire vidéo d'Alessandro Mercuri et Haijun Park (62 min), entretien avec Bertrand Hell, diffusé sur ParisLike, 2013 (ISSN 2117-4725)
Chamanisme paléolithique ː fondements d'une hypothèse, sur futura sciences [archive]
Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes
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Sommaire


    1 Étymologie
    2 Pratiques considérées comme de la sorcellerie
    3 Définition de la sorcellerie selon René Guénon
    4 La sorcellerie et le pape Jean XXII
    5 La sorcellerie en Europe
        5.1 France
        5.2 Angleterre
        5.3 Explication rationnelle
    6 Monde occidental contemporain
        6.1 Revalorisation de la pensée magique au XXe siècle
    7 Des croyances anciennes
    8 Tanakh
    9 Nouveau Testament
    10 Judaïsme
    11 Islam
    12 Sorcellerie africaine
    13 L'origine des pouvoirs magiques (1929)
    14 Répression
    15 Notes et références
    16 Voir aussi
        16.1 Sources primaires
        16.2 Bibliographie
            16.2.1 Ouvrages anciens
            16.2.2 Études
              l'Europe
           les Amériques
            l'Afrique
         l'Asie
       l'Océanie
     Études littéraires
 Essais ésotériques
Articles connexes
Liens externes

Étymologie

Le terme de sorcellerie est une extension du mot sorcier. Sorcier possède une double étymologie. La première est sortiarus en latin, qui désigne dans l'antiquité les praticiens de la divination, à l'aide de baguettes notamment2. Mais le terme de sorcier n'apparaît réellement qu'en 589. C'est alors un terme politique issu d'un contexte post-évangélique qui désigne de façon péjorative un personnage cristallisant la diabolisation de tous ceux qui pratiquaient la “vieille coutume” : les sages-femmes, herboristes, guérisseurs, rhabilleurs, tireurs de feu, connaissant les “simples”, tous arts médicaux des druides et druidesses, les sourcières, les astrologues et les devins, pourchassés déjà depuis l’occupation romaine. Le mot sorcier a pour origine la déformation du mot sourcier 3- celui qui détecte la source, l'eau à distance. La notion d'action à distance du sorcier se retrouve dans l'expression jeter un sort. L'aspect ésotérique du sorcier a donné naissance au XXe siècle à l'expression "Ce n'est pas sorcier", désignant ce qui n'est pas compliqué
Les Trois Sorciers, par Johann Heinrich Füssli, Suisse.
Selon l'acception chrétienne du terme, qui a été l'acception générale pendant des siècles, le sorcier ou la sorcière désigne « Celui, celle qui passe pour avoir fait un pacte avec le diable, à l'effet d'opérer des maléfices, et pour aller à des assemblées nocturnes dites sabbat ». Actuellement le sorcier ou la sorcière n'est pas systématiquement associé au maléfice mais sa connotation reste souvent péjorative du fait de la charge historique du mot. La sorcière ou le sorcier désigne aujourd'hui avant tout un jeteur de sort, recourant à la magie.
Il ou elle peut être spécialiste d'un domaine, telle la communication avec les esprits, généralement de défunts (on parle alors plus volontiers de mage ou de voyant), ou l'animation d'êtres morts (nécromancien). Du point de vue anthropologique, le mot sorcier peut recouvrir différentes fonctions comme chaman, femme ou homme-médecine. C'est aussi un personnage présent dans les contes et les légendes. Il figure désormais dans l'univers du jeu de rôle, dans l'univers de Terry Pratchett ou de Harry Potter.
La sorcellerie désigne tout ce qui est considéré comme surnaturel sans appartenir à la religion officielle ou tout ce qui est relatif au mal dans ces mêmes religions. Il apparaît que dans les mythologies des premières sociétés humaines (société matriarcale), la femme avait un rôle important. La religion ancienne devenant le diable de la nouvelle, le christianisme associa souvent les femmes à des rôles maléfiques telles les parques de la mythologie gréco-romaine ou encore Ève dans le mythe d'Adam et Ève, qui s'allie au serpent (agent du mal), pour plonger l'homme dans sa triste condition. Ceci explique partiellement le rôle prépondérant des sorcières à celui des sorciers dans les mythes populaires européens.
Volant dans les airs à califourchon sur son manche à balai, ainsi est représentée la sorcière dans l'iconographie populaire occidentale. Antithèse de la fée, elle a les mêmes fonctions que le sorcier, tant en anthropologie que dans les contes et légendes.
Pratiques considérées comme de la sorcellerie
Cahier de jeteur de sorts, 2e moitié 19e siècle - 1er quart 20e siècle, Haute-Saône, Collection Musées départementaux de la Haute-Saône
Le terme « sorcellerie » est communément appliqué aux pratiques visant à influencer les énergies d'une personne, d'un lieu, d'un objet, etc.
Certains, comme les néo-païens, considèrent la nature maléfique de la sorcellerie comme étant une projection chrétienne. Cependant, le concept de « praticien de la magie » influençant le corps ou l'esprit d'autrui contre son gré était présent au sein de nombreuses cultures avant même l'introduction du monothéisme. En effet, de vieilles traditions de « magie blanche » ou religieuses avaient déjà pour but d'identifier ou de contrer ces praticiens. Beaucoup d'exemples de ce type peuvent être trouvés dans les textes anciens provenant d'Égypte et de Babylone. Dans les cultures où l'on croit que la sorcière a le pouvoir d'influencer le corps ou l'esprit d'autrui, elle apparaît une cause crédible de maladie (chez l'humain ou l'animal), de malchance, de mort soudaine, d'impuissance ou de maux divers dont l'origine paraît inexplicable. Une magie folklorique bénigne et socialement plus acceptable peut alors être utilisée pour remédier au sortilège, ou identifier le sorcier à l'origine du mal afin de s'en défendre ou d'en défaire l'enchantement.
Plusieurs pratiques magiques sont assimilées à la sorcellerie, de telle sorte que les personnes qui les utilisent ont été considérées comme des sorcières ou des sorciers par les Occidentaux, indépendamment de la culture dans laquelle ces pratiques sont en usage. Une des pratiques les plus connues consiste à fabriquer une poupée en argile, en cire ou en chiffons à l'effigie de personnes réelles et les actions qui sont effectuées sur ces poupées sont censées être transférées aux sujets qu'elles représentent (« poupée vaudou » dans le vocabulaire courant, dénommée « dagyde » en occultisme).
La nécromancie, consistant à demander à l'âme d'un mort de révéler l'avenir, est également considérée comme une pratique typique de la sorcellerie. La sorcière biblique d'Endor est censée l'avoir pratiquée en faisant apparaître le spectre de Samuel (ou du diable métamorphosé en Samuel) à Saül. Un « décompteur » est quelqu'un qui prononce des formules magiques pour vaincre un mal.
Les croyances traditionnelles et populaires attribuent aux sorciers et sorcières divers types de pouvoirs (acquis par contrat démoniaque dans la tradition chrétienne et monothéiste plus généralement) : voler dans les airs, tourmenter l'esprit de leurs victimes. Les lutins, dans l'univers des contes, peuvent leur servir d'auxiliaires. Certaines pratiques considérées comme subversives ou abusives et parfois criminelles tombent sous le coup de la loi.
Lettre de rémission de juillet 1457 pour l'exécution faite à Marmande de plusieurs femmes accusées de sorcellerie. Archives nationales JJ//187
Définition de la sorcellerie selon René Guénon
Pour René Guénon, la magie est une technique par laquelle sont manipulées certaines lois naturelles délaissées ou inaccessibles aux savants modernes mais faisant l'objet d'anciennes sciences traditionnelles maintenant oubliées4.
L'auteur insiste sur le caractère naturel des phénomènes en cause et dénonce le qualificatif de « surnaturel » qui leur est souvent fautivement attribué5. Il s’agit, pour le pratiquant, d’exploiter des courants ou des entités psychiques et de les faire agir sur l'élément corporel. Il différencie ce domaine de celui de la théurgie qui bien qu'ayant parfois des effets semblables utilise, elle, des influences spirituelles, divines ou surnaturelles6.
    « Si de nombreux cas de « lévitation » ou de « bilocation », par exemple, peuvent être relevés dans l’histoire des saints, il s’en trouve certainement tout autant dans celle des sorciers ; les apparences (c’est-à-dire précisément les « phénomènes » comme tels, au sens propre et étymologique du mot) sont bien exactement les mêmes dans les uns et dans les autres, mais personne n’en conclura que les causes soient aussi les mêmes7. »
Cette différence de nature entre les forces mises en cause par la magie et la sorcellerie d'un côté et la théurgie de l'autre est illustrée par l'épisode biblique8 et coranique9 de la victoire de Moïse sur les magiciens de Pharaon10.

La sorcellerie et le pape Jean XXII

Jusqu'au XIVe siècle, l'Église s'était montrée conciliante vis-à-vis des sorciers et des sorcières ; elle ne croyait pas à la réalité des phénomènes magiques[réf. nécessaire]. Ce fut Jean XXII qui publia, en août 1326, la bulle super illius specula, assimilant la sorcellerie à l'hérésie11. Une voie que suivirent ses successeurs de Benoît XII à Alexandre V en pérennisant la chasse aux sorcières12. Cependant, les chasses aux sorcières n'atteignirent leur apogée qu'au XVIIe siècle13.
La sorcellerie en Europe
Panneau de signalisation du Chemin Michée-Chauderon à Genève.
La caractérisation européenne de la sorcière ne provient pas d'une source unique. Certaines hypothèses suggèrent que les sorcières étaient simplement des femmes chaman qui ont été progressivement transformées en figures malveillantes par la propagande chrétienne. L'image folklorique de la sorcière provient cependant de nombreuses source, la caractérisation de la sorcellerie ne pouvant se résumer à une caricature de la prêtresse païenne ; elle a évolué au cours du temps et est une combinaison de nombreuses influences.
Dans les premiers temps du christianisme en Europe, la population, habituée à l'usage de la magie dans la vie quotidienne, attendait du clergé une forme supérieure de magie par rapport à l'ancienne magie païenne. Alors que la chrétienté concurrençait le paganisme, ce problème était d'une importance cruciale pour le clergé, qui peu à peu substitua aux pratiques ancestrales le culte des reliques des saints, reprenant ainsi l'usage populaire d'amulettes et de talismans.
La vision européenne traditionnelle de la sorcellerie veut généralement que le sorcier, tel Faust, signe un pacte avec le diable, par lequel il lui vend son âme en échange de pouvoirs surnaturels. Les sorciers et sorcières furent accusés de renier Jésus et les sacrements, de se rendre au sabbat - assemblée nocturne où ils étaient supposés exécuter des rites diaboliques, parodies de messes ou d'offices de l'Église, d'y vénérer le « prince des ténèbres », afin d'obtenir un certain pouvoir.
On peut résumer les nombreuses confessions des interrogatoires de l'Inquisition de la manière suivante : Les sorcières dansent autour du diable appelé Léonard qui éclaire l'assemblée par sa corne du milieu et on vient lui rendre hommage en lui baisant le derrière qui a forme d'un masque ou d'un visage humain14.
Suivant l'universitaire Max Dashu (en), de nombreux éléments de la figure de la sorcière médiévale trouvent leur source avant l'émergence du christianisme. Ceux-ci peuvent être trouvés dans les bacchanales, notamment du temps où ces pratiques étaient menées par la prêtresse Paculla Annia (de 188 av. J.-C. jusqu'en 186 av. J.-C.). Cette thèse est aussi celle de Georgi Mishev15, ainsi que d'Emmanuel d'Hooghvorst, qui précise : « Le Sabbat des sorcières [...] vient du grec Σαβάζιος, un des noms de Bacchus, dont on célébrait au printemps les mystères appelés Σαβάζια. Ce culte originaire de Thrace était très répandu en Gaule sous l'Empire16. » Aujourd'hui encore, en Bulgarie (la Thrace moderne), les sorciers sont appelés baiachki17.
France
Le sorcier du village (assiette en faïence de Sarreguemines, vers 1860).
Après la parution du Malleus Maleficarum (1487), les procès pour sorcellerie se multiplient et ils atteindront un sommet en France entre 1550 et 1650. Nombre de spécialistes de la chasse aux sorcières publient des ouvrages sur la question, tels : Jean Bodin, De la Démonomanie des sorciers (1580); Pierre Le Loyer; Martín Antonio Delrío; Jean de Nynauld; Noël Taillepied et Nicolas Rémy18.
Des voix s'élèvent cependant pour dénoncer cette pratique, tel le médecin Jean Wier, qui dans De Praestigiis daemonum et incantationibus ac venificiis (1563) qui propose de distinguer entre les « magiciens infâmes », réellement coupables de crimes diaboliques, et les sorcières, qui sont la proie d'illusions maladives dues à un dérèglement des « humeurs», en particulier de la bile noire supposée être à l'origine de la mélancolie et « qui infecte le siège de l’esprit », et ce qu'il appelle leur « vertu imaginative», « phantasie » ou « imagination ». Ses arguments seront repris par les opposants à la chasse aux sorcières tels Jodocus Hocker (1569) Johann Ewich (1584), Johann Georg Gödelmann, Cornelius Loos (premier clerc catholique à prendre cette position, 1592), Hermann Witekind (1597) et Friedrich Spee von Langenfeld (1631).
Dès 1640, « le Parlement de Paris devenait le premier corps judiciaire en Europe à ordonner la fin des poursuites pour sorcellerie19. ». Une déclaration de Louis XIV en 1672 rappelle à tous les officiers et à tous les tribunaux l'interdiction de recevoir ou de débattre sur des accusations de sorcellerie20.
Parmi les dernières victimes, on peut citer Anne Duval, veuve Chauffour, vieille paysanne à Bournel. Accusée de leur avoir jeté des sorts par quatre voisines, ces dernières s'emparent d'elle le 12 décembre 1824 avant de la ruer de coups, puis de lui attacher les mains et lui brûler grièvement les deux jambes. Lassées, elles finissent par relâcher leur victime qui parvient à rentrer difficilement chez elle. Sa fille porte plainte le lendemain. Après deux enquêtes de gendarmerie, un procès en assises condamne deux des tortionnaires à 5 ans de réclusion21. En 1850, une histoire similaire se déroule à Camalès : un couple de paysans furent persuadés que Jeanne Bédouret, épouse Larcade, leur voisine de 80 ans, était une sorcière qui leur avait jeté des sorts et était responsable notamment de la maladie de leur fille et de la mort de leur vache. Le 30 avril 1850, ils l'attirèrent chez eux, puis lui brûlèrent grièvement les deux jambes dans un four, avant de la retourner et de l'enfourner par la tête. Ils finirent par relâcher leur victime en la maudissant. Elle se traîna jusque chez elle, put être interrogée par un juge avant de succomber à ses brûlures six jours plus tard. Le procès condamna les époux à 4 mois de prison22.
    Jacques Raymond Brascassat : La sorcière (huile sur toile, 1835, Musée des Augustins de Toulouse).
    Statuette de sorcière (argile, début XXe siècle, collection Daniel Pouget, Le cabinet des curiosités, Chazelles-sur-Lavieu).
    Grilloir à marrons décoratif représentant une sorcière sur son balai partant au sabbat (MUCEM, Marseille).
    Le sorcier de la montagne Laouic-Coz attendant ses consultations [à Saint-Thois] (carte postale Villard, vers 1910).
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Angleterre

The Lancashire Witches, de William Harrison Ainsworth (1848 - 1849)
En Angleterre, l’exercice de la « magie curative » revenait au guérisseur (witch doctor), aussi connu sous les noms de white witch (« sorcière blanche »), cunning man (« savant ») ou encore wise woman (« femme sage »). Le terme de « guérisseur » était déjà utilisé en Angleterre avant de désigner le chaman et le tradi-praticien africains. On ajoutait foi au pouvoir du guérisseur crapuleux (toad doctor) de neutraliser l’action d’autres guérisseurs. D’autres conjureurs populaires avaient leurs propres compétences : le girdle-measurer, dont la spécialité consistait à déceler les maux lancés par les fées, et le charmeur (charmer), qui guérissait les maux plus banals tels la brûlure ou la rage de dent.
    « Dans le nord de l’Angleterre, les superstitions se sont enracinées dans les mœurs avec une force incroyable. Le Lancashire est plein de guérisseurs, toute une ribambelle de charlatans qui prétend soigner des maladies et des maux lancés par le Malin… Ils se font appeler cunning men ; ils sont fort influents dans les comtés de Lincoln et de Nottingham. »
Ces « savants » ne se prétendaient que rarement sorciers, et rejetaient ce genre d’accusation. Certains écrits datant du Moyen Âge, pourtant, suggèrent que les différences entre les sorciers et les guérisseurs, à propos de ces « praticiens », n’étaient pas très claires aux yeux de la population. Ainsi, il apparaît qu’une partie de la population entendait également contacter les sorciers pour des requêtes de guérison comme de divination, bien que ces derniers étaient surtout reconnus pour être consultés par les gens désireux de faire maudire leurs ennemis. De fait, la majeure distinction était que les sorciers étaient bien plus souvent dénoncés aux autorités que les guérisseurs ; lorsque ces derniers étaient poursuivis, c’était généralement pour avoir soustrait de l'argent à leurs clients.
Une des conséquences de cet amalgame entre les différents praticiens de la magie de l’époque est la confusion actuelle à propos de ce qu’ont réellement été les sorciers, en Angleterre. Visaient-ils à blesser ou soigner leurs contemporains ? Quel rôle (éventuellement) tenaient-ils dans leur communauté ? Ces sorciers/guérisseurs peuvent-ils être assimilés aux sorciers et sorcières dont on trouve les traces dans les autres cultures ? Ou même, leur rôle et leur présence n’est-il pas tout simplement né de l’imaginaire des gens ? Dans les certitudes occidentales contemporaines, peu de différences se discernent ainsi entre guérisseurs, charmeurs, cunning men et wise women, astrologues et devins ; ils se retrouvent tous, plus ou moins, affublés des attributs du/de la sorcier(e).
Les sorciers et sorcières européens furent généralement supposés empoisonner les puits, les sources, le bétail et la nourriture, ou de la rendre immangeable, voler dans les airs à l’aide d’un balai, jeter des sorts maléfiques et répandre la peur et le chaos dans les communautés locales.
Explication rationnelle
L'ergot du seigle contient de l'ergotamine, dont un des dérivés est l'acide lysergique (principe actif du LSD). Dans certains cas, la consommation de pain pouvait donner lieu à des hallucinations, qui étaient, au Moyen Âge, attribuées à la sorcellerie. De même, la connaissance des plantes et de diverses pratiques permettait aux "praticiens" de provoquer des états de conscience modifiée chez des personnes en quête d'initiation, d'où des visions, apparitions, etc. dénoncées comme de la sorcellerie. Le pouvoir de la pharmacopée et de certaines pratiques ancestrales peuvent en effet sembler irrationnels.
Monde occidental contemporain
Une cérémonie à Avebury (Beltane 2005).
Depuis le milieu du XXe siècle, la sorcellerie s'est développée en partie grâce à ceux qui pratiquent certaines religions traditionnelles ou néo-traditionnelles. Si ces formes de religion traditionnelle apparaissaient auparavant, dans les cultes de la nature, elles ont pris une dimension nouvelle après les travaux de Margaret Murray, égyptologue anglaise du XXe siècle, qui a écrit sur la possible existence d'une religion traditionnelle prenant sa source en des temps reculés et ayant survécu jusqu'à nos jours, et dont les sorcières regroupées en covens auraient de tout temps été les dépositaires. Si cette hypothèse n'a pas été prouvée, elle a eu une influence sur certains de ses contemporains et a favorisé la mise en place d'une nouvelle religion néo-traditionnelle basée sur d'autres croyances traditionnelles et axé sur la sorcellerie : la Wicca, dont Gerald Gardner est le promoteur. La Wicca est surtout représentée aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada. Il n'existe pas encore de statistiques officielles sur le nombre de Wiccans dans le monde.
Actuellement, certaines superstitions anciennes n'ont plus cours dans le monde moderne. Pourtant, depuis les années 1940, avec le retour des religions traditionnelles et l'arrivée de la Wicca, des personnes en nombre croissant se sont autoproclamées sorciers ou sorcières. Alors que la perception occidentale de la sorcellerie reste encore très négative, les Wiccans et les sorciers dans les autres religion n’y attachent pas de sens particulier, et n’assimilent pas non plus leurs pratiques au satanisme. En fait, la plupart des sorciers souhaitent simplement que leurs contemporains cessent d’assimiler la sorcellerie à des pratiques maléfiques, confinant le terme à une connotation négative. Tout sorcier ou sorcière n'est pas forcément wiccan. Certains sont simplement traditionnalistes d'influence nordique ou celtique, d'autres n'ont pas de religion en particulier.
En 1968, un groupe politique radical composé de femmes s’est fait connaître dans la ville de New York sous le nom de W.I.T.C.H., pour « Women’s International Terrorist Conspiracy From Hell » (la ‘conspiration internationale terroriste des femmes venues de l’enfer’). Ce groupe éphémère n’a pas eu d’impact particulier sur le développement de la sorcellerie, mais a marqué les esprits grâce à sa dénomination originale. Le tout dernier symbole des sorcières est bien sûr Halloween, le 31 octobre, bien que l'origine soit traditionnaliste et se nomme Samhain, qui a lieu le 1er novembre. Ce n’est pas une coïncidence si les deux fêtes ont souvent tendance à être associées ; l’association des sorcières à Halloween pourrait provenir d’une tentative de dénigrement, de la part de l’Église, de cette ancienne fête celtique célébrant la dernière récolte.
Le phénomène des sorcières s’est une nouvelle fois répandu, durant les dernières décennies, mais cette fois comme icônes plus ou moins sympathiques d’une culture populaire globalisée. Les films comme Dangereuse Alliance (The Craft), Les Ensorceleuses (Practical Magic) et Le Projet Blair Witch 2 (la suite de Le Projet Blair Witch) ainsi que les séries télévisées Ma sorcière bien-aimée (Bewitched) ; Charmed ; Sabrina, l'apprentie sorcière (Sabrina the Teenage Witch) et parfois Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer) et X-Files : Aux frontières du réel (The X-Files) ont porté à l’écran et popularisé des enfants et jeunes sorcier(e)s. Tous ces stéréotypes ‘grand public’ n’ont cependant que peu de liens avec la vraie sorcellerie ni avec la perception chrétienne de la sorcellerie.
Une œuvre littéraire décrivant bien, de par sa puissance évocatrice et poétique, l'univers magique de la sorcellerie moderne dans le monde occidental contemporain, en reprenant la légende de Faust, est Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.
Revalorisation de la pensée magique au XXe siècle
Le psychanalyste Carl Gustav Jung a proposé le concept d'archétypes dans l'inconscient humain, figures ancestrales de l'inconscient collectif, qui émergent notamment au contact de personnes ayant un profil psychique particulier; la figure des sorciers et sorcières, ou du génie malfaisant, est complémentaire du professeur/génie bienfaisant, et met en lumière non pas la personnalité propre de l'individu identifié, mais celle du sujet en proie aux figures archétypales de son inconscient, invoquées par le biais de rituels.
Le mode de connaissance magique, en concurrence avec la pensée véhiculée par les religions monothéistes en Europe et dans les pays anglophones, a été par elles largement dévalorisée. Ainsi Hegel, qui ne voyait dans ce type de rapport au monde qu'un ensemble de superstitions. L'anthropologue Claude Lévi-Strauss a mis en lumière la richesse et la finesse des sociétés dont la culture est essentiellement magico-religieuse, par exemple dans leurs connaissances en botanique, et leur connaissance du vivant en général.
Dans les années 1960, Carlos Castaneda, étudiant en anthropologie dans une université californienne, partit étudier les plantes médicinales au Mexique. Son expérience, relatée dans de nombreux ouvrages, est un témoignage sur la confrontation entre ces deux modes de pensée, celle, analytique, de "l'Occident" et ses corpus universitaires, et celle, discursive, d'un type de pensée magique. Échappant par définition aux taxonomies occidentales, cette pensée implique une participation active, voire ascétique, de l'initié, qui ne donne ses fruits qu'après de longues années.
Pierre Verger partit s'initier au Brésil, à Bahia, aux rites d'origine yoruba du candomble, poursuivit par des voyages en Afrique cette expérience initiatique. Ce type d'initiation a été perçu comme une "renaissance" par Verger ainsi que par d'autres occidentaux, initiés par la suite aux rites chamaniques et magiques de ces cultures, souvent caractérisées par l'absence de culture écrite, et résistant aux concepts occidentaux de "civilisation".
On peut ainsi conjecturer que la connotation négative du mot "sorcier" prend ses racines dans une défiguration archétypale - caricaturale - d'un mode de pensée et d'action différent de la doxa officielle. L'arbitraire des "chasses aux sorcières" en est une illustration éclairante.
Des croyances anciennes
Comme le montrent certains textes antiques, la sorcellerie a joué un rôle aussi bien dans l’Égypte ancienne qu'en Mésopotamie, comme à Babylone. Cet extrait du Code de Hammurabi (environ 2000 av. J.-C.) : "si un homme en accuse un autre de sorcellerie, sans justification, celui qui est accusé doit aller à la Rivière Sainte ; Il doit plonger dedans, et si la Rivière Sainte le vainc, l’accusateur pourra prendre la maison du sorcier pour sienne" en témoigne.
Tanakh
Dans le Tanakh, c'est-à-dire la bible hébraïque (Ancien Testament), les références à la sorcellerie sont nombreuses ; les fermes condamnation de la pratique n’y sont pas tant basées sur la suspicion de supercherie, mais bien sur la notion que la magie en elle-même est une pratique abominable. (cf. Deutéronome 18:10–11 « Qu'on ne trouve chez toi personne (…) qui exerce le métier de devin, d'astrologue, d'augure, de magicien, d'enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. », Exode 22:17, « Tu ne laisseras point vivre la magicienne. »).
Le récit de Saul rendant visite au sorcier de En Dor (I Samuel 28) nous montre qu’il croit fermement en l’évocation, par le sorcier, de l’ombre de Samuel. Enfin, d’après le Lévitique 20:27, « Si un homme ou une femme ont en eux l'esprit d'un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort ; on les lapidera : leur sang retombera sur eux. »
Nouveau Testament
L’interdiction de la sorcellerie dans le Nouveau Testament semble similaire (Épître aux Galates 5:20, comparé à Apocalypse 21:8, 22:15 et Actes des Apôtres 8:9, 13:6).
À supposer que la croyance en la sorcellerie relevait de la superstition populaire, il est étrange de ne rien trouver suggérant que l’aspect maléfique de ces pratiques ne reposait que sur le fait de prétendre être en possession de pouvoirs qui n’existent pas.
Quelques interrogations s’élèvent de nos jours, quant à savoir si le mot pharmakeia, utilisé dans l'Épître aux Galates, trouve une traduction juste avec le terme « sorcellerie ». En effet, ce terme était communément utilisé pour parler de l'usage maléfique de drogues comme les poisons, les contraceptifs ou les substances permettant d'interrompre les grossesses.
Judaïsme
Les juifs ont souvent été perçus comme sorciers dans l'Europe du Moyen Âge, et persécutés à ce titre durant les siècles de chasse aux sorcières. Mais la grande majorité d'entre eux, perçoivent la pratique de la sorcellerie comme une forme d'idolâtrie, et donc une offense au judaïsme et à son Dieu. Cependant, un petit groupe de juifs orthodoxes, qui étudient la Kabbale, croit en la magie. Dans la pratique, les rituels sont très différents de la sorcellerie « traditionnelle », mais le fondement (utiliser des forces surnaturelles pour influer sur le monde physique) reste identique. Depuis le siècle des Lumières, la plupart des juifs ont cessé de croire en la Kabbale, et considèrent ces pratiques comme ridicules.
Certains néopaïens pratiquent une forme de magie, syncrétisme du mysticisme juif classique et de sorcellerie moderne. Une référence notable de ce sujet est le livre d'Ellen Cannon Reed : The Witches Qabala: The Pagan Pat hand the Tree of Life. Ce livre ainsi que le Zohar ont été une source d'inspiration pour plusieurs sectes, par exemple le centre de la Kabbale.
Islam
L’islam reconnaît la réalité de la magie ou sorcellerie (Sihr), de la voyance, de la divination et de l’astrologie qu’il interdit formellement (Coran, 2 : 102). Il les juge maléfiques. Les sorciers et les devins sont accusés de renier Dieu, nier son unicité (tawhid) et ses attributs, ces pratiques sont considérées comme des pêchés majeurs relevant de l’associationnisme (shirk) et de la mécréance (kûfr).
La pratique en elle-même est semblable à celle en usage dans d’autres cultures. Elle s’apparente à des rites occultes et sataniques, elle consiste en des offrandes et des sacrifices d’animaux destinés au démon, à l’utilisation d’amulettes protectrices, de pentagrammes et d’incantations inintelligibles. Le sorcier se mettant sous l’égide du diable et des démons, fait appel à des forces du monde de l‘invisible (Alam al ghayb) tels que les mauvais génies afin de lancer ses sortilèges jusqu'à semer la désunion entre l'homme et son épouse.
« Or, il y avait des mâles parmi les humains qui cherchaient protection auprès des mâles parmi les djinns mais cela ne fit qu’accroître leur détresse. » (Coran, 72 : 6)
Ces sorts qui sont accusés de causer de graves troubles d’ordre psychologique, psychique, physique, relationnel et émotionnel ne peuvent être annulés qu'à l'aide d'une ruqya (lecture du Coran) tel que le recommandent la sunna et le Coran.
« Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Cependant, cela ne fait qu’accroître la perdition des injustes. » (Coran, 17 : 82).
De nos jours, ces pratiques subsistent encore principalement en raison de rituels antéislamiques qui imprègnent encore certaines croyances.
Il existe des pratiques islamiques d'exorcisme par le biais de la Ruqiya.
Sorcellerie africaine
Le continent africain connaît un large éventail de pratiques et de représentations de sorcelleries. Le terme de guérisseur, souvent proposé pour traduire différents termes vernaculaires tels que inyanga, nganga, tradipraticien, etc., fait souvent l'objet de surinterprétation pour devenir « celui qui soigne en ayant recours à la magie », loin de son sens strict de « celui qui diagnostique et soigne les maux causés par la magie ». Les combinaisons de représentations et de pratiques diffusées par l’Église catholique romaine et des traditions et pratiques religieuses ouest-africaines ont directement contribué à l’émergence de certaines formes de syncrétisme religieux que l’on remarque en Amérique latine, avec des pratiques, entre autres, comme le Vaudou, l’Obeah, le Candomblé ou la Santeria.
Dans les traditions sud-africaines, il y a trois types de personnes qui pratiquent la magie. La thakatha est habituellement traduit comme la « sorcière », et est considérée comme un personnage malveillant qui pratique secrètement afin de nuire à autrui. Le sangoma est un devin, parfois un diseur de bonne aventure, dont les services sont requis pour détecter la maladie, prédire l'avenir, voire identifier le coupable d’un méfait. Il a également quelques notions de médecine. Enfin, l'inyanga est souvent traduit par le terme guérisseur (bien que de nombreux Sud-Africains remettent en cause cette traduction, puisqu’elle perpétue l'idée erronée d’un guérisseur recourant à la magie). La tâche de l'inyanga est de conjurer le mauvais sort et de fournir à ses clients les gris-gris nécessaires. Parmi ces trois personnages, la thakatha et le sangoma sont habituellement une femme, tandis que l'inyanga est presque toujours un homme.
L'origine des pouvoirs magiques (1929)
Marcel Mauss théorise que le sorcier le plus redouté est l'étranger, celui d'au-delà des montagnes. « Les peuples soumis par la force, sans espoir raisonnable de reconquérir leur liberté, en proie aux violences coloniales et aux pertes démographiques induites par les épidémies et les endémies introduite, en particulier à partir des garnisons coloniales (blennoragie), cherchent en eux-mêmes une cause à leurs maux et la trouvent dans l'apparition de sorciers imaginaires échappant aux contrôles et aux équilibres de la société ancienne » (Jean Guiart, 2001ː80).
Répression
De nombreux pays, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, punissent de nos jours les pratiques de sorcelleries notamment pour certains par la peine de mort.
Par exemple, au Cameroun, l'article 251 du Code Pénal réprime les pratiques de sorcellerie en ces termes :
« Est puni d'un emprisonnement de deux à dix ans et d'une amende de 5 000 à 100 000 francs celui qui se livre à des pratiques de sorcellerie, magie ou divination susceptibles de troubler l'ordre ou la tranquillité publique, ou de porter atteinte aux personnes, aux biens ou à la fortune d'autrui même sous forme de rétribution. »
Notes et références
Le mot Sorcier, du latin Sorcerius Gloses de Reichnau IXe siècle ou du bas lat populaire Sortiarius, prement diseur de sorts. Sorcellerie apparaît en français pour la première fois au XIIIe siècle dans la Chanson d'Antioche. Albert Dauzat, Dictionnaireétymologique du français, Paris, Larousse.
« Racines et Traditions en Pays d'Europe » [archive], sur racines.traditions.free.fr (consulté le 6 octobre 2019)
Denieul Cormier Anne, <<Le >>Sorcier assassiné Texte imprimé jeteurs de sort d'hier, chamans et chercheurs d'aujourd'hui, Perrin, 1981 (OCLC 1009403100, lire en ligne [archive])
« ... elle est bien [la magie], elle aussi, une science expérimentale, quoique assez différente, assurément, de celles que l’enseignement universitaire connaît sous cette dénomination. », R. Guénon 1946, p. 19, lire en ligne [archive]
R. Guénon 1923, p. 94, Lire en ligne [archive]
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Exode, 7, 8, 9. lire en ligne [archive], consulté le 8 juillet 2014
Sourate 26,As-Shuaraa (Les poètes), lire en ligne [archive], consulté le 8 juillet 2004
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Alain Boureau, « Satan hérétique : l’institution judiciaire de la démonologie sous Jean XXII », Médiévales, n° 44, Paris, PUV, printemps 2003, p. 17-46, lire en ligne [archive]
La sorcellerie à Douai : Mélanges de sciences religieuses, revue trimestrielle XXIXe année - Juin 1972 - Lille, Facultés catholiques, bd Vauban, p.123.
Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge, Seuil, collection Points Histoire, p. 102
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(en) G. Mishev, Thracian Magic : Past & Present, Londres, Avalonia, 2012, 336 p. (ISBN 978-1-905297-48-1)
Emmanuel d'Hooghvorst, Le Fil de Pénélope, tome I, Paris, Table d'Émeraude, 1996, 358 p. (ISBN 978-2-903965-41-9), p. 178
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    « Cour d'assises des Hautes-Pyrénées », Le Droit : journal des tribunaux, vol. 15, no 142,‎ 16 juin 1850 (lire en ligne [archive])
projets Wikimedia :
    Sorcellerie, sur Wikimedia Commons
    sorcellerie, sur le Wiktionnaire
Sources primaires
    Jean Bodin, De la démonomanie des sorciers, Paris, Jacques du Puys, 1580, 613 p. (lire en ligne [archive]).
Bibliographie
Ouvrages anciens
    Walter Scott, Histoire de la démonologie et de la sorcellerie, dans les Œuvres de Walter Scott, traduit par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret, Paris : Furne, Charles Gosselin, Perrotin, 1836, vol.25, pp.225-505 [1] [archive]
    Jules Michelet, La Sorcière, Paris, Louis Hachette, 1862.
Études
Sur l'Europe
    Colette Arnould (préf. Lucien Jerphagnon), Histoire de la sorcellerie, Paris, Tallandier, coll. « Texto : le goût de l'histoire », 2009 (1re éd. 1992, Tallandier, coll. « Approches »), 494 p. (ISBN 978-2-84734-565-0, présentation en ligne [archive]).
    Julio Caro Baroja (trad. Marie-Amélie Sarrailh), Les sorcières et leur monde [« Las brujas y su mundo »], Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1985 (1re éd. 1972), 304 p. (ISBN 2-07-028201-5, présentation en ligne [archive]), [présentation en ligne [archive]].
    Guy Bechtel, La sorcière et l'Occident : la destruction de la sorcellerie en Europe des origines aux grands bûchers, Paris, Plon, coll. « Le doigt de dieu », 1997, 732 p. (ISBN 2-259-18603-3, présentation en ligne [archive]).
    Réédition : Guy Bechtel, La sorcière et l'Occident : la destruction de la sorcellerie en Europe des origines aux grands bûchers, Paris, Pocket, coll. « Agora » (no 218), 2000, 941 p. (ISBN 2-266-09573-0).
    Dominique Camus, Pouvoirs sorciers. Enquête sur les pratiques actuelles de sorcellerie, préface de Louis-Vincent Thomas, Paris, Imago, 288 p. (ISBN 2-902702-45-0)
    Norman Cohn (trad. Sylvie Laroche et Maurice Angeno), Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen Âge : fantasmes et réalités [« Europe's inner demons »], Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », 1982, 317 p. (présentation en ligne [archive]), [présentation en ligne [archive]].
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    Nicole Jacques-Chaquin (dir.) et Maxime Préaud (dir.), Le sabbat des sorciers en Europe (XVe-XVIIIe siècles) : colloque international ENS Fontenay-Saint-Cloud, 4-7 novembre 1992, Grenoble, Jérôme Millon, 1993, 442 p. (ISBN 2-905614-85-4).
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    Martine Ostorero, « Folâtrer avec les démons » : sabbat et chasse aux sorciers à Vevey (1448), Lausanne, Université de Lausanne, coll. « Cahiers lausannois d'histoire médiévale » (no 47), 2008, 2e éd. (1re éd. 1995), XV-323 p. (ISBN 978-2-940110-61-2 et 2-940110-61-1, présentation en ligne [archive]).
    Christine Planté (dir.), Sorcières et sorcelleries, Lyon, Presses universitaires de Lyon, coll. « Cahiers masculin-féminin », 2002, 139 p. (ISBN 2-7297-0698-4, présentation en ligne [archive]).
    Michel Porret, L'ombre du diable. Michée Chauderon, dernière sorcière exécutée à Genève, Genève, Georg (1re. éd 2009), mai 2019, 298 p. (ISBN 978-28257-1090-6)
    Jean-Michel Sallmann, Les Sorcières fiancées de Satan, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Culture et société » (no 57), 1989, 192 p. (ISBN 2-07-053077-9, présentation en ligne [archive]).
    Robert Léon Wagner, « Sorcier » et « magicien », contribution à l'histoire du vocabulaire de la magie, Paris, E. Droz, 1939, 293 p.
    Maxime Préaud (dir.) et Bibliothèque nationale de France (préf. Étienne Dennery année=1973), Les Sorcières (catalogue d'exposition, Paris, 16 janvier-20 avril 1973)

les Amériques
    Le vaudou haïtien, Alfred Métraux, Gallmard, 1958.
    Carlos Castaneda (trad. de l'anglais par Marcel Kahn, postface Jean Monod), Voir : Les Enseignements d'un sorcier yaqui [«  A Separate Reality : Further Conversations with Don Juan »], Paris, éd. Gallimard, coll. « Témoins », 1973, 264 p., 22 cm (notice BnF no FRBNF35302933).
Sur l'Afrique
    Sorcellerie, oracles et magie chez les Azandé, Edward E. Evans-Pritchard, Gallimard, 1937.
    Les yeux de ma chèvre, Éric de Rosny, Plon 1981.
    La mangeuse d'âmes. Sorcellerie et famille en Afrique, Suzanne Lallemand, L'Harmattan, 1988.
    Sorcellerie et politique en Afrique. La viande des autres, Peter Geschiere, Karthala, 1995.
    Possession et chamanisme, les maîtres du désordre, Bertrand Hell, Flammarion, 1999.
    Justice et sorcellerie, Éric de Rosny, Karthala, 2005.
    Kinshasa. Récits de la ville invisible, Filip de Boeck, La renaissance du livre, 2005.
    Roi sorcier, mère sorcière. Parenté, politique et sorcellerie en Afrique noire, Alfred Adler, Éditions du Félin, 2006.
    Les voleurs de sexe. Anthropologie d'une rumeur africaine, Julien Bonhomme, Seuil, 2009.
    Zombies et frontières à l'ère néolibérale. Le cas de l'Afrique du Sud post-apartheid, Jean et John L. Comaroff, Les prairies ordinaires, 2010.
    Sorcellerie et violence en Afrique, Jacky Bouju et Bruno Martinelli, Karthala, 2012.
Sur l'Asie
    Indonésie, la démocratie invisible, Romain Bertrand, Karthala, 2002.
Sur l'Océanie
    Le Sabbat des lucioles. Sorcellerie, chamanisme et imaginaire cannibale en Nouvelle-Guinée, Pierre Lemonnier, Stock, 2006.
Études littéraires
    Michel Meurger, « Gravissons le Brocken ensemble : le thème sorcellaire dans la littérature germanophone de Grimmelshausen à Strobl », Le Visage Vert, Paris, Zulma, no 16,‎ juin 2009, p. 139-188.
Essais ésotériques
    René Guénon, L'Erreur spirite, Paris, Éditions Traditionnelles, 1952 (réimpr. 1923, 1930, 1952 (2e), 1 novembre 1971, 1973, 1977, 1981, 1984, 1991, 1 juillet 2013) (1re éd. 1923), 406 p. (ISBN 2-7138-0059-5, lire en ligne [archive])
    René Guénon, Aperçus sur l'initiation, Paris, Éditions Études Traditionnelles, 1964 (réimpr. 1953 (2e), 1964, 1970, 1972, 1973, 1975,1980, 1983, 1985, 1986, 1992, 1996.) (1re éd. 1946), 302 p. (ISBN 2-7138-0064-1, lire en ligne [archive])
Articles connexes
    Anton Praetorius
    Anthropologie religieuse
    Aradia, or the Gospel of the Witches (1899)
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Liens externes
    Georges Dubosc (1854-1927) : La Sorcellerie normande (1922).
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« L’islam est la religion de l’Etat »… Telle une litanie, on retrouve cette expression dans toutes les Constitutions des pays arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Irak, Jordanie, Yémen, Oman, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït) et en Iran. En Arabie Saoudite où il n’existe pas de Constitution, la religion musulmane est la seule autorisée. Ensuite s’ajoute la référence à la sharî’a et la façon dont les lois doivent s’en inspirer. Le principe d’égalité est affiché dans toutes les Constitutions des Etats arabes, sous des formes variant d’un texte à l’autre. Dans les faits, la reconnaissance des minorités religieuses se fait dans le cadre de l’héritage de la dhimmitude. L’autonomie du statut personnel des non-musulmans, assurée dans toutes les Constitutions, trouve sa source dans la sharî’a. Quant aux sectes issues de l’islam, elles ne sont tout simplement pas reconnues.
Bibliographie
« Laïcité(s) en France et en Turquie », Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien (CEMOTI), 19, 1995.
Les Constitutions des pays arabes. Actes du colloque organisé en 1998 à Beyrouth par le Centre d’études des droits des pays arabes (CEDROMA) de l’Université Saint-Josep, Bruxelles, Bruylant, 1999.
Al-Hakîm Jacques, « Syrie : constitution de la République arabe syrienne », dans Éric Canal-Forgues (dir.), Recueil des Constitutions des pays arabes, Bruxelles, Bruylant, 2000, p. 203-208.
Amor Abdelfattah, « La place de l’Islam dans les constitutions des États arabes : modèle théorique et réalité juridique », dans Gérard Conac et Abdelfattah Amor (dir.), Islam et droits de l’homme, Economica, Paris, 1994, p. 13-27.
Ben Jémia Monia, « Non-discrimination religieuse et Code du statut personnel tunisien », dans Hervé Bleuchot et François-Paul Blanc (dir.), Revue franco-maghrébine de droit, 15, 2007, p. 199-216.
Bernard-Maugiron Nathalie et Bras Jean-Philippe, La Charia, Paris, Dalloz, 2015.
Bernard-Maugiron Nathalie, La Haute Cour constitutionnelle égyptienne et la protection des droits fondamentaux, thèse de droit, Université Paris-Nanterre, 1999.
Botiveau Bernard, Loi islamique et droit dans les sociétés arabes. Mutations des systèmes juridiques du Moyen-Orient, Paris, Karthala-IREMAM, 1993.
Boustany Katia, « Minorités et organisation institutionnelle au Liban : architecture de l’État et dispositifs juridiques », dans Nicolas Levrat (dir.), Minorités et organisation de l’État. Textes présentés au quatrième colloque international du Centre international de la common law en français, Bruxelles, Bruylant, 1998, p. 389-411.
Digard Jean-Pierre, Hourcade Bernard et Richard Yann, L’Iran au XXe siècle. Entre nationalisme et mondialisation, Paris, Fayard, 2007.
Dumont Paul, Mustafa Kemal invente la Turquie moderne, Bruxelles, Complexe, 2006.
Gannagé Pierre, Le Pluralisme : droit libanais et droits proche-orientaux, Presses de l’Université Saint-Joseph, Beyrouth, 2001.
Georges Naël, « Minorités et libertés religieuses dans les Constitutions des États de l’Orient arabe », Égypte/Monde arabe, 10, 2013.
Luizard Pierre-Jean (dir.), Le Choc colonial et l’islam. La politique religieuse des puissances coloniales en terres d’islam, Paris, La Découverte, 2006.
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Vaner Semih (dir.), Modernisation autoritaire en Turquie et en Iran, Paris, L’Harmattan, 1991.
Zarcone Thierry, La Turquie moderne et l’islam, Paris, Flammarion, 2004.
Introduction générale
Allocution d’ouverture : Alain Dieckhoff, directeur du CERI, Sciences Po
Antonio Spadaro, La Civiltà Cattolica
The diplomacy of mercy
François Mabille, FIUC/GSRL
Une géopolitique de la pastorale : le Saint-Siège en action
Une nouvelle diplomatie en Amérique latine ?
Présidence : Christian Lequesne, Sciences Po-CERI
Gianni La Bella, Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia
Le pape François et la paix en Amérique latine
Janette Habel, IHEAL, Université Paris 3
Les relations entre La Havane et le Saint Siège : la singularité cubaine
 Le Saint Siège, les catholiques et la Chine
Présidence: Pierre Haski, L’Obs
Benoît Vermander, Université Fudan, Shanghai
L’Eglise catholique chinoise et la diplomatie du Pape François
Pierre Morel, ancien ambassadeur de France près le Saint-Siège et en Chine, Observatoire Pharos
La relation entre Pékin et le Saint Siège : négocier sans reconnaître
 moyen-Orient et les chrétiens d'Orient
Présidence : Jean-Marie Guénois, Le Figaro

Joseph Yacoub, Université catholique de Lyon
Le Saint-Siège et les chrétiens d’Orient : le pape François, continuité et innovation

Jean Guéguinou, ancien ambassadeur de France près le Saint-Siège, ancien consul général à Jérusalem
Le Moyen Orient : un dossier diplomatique primordial pour le Saint-Siège
      Quelques questions multilatérales
Présidence : Guillaume Devin, Sciences Po-CERI
Gerard Powers, Kroc Institute for International Peace Studies, Keough School of Global Affairs, University of Notre Dame
The Holy See and nuclear disarmament
Rafael Luciani, Boston College / CELAM
Pope Francis' Pastoral Geopolitics of Peoples and Cultures
      Philippe Portier, GSRL/EPHE
Responsables scientifiques : Alain Dieckhoff (Sciences Po-CERI/CNRS), François Mabille (FIUC/GSRL), Frédéric Martel (ZHdK University, Zurich)


Monde arabe

Critère linguistique

L'expression de monde arabe (arabe : العالم العربي, al-ʿālam al-ʿarabī ou الوطن العربي al-wațan al-ʿarabī) désigne un ensemble de pays couvrant l'Arabie (Péninsule arabique), l'Afrique du Nord et le Proche-Orient, ayant en commun la langue arabe et une culture arabe. Bien qu'assez largement utilisé, ce terme ne renvoie pas à une liste définie de pays, et à la différence de la Ligue arabe par exemple, elle n'est pas une entité politique formelle. On peut néanmoins considérer plusieurs critères1 pour rattacher un État au monde arabe : l'importance de la langue arabe (critère linguistique), sa localisation (critère géographique) ou enfin l'appartenance à la Ligue arabe (critère politique).
Extension géographique de la langue arabe contemporaine :
  • Comme seule langue officielle (vert),
  • Comme langue co-officielle majoritaire2 (bleu foncé),
  • Comme langue co-officielle minoritaire3 (bleu-ciel).
  • .

Le monde arabe englobe les pays ayant comme langue officielle (ou co-officielle) la langue arabe.

Selon ce critère, le monde arabe correspond globalement à vingt-trois États, de la république islamique deMauritanie à l'ouest, au sultanat d'Oman à l'est dont l'Arabe porte également le statut de langue officielle. La diffusion de la langue arabe est due en majeure partie à l'expansion de l'islam à partir de l'Arabie au VIIe siècle.

Toutefois, la linguistique distingue différents registres de la langue arabe. La diglossie oppose langue littéraire et langues vernaculaires. Il existe des langues vernaculaires orales, différentes l’une de l'autre dans chaque région, et influencées par l’arabe standard sont appelées arabe dialectal, les substrats, superstrats et emprunts différant selon les régions. Ces langues vernaculaires sont utilisées majoritairement au quotidien par les arabophones.

Critère géographique

Les pays du monde arabe sont généralement regroupés par les géographes en cinq espaces régionaux4 :

Ces ensembles sont parfois regroupés en deux espaces régionaux, sans les pays de la Corne de l'Afrique4 :

Critère politique

Article détaillé : Ligue arabe.

Liste des membres de la ligue arabe :

  • Drapeau de l'Algérie Algérie (الجزائر al-Jazāʾir)
  • Drapeau de Bahreïn Bahreïn (البحرين al-Baḥrayn)
  • Drapeau des Comores Comores (جزر القمر Juzur al-Qamar)
  • Drapeau de Djibouti Djibouti (جيبوتي Djībūtī )
  • Drapeau de l'Égypte Égypte (مصر Miṣr)
  • Drapeau de l'Irak Iraq (العراق al-ʿIrāq)
  • Drapeau de la Jordanie Jordanie (الأردن al-ʾUrdun)
  • Drapeau du Koweït Koweït (الكويت al-Kuwayt)
  • Drapeau du Liban Liban (لبنان Lubnān)
  • Drapeau de la Libye Libye (ليبيا Lībyā)
  • Drapeau de la Mauritanie Mauritanie (موريتانيا Mōrītānyā)
  • Drapeau du Maroc Maroc (المغرب al-Maġrib)
  • Drapeau d'Oman Oman (عمان ʿUmān)
  • Drapeau de la Palestine Palestine (فلسطين Falastyn)
  • Drapeau du Qatar Qatar (قطر Qaṭar)
  • Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite (المملكة العربية السعودية al-Mamlakah al-ʿArabiyyah as-Saʿūdiyyah)
  • Drapeau de la Somalie Somalie (الصومال aṣ-Ṣūmāl)
  • Drapeau du Soudan Soudan (السودان as-Sūdān)
  • Drapeau de la Syrie Syrie (سوريا Sūryā)
  • Drapeau de la Tunisie Tunisie (تونس Tūnis)
  • Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis (الإمارات العربيّة المتّحدة al-ʾImārāt al-ʿArabiyyah al-Muttaḥidah)
  • Drapeau du Yémen Yémen (اليمن al-Yaman)
Carte des pays de la Ligue arabe

Vingt-deux pays arabes, rassemblant 20 % des musulmans[réf. souhaitée] sont représentés au sein de la Ligue arabe, Un organisme politique dont le siège est au Caire5.

La simultanéité des révoltes du « Printemps arabe » peuvent s'expliquer par les régimes politiques du monde arabe : monarchies (Maroc, Jordanie, plusieurs États de la péninsule arabique) ou républiques (dont deux en Syrie et en Libye ont un régime à parti unique) sont caractérisées par une opposition muselée et une forte répression, une économie dans les mains de clans restreints proches du pouvoir, une corruption élevée (voir carte du monde de l'indice de perception de la corruption), une jeunesse nombreuse (les moins de quinze ans représentent le quart de la population totale), éduquée et diplômée (taux d'alphabétisationtaux de chômage moyen de 23 % pour les 15-25 ans) car le monde du travail est fermé. Cette jeunesse du monde arabe, demandeuse de libertés car ayant le sentiment d'être méprisée par les élites politiques ou économiques, a en commun dans tous les pays de retrouver sa dignité lors des révoltes en 20116. supérieur à 80 % dans certains pays) mais fortement touchée par le chômage de longue durée (

De plus, sur le plan politique, la notion de « monde arabe » est fortement contestée par les nationalistes arabes qui lui préfèrent le terme de « nation arabe ». Selon eux, ce terme exprimerait l'idée que les Arabes forment une nation unie contrairement terme de « monde arabe ». Ainsi l'intellectuel palestinien, Naji Alloush explique que « le terme de « nation arabe » signifie que la nation est une et que l’unité arabe est inéluctablement en devenir. En revanche, l’expression « monde arabe » est un terme colonial d’origine britannique. Il sous-entend que la nation arabe peut-être sujette à l’unité comme à la division. Il signifie également que cette nation arabe est plus proche et davantage prédisposée à la division »7. Né à la fin du XIXe siècle, le nationalisme arabe tend à s'amoindrir.

Difficultés de définition

Trois pays africains de la ligue arabe : la Somalie, le Djibouti et les Comores, se trouvent en dehors de l'aire arabophone, l'arabe a un statut de langue co-officielle et religieuse. En effet, le Djibouti ne compte qu'une petite minorité d'arabophones natives et les Comores aucune8 et les seules populations qui se déclarent « arabes » dans ces trois pays vivent dans les grandes villes et sont principalement commerçantes.

Dans les autres États subsahariens, non-membres de la ligue arabe, l'arabe est une des « langues de travail » en Érythrée. Au Tchad, un pays plurilingue et officiellement bilingue, l'arabe est une langue officielle de seconde ordre, l'arabe tchadien et avec le Sara Ngambay, la langue natale la plus parlée (environs 10 %), toutefois la moitié de la population l'utilise comme une langue véhiculaire

Démographie

En 2020, la population totale du monde arabe est d'environ 429 045 620 d'habitants (voir Ligue arabe#Tableau comparatif). Le pays arabe le plus peuplé est l'Égypte avec 100 millions d'habitants.

Dans plusieurs pays arabes, après avoir largement diminué durant les années 90 conformément à latransition démographique attendue, les taux de fécondité sont repartis à la hausse (Égypte et Algérie) ou ont cessé de baisser et stagnent (Maroc, Tunisie, Syrie, Jordanie) sans que cela ne puisse être clairement expliqué 9,10,11. Parmi les explications avancées, les observateurs citent la stagnation de l’accès à l’éducation des femmes, la crise économique, le manque d’emploi, de grandes difficultés des couples pour trouver des logements ainsi qu'un rôle de la part des islamistes9. Selon Françoise de Bel-air, cette reprise de la fécondité pourrait être également liée à une reprise des mariages aux âges jeunes et à une stabilisation des niveaux de contraception9. Les raisons sont cependant discutées et seraient différentes d'un pays à l'autre11. En Égypte et en Jordanie, c’est la fécondité des plus éduquées qui augmente le plus et la hausse de la fécondité semble être donc plutôt choisie et ne pas être liée à l'absence d'accès à la contraception9. Au Liban, en Palestine et dans les pays du Golfe la fécondité continue par contre de baisser9.




Villes du monde arabe

Classement des dix plus grandes villes du monde arabe
Classement Villes Pays Population
1 Le Caire Drapeau de l'Égypte Égypte 22 969 528
2 Bagdad Drapeau de l'Irak Irak 13 034 225
3 Alger Drapeau de l'Algérie Algérie 7 796 923
4 Khartoum Drapeau du Soudan Soudan 7 221 323
5 Riyad Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 6 152 180
6 Amman Drapeau de la Jordanie Jordanie 6 101 172
7 Dubaï Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis 5 429 549
8 Alexandrie Drapeau de l'Égypte Égypte 4 984 387
9 Gizeh Drapeau de l'Égypte Égypte 3 628 062
10 Casablanca Drapeau du Maroc Maroc 3 359 818

Mouvements de population

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Minorités ethniques

Dans plusieurs pays arabes vivent des minorités ethniques et religieuses. Les communautés non arabes sont largement arabisées, mais continuent de revendiquer leur spécificité et leur identité. Parmi elles, on compte les Berbérophones en Afrique du Nord, les Kurdes et les Arméniens au Machrek12, ainsi que les Doms. La cohabitation avec la majorité arabe est globalement pacifique. Mais le triomphe des régimes nationalistes13. après les indépendances et la construction des nations arabes modernes ont conduit à des conflits internes dans certains pays

Au Maghreb, les berbérophones sont estimés aujourd'hui à plus de 30 % de la population du Maroc (Chleuhs, Amazighes et Rifains) et à plus de 20 % de la population de l’Algérie (principalement Kabyles et Chaouis)12.

En Algérie, à la suite des revendications berbères, un Haut Commissariat à l'Amazighité existe depuis 1995. Le tamazight est une langue nationale depuis 2002 et officielle depuis 2016. Au Maroc, il est une langue officielle depuis 201112. En Algérie, il n’existe pas de formation formée autour des communautés berbérophones, les partis dit « kabyle » comme leRCD et FFS, militent parfois pour les revendications berbères, mais ne sont pas des partis communautaires. Toutefois, les revendications sont accompagnées du refus de l’ arabisme et l’islamisme13. Les Touaregs qui font partie de l’ensemble linguistique berbère, sont présents au Sud de deux États : l’Algérie et laLibye ; en plus des États voisins, du Sahel où ils sont à l’origine de nombreuses rébellions 14.

Au Moyen-Orient, les Kurdes vivent dans deux pays arabes : l’Irak et la Syrie. Les communautés de ces deux pays sont souvent scolarisées en langue arabe qui constitue leur langue de travail et de culture, même s'ils préservent la langue et les traditions ethniques15. L'Irak est confronté à un conflit ethnique qui oppose les Arabes aux Kurdes qui représentent six millions de personnes concentrés dans le Kurdistan irakien. Les Kurdes ont vécu une campagne de répression et d’extermination sous la présidence de Saddam Hussein13. Ils parviennent à établir une zone autonome dans le Nord de l'Irak à la suite de la guerre du Golfe16. La Constitution irakienne de 2005 reconnait une large autonomie au Kurdistan irakien et un kurde, Jalal Talabani est même élu président de la République16.

Les pays du Machrek abritent également une forte communauté arménienne formée majoritairement de chrétiens orthodoxes qui se sont installés dans la région après le génocide de 1915 principalement à Alep en Syrie, Beyrouth au Liban et Alexandrie en Égypte15. Ils s’intègrent pacifiquement, tout en préservant leur langue et leur culture. Toutefois, dans les années 1970, beaucoup d’Arméniens de Syrie et de Liban émigrent en Europe et en Amérique du Nord15.

Les Doms du monde arabe (péjorativement appelés « Nawar » en arabe) vivent majoritairement en Égypte, mais aussi en Jordanie, dans les territoires palestiniens (et en Israël), au Liban, en Syrie.

Religions

La Grande Mosquée de Kairouan est parmi les plus importants édifices religieux du monde arabe, elle est située à Kairouan en Tunisie.

Jusqu'au VIIe siècle l'Arabie était majoritairement polythéiste, avec des minorités monothéistes juives et chrétiennes ; l'expansion de l'islam dès le VIIe siècle entraîne des changements majeurs dans la région. Dans les territoires conquis par les Arabes musulmans, l'islam tend à devenir une religion majoritaire, avec des décalages dans le temps considérables, toutefois, d'une région à l'autre. Ainsi, dans un pays arabe multiconfessionnel comme le Liban, les chrétiens étaient encore majoritaires en 1932, date du dernier recensement officiel17. Il faut se garder de confondre arabité et islam : aujourd'hui encore le monde arabe compte des chrétiens arabes et des juifs arabes.



Femmes

 Femmes dans les sociétés arabes.

Sources

Bibliographie

Notes et références

  • Jean-Christophe Victor, « Mondes arabes », Le Dessous des cartes, première diffusion (en ligne [archive] sur le site ddc.arte.tv).
  • une majorité de la population utilise l'arabe comme langue maternelle
  • l'arabe est utilisée par une minorité importante ou pour des raisons historiques et culturelles
  • Jean-Paul Bord, « Modélisation du monde arabe [archive] », Mappemonde, 2, 1995, 7 pages, ISSN 0764-3470.
  • Ligue arabe (Monde-diplomatique.fr) [archive]
  • Mathieu Guidère, Le Choc des révolutions arabes, Autrement, , 210 p. (ISBN 2746730294)
  • « Monde arabe » ou « nation arabe » ? [archive]
  • Devenir langue dominante mondiale: un défi pour l'arabe [archive], Mohamed Benrabah, Librairie Droz, 2009 - 300 pages, P.132-134.
  • « Inattendu : le nouveau baby boom des pays arabes » [archive], sur Atlantico.fr (consulté le 23 janvier 2020)
  • Françoise de Bel-Air, « Quand la fécondité repart à la hausse - De l'Égypte à la Jordanie » [archive], sur Orient XXI, (consulté le 23 janvier 2020)
  • Bernard Bridel, « L’intrigant baby-boom des pays du Printemps arabe », TDG,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne [archive], consulté le 23 janvier 2020)
  • « Le dernier recensement officiel au Liban qui a été mené en 1932, indique que le nombre d’habitants au Liban était de 875 252 habitants avec environ 53 % de chrétiens », p.1, https://www.lstatic.org/PDF/demographfrench.pdf 

    Articles connexes



    Liens externes

    • description [archive] sur le site web de l'Institut du monde arabe
    • Monde arabe [archive]
    • Jean-Paul Bord, « Modélisation du monde arabe » (Mappemonde 2/1995) [archive]
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    Magie
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    Magie peut désigner :
        Magie (surnaturel), une pratique destinée à intervenir de façon surnaturelle sur le cours des événements ou le comportement d'autrui en mal ou en bien ; généralement, la magie du bien est appelée « magie blanche » et la magie du mal est nommée « magie noire » ;
        Illusionnisme ou prestidigitation ;
        Magie (jeu vidéo), un élément que l'on trouve très fréquemment dans les jeux de rôles et les jeux vidéos ;
        Magie hellénistique, selon la définition de Pline l'Ancien, se base sur trois écoles : la médecine, la religion et l'astrologie ;
        Magie, un album de l'artiste congolais Koffi Olomidé.
        La Magie du rangement, ouvrage de Marie Kondo
    Catégorie :
        Homonymie
    Magie noire (surnaturel)
    John Dee et Edward Kelley à l'aide d'un cercle magique invoquent un esprit dans le cimetière d'une église.
    La magie noire réfère traditionnellement à l'utilisation du surnaturel ou de pouvoirs magiques à des fins maléfiques ou égoïstes1. Du point de vue de la voie de la main gauche et de la main droite, la magie noire est le côté gauche malveillant, la magie blanche est la main droite, le côté bienveillant. De nos jours, certains trouvent que la définition de la « magie noire » n'est que la compilation des pratiques et rituels que certaines personnes réprouvent, n'ayant donc comme unique point commun, le point de vue de certains utilisateurs2.
    Sommaire
        1 Histoire
        2 Satanisme et dévotion aux démons
        3 Chamanisme
        4 Vaudou
        5 Magie noire et religion
        6 Pratiques et rituels
        7 Dans la culture populaire et la fiction
        8 Notes et références
        9 Articles connexes
    Histoire
    De la même manière que la magie blanche, les origines de la magie noire peuvent être attribuées au culte primitif et ritualiste des esprits3. À l'inverse de la magie blanche, qui possède des rituels similaires aux rituels primitifs chamaniques qui s'efforcent d'être au plus près des esprits, les rituels développés pour la « magie noire » sont faits pour invoquer ces mêmes esprits pour qu'ils produisent des résultats bénéfiques pour le praticien.
    Au cours de la Renaissance, de nombreuses pratiques magiques et rituels ont été considérées comme mauvaises ou irréligieuses et par extension comme de la « magie noire » au sens large. La sorcellerie et les études de l'ésotérisme ne suivant pas les pratiques courantes ont été interdites et ciblées par l'Inquisition4. En conséquence, la magie naturelle développée comme un moyen pour les penseurs et les intellectuels, comme Marsile Ficin, l'abbé Johannes Trithemius et Heinrich Cornelius Agrippa, de faire avancer l'ésotérisme et les études ritualistes (bien qu'encore souvent en secret), ont été faites sans persécution.
    Alors que la « magie naturelle » est devenue populaire parmi les gens cultivés et les classes supérieures du 16e et 17e siècle, les rituels magiques et la magie folklorique sont restés soumis à la persécution. Montague Summers, un auteur du 20e siècle, rejette généralement les définitions de magie « blanche » et  « noire » comme étant « contradictoire », bien qu'il souligne dans quelle mesure la magie en général, indépendamment de l'intention, est considérée comme "noire" et cite les instructions posthumes de 1608 de William Perkins5 :
    « All witches "convicted by the Magistrate" should be executed. He allows no exception and under this condemnation fall "all Diviners, Charmers, Jugglers, all Wizards, commonly called wise men or wise women". All those purported "good Witches which do not hurt but good, which do not spoil and destroy, but save and deliver" should come under the extreme sentence. »
    Ici, les termes utilisés sont plus souvent réservés à ceux qui sont accusés d'invoquer des démons et autres esprits maléfiques, de maudire leurs voisins, de détruire les récoltes, de sortir de leurs corps terrestres, ou de parcourir de grandes distances en tant qu'esprit (à qui le Malleus Maleficarum « consacre un long et important chapitre »). Il donne l'instruction de tous leur infliger la sentence extrême. Montague Summers mets également en lumière la signification étymologique du terme nigromancer, utilisé entre 1200 et 1500, (latin : Niger, noir; grec moderne : Manteia, divination), littéralement "une personne qualifiée en art noirs".
    Dans un contexte moderne, la ligne entre la « magie blanche » et la « magie noire » est un peu plus claire et les définitions les plus modernes mettent l'accent sur l'intention plutôt que la pratique. Il y a également une mesure à laquelle de nombreux pratiquants modernes de Wicca et de la sorcellerie, ont cherché à se distancier de ceux qui voulaient pratiquer la magie noire. En effet, ceux qui cherchent à faire du mal, ou faire le mal, sont moins susceptibles d'être acceptés dans le cercle des Wicca ou des sabbats surtout à notre époque où la magie bienveillante est de plus en plus associée à la nouvelle ère gnosticisme et à l'auto-assistance spirituelle6.
    Satanisme et dévotion aux démons
    Illustration par Martin van Maële, du Sabbat des Sorcières, dans l'édition de 1911de La Sorcière, par Jules Michelet.
    L'influence de la culture populaire a permis à d'autres pratiques d'être mises sous la bannière de « magie noire », dont le concept de Satanisme. Alors que l'invocation des démons ou des esprits est acceptée comme faisant partie de la magie noire, cette pratique est distinct du culte ou de la déification de ces êtres spirituels. Les deux sont généralement combinés dans la sorcellerie dans les croyances médiévales.
    Ces lignes, continuent d'être brouillées par l'inclusion de rituels spirituels faits par les « magiciens blancs » en complément du travail en rapport avec le Satanisme. Les rituels de John Dee, datant du XVIe siècle, par exemple, ont été inclus dans La Bible satanique d'Anton LaVey's (1969) et certaines de ses pratiques, avant considérées comme de la magie blanche, ont depuis été associées à la magie noire. Les rituels de John Dee eux-mêmes ont été conçus pour communiquer avec les esprits en général et les anges en particulier, qu'il prétendait avoir été fait avec l'aide de son collègue Edward Kelley. La Bible de LaVey, cependant, entre en « complète contradiction » avec les intentions de Dee, mais offre les mêmes rituels comme moyen de contact avec les mauvais esprits et les démons7. L'Église de Satan de Lavey (avec la Bible satanique en son centre), « nie officiellement l'efficacité des rituels occultes » mais « affirme la valeur subjective et psychologique de la pratique des rituels », établissant une distinction claire entre les deux. LaVey lui-même a été plus précis:
    « White magic is supposedly utilized only for good or unselfish purposes, and black magic, we are told, is used only for selfish or "evil" reasons. Satanism draws no such dividing line. Magic is magic, be it used to help or hinder. The Satanist, being the magician, should have the ability to decide what is just, and then apply the powers of magic to attain his goals. »
    « Satanism is not a white light religion; it is a religion of the flesh, the mundane, the carnal - all of which are ruled by Satan, the personification of the Left Hand Path. »
    La dernière citation, cependant, semble avoir été dirigée vers la tendance grandissante qu'était le Wiccanisme et le néo-paganisme à l'époque.
    Chamanisme
    Dans certaines régions, il y a de prétendus sorciers maléfiques qui se présentent comme de vrais chamans et qui attirent les touristes et leur font boire l'ayahuasca en leur présence. Les chamans font ça puisqu'ils croient qu'ils peuvent voler l'énergie et/ou la puissance, dont chaque personne aurait un stock limité8.
    Vaudou
    Une poupée Vaudou.
    Le vaudou a été associé à la « magie noire » moderne, par le biais de la culture populaire et la fiction. Cependant, alors que les malédictions et les maléfices peuvent être regardés comme des pratiques relevant de la magie noire, le Vaudou a sa propre histoire et ses traditions qui ont peu à voir avec les traditions de la sorcellerie moderne qui se sont développées avec les pratiquants européens comme Gerald Gardner et Aleister Crowley9,10.
    En fait, les traditions Vaudou font leur propre distinction entre la magie noire et blanche, avec des sorciers comme le Bokor connu pour faire l'utilisation de la magie et des rituels des deux côtés. Mais le penchant pour la magie associée aux malédictions, poisons et zombies signifie qu'ils, et que le Vaudou en général, sont régulièrement associés à la magie noire11.
    Magie noire et religion
    Les liens et l'interaction entre la magie noire et la religion sont nombreux et variés. Au-delà des liens de la magie noire avec des organismes sataniques ou de sa persécution historique par le christianisme et l'inquisition, il y a des liens entre les religions et les rituels de magie noire. La Messe noire, par exemple, est un sacrilège parodique de la messe catholique. De même, un saining, bien qu'au départ une pratique de magie blanche, est un rituel Wiccan analogue à un baptême pour un bébé12.
    Étienne Guibourg, un prêtre du 17e siècle, aurait réalisé une série de messes noires avec une prétendue sorcière Catherine Monvoisin pour Madame de Montespan13.
    Dans l'Islam, al-Fatiha, al-Falaq, al-Nas et d'autres Sourates sont récités pour se protéger contre la sorcellerie. En outre, à l'aide d'un Taweeth contenant certains des 99 Noms d'Allah, les versets Coraniques ont été utilisés pendant des siècles et ont des origines dans le Hadith.
    Pratiques et rituels
    Au cours de sa période d'étude, A. E. Waite fournit un compte rendu complet des pratiques de la magie noire, de rituels et de traditions dans The Book of Black Magic and Ceremonial Magic14. D'autres pratiquants ont développé ces idées et ont offert leurs propres listes complètes des rituels et des concepts.
    Les pratiques et les rituels de la magie noire incluent :
        Les sorts des véritables noms, la théorie que savoir le véritable nom d'une personne permet d'avoir le contrôle sur cette personne. Cela peut aussi être utilisé pour être connecté à l'autre personne, ou la libérer d'autres compulsions, c'est donc une zone grise (qui peut être vue comme magie blanche ou noire).
        Les rituels d'immortalité, à partir du point de vue Taoïste, la vie est finie, et être désireux de vivre au-delà du naturel n'est pas en accord avec les lois de la nature. Au-delà de cela, il y a un problème majeur avec l'immortalité. En raison de la nécessité de tester les résultats, les sujets doivent être tués. Même un sort pour prolonger la durée de vie ne peut pas être tout à fait bien, surtout si elle puise l'énergie de la vie d'un autre pour maintenir les effets du sort.[réf. nécessaire]
        La nécromancie, n'est pas obligatoirement définie en tant que magie noire, mais comme toute magie qui a un rapport avec la mort elle-même, soit par le biais de la divination des entrailles, ou l'acte d'élever le corps, par opposition à la résurrection ou de la RCR15.
        Les malédictions et les maléfices, une malédiction peut être aussi simple que souhaiter que quelque chose de mal arrive à quelqu'un, ou aussi compliqué que d'effectuer un rite complexe pour s'assurer que quelqu'un meurt16.
    Dans la culture populaire et la fiction
    Les concepts liés à la magie noire ou décrits, même à tort, comme de la « magie noire » sont une caractéristique régulière de livres, de films et d'autres contenus de la culture populaire. Exemples :
        Black Magic (Slayer), une piste de Slayer de l'album Show No Mercy de 198317
        Black Magic (Little Mix), un single par Little Mix, mai 2015, pour leur troisième album « Get Weird ».
        Les Vierges de Satan, le roman de Dennis Wheatley de 1934, dont est tiré un film célèbre des Studios Hammer en 1968.
        Rosemary's Baby, roman d'horreur de 1968 dans lequel la magie noire est le thème central.
        Dangereuse Alliance, un film de 1996 mettant en scène quatre amis impliqués dans la sorcellerie blanche, mais se tournent vers des rituels de magie noire pour un gain personnel.
        La série des Harry Potter, la magie noire, y compris les divers sorts et des malédictions, sont dénommés en tant que « magie noire » contre lequel les élèves apprennent à se défendre.
        Final Fantasy, un jeu vidéo dans lequel la magie blanche et noire sont simplement utilisés pour distinguer entre les sorts de guérison et défense des sorts offensifs et élémentaires. Ils ne portent pas intrinsèquement de connotation bonne ou mauvaise.
        Charmed, une série télévisée dans laquelle la magie noire est également connue comme "les arts sombres", "arts noirs", "magie noire", ou encore "la magie du diable", et est utilisée par des démons et autres êtres maléfiques.
        The Secret Circle, une courte série télévisée mettant en scène des sorcières, dans un monde où il y a deux sortes de magie. Alors que la magie traditionnelle vous aide à vous connecter à l'énergie autour de vous, la magie noire est une magie plus mortelle et dangereuse, elle est enracinée dans la colère, la peur et la négativité à l'intérieur de vous. Seulement les privilégiés, nés avec le don, peuvent utiliser la magie noire, et certains sont intrinsèquement plus fort que les autres.
        Le Pouvoir des Cinq est toute une série d'Anthony Horowitz à propos de la magie noire et sorciers maléfiques. Les antagonistes sont tous des sorciers noirs et donc tous pratiquants de la magie noire, la magie noire est un moyen de convoquer les Anciens de leur prison, l'Enfer. La magie noire prend souvent la forme de meurtre de masse et de l'animation d'objets inanimés.
        Les sentinelles de la nuit, dans la série de livres et de films, les magiciens sont regroupés en deux parties « Light Others » et « Dark Others ». Les magiciens noirs sont motivés par des désirs égoïstes.
        Supernatural (série télévisée), la série télévisée Supernatural dispose de nombreux événements et personnages en rapport à la magie noire.
        Sherlock Holmes (film, 2009), le premier film réalisé par Guy Ritchie inclut des éléments de magie noire, même s'ils ne sont que supercheries.
        Versailles (groupe japonais) a publié un court-métrage en 2009, qui dépeint des zombies ressuscités par Jasmine You.
        Pizza II: Villa, un thriller fantastique Indien, écrit et réalisé par Deepan Chakravarthy.
        The Necromancers: The Best of Black Magic And Witchcraft, une collection de folklores et d'histoires sur la magie noire, édité par Peter Haining.
        Le Prince Dragon série Netflix où la magie noire consiste à prendre une vie pour pouvoir en sauver plusieurs. Bien que méprisée par les personnages, elle désigne davantage une réflexion sur l'utilitarisme qu'une réelle intention de nuire, et encore moins à des fins égoïstes.
        Penny Dreadful :
    la saison 2 est entièrement consacrée à la magie noire
    Penny Dreadful
    (série télévisée)

    Magie (surnaturel)
    (Redirigé depuis Magie blanche)
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    Pour les articles homonymes, voir Magie.
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    Circé offrant la coupe à Ulysse de John William Waterhouse.
    La magie est une pratique fondée sur la croyance en l'existence d'êtres, de pouvoirs et de forces occultes et surnaturels, permettant d'agir sur le monde matériel par le biais de rituels spécifiques.
    Les évolutions des connaissances scientifiques dans le monde occidental chrétien depuis la période médiévale, en donnant des explications aux phénomènes naturels se sont progressivement opposées à la croyance en la magie1. Cependant, selon des anthropologues comme Evans-Pritchard2, qui décrit la magie chez les Azandé comme une philosophie naturelle associée à une réponse socialement appropriée et culturellement significative au problème de l'inconnu négatif3, la croyance en la magie ou sorcellerie n'est pas incompatible avec une appréciation rationnelle de la nature4. On peut aussi la décrire comme un ensemble d'activités et de technologies destinées à manipuler des agents et des énergies invisibles ou immatériels, non reconnus par la science3.
    La distinction entre les pratiques magiques non orthodoxes et les pratiques religieuses légitimes est problématique dans le cas des traditions religieuses comme le Bouddhisme, l'Islam5 qui ne sont pas fondées sur des doctrines et des liturgies hautement codifiées, et n'encouragent donc pas les distinctions entre la prière, l'incantation ou les sortilèges dans la même mesure que le christianisme3.
    Le domaine de la magie en est venu à incorporer des éléments qui, ailleurs, relèveraient de la catégorie de la religion, comme la Kabbale (une tradition de la mystique juive considérée comme ésotérique et secrète), le Yoga (un ensemble de doctrines spirituelles issu des religions indiennes dharmiques)3 ou encore le Yi-Jing (ouvrage de divination issu de la cosmologie taoïste)6 ; de ce fait, les approches ethnologiques contemporaines tendent à utiliser le terme de pensée magico-religieuse7.
    Sommaire
        1 Description
            Étymologie
            Définitions
          Principes théoriques de l’action magique
        2 Fonctionnement
           Intention : magie noire, magie blanche
           Méthode : magie opératoire, magie naturelle
           Usage
            Supports extérieurs : plantes, astres, nombres, symboles…
          Supports intérieurs : parole, geste, imagination, volonté
        Supports spirituels : angélologie, démonisme, chamanisme, théurgie
        3 Théories sur la magie
           La magie selon les philosophes
           La magie selon les anthropologues
        4 La magie peut-elle être efficace ?
            Approche parapsychologique
            Compréhension épistémologique
          Vision sociologique
        La magie dans le christianisme
         La magie dans le satanisme
        Histoire de la magie occidentale
             Préhistoire et Antiquité
            Moyen Âge et Renaissance
             XVIIe et XVIIIe siècles
            XIXe et XXe siècles
         Bibliographie
         Traités de magie
           Grimoires de magie
       Études sur la magie
     Références : films, jeux…
           Films et séries télévisées
     Littérature
     Quelques sorciers et sorcières connues
    Jeux axés sur la magie
    Notes et références
      Annexes
             Articles connexes
                 Auteurs
               Notions
              Techniques / outils
             Rapports science / magie
         Liens externes
    Description
    Étymologie
    Le mot français « magie » vient du latin magia, lui-même issu du grec μαγεία (mageia), « religion des mages perses », « sorcellerie8 ».
    Pour remonter plus haut, il faut aller jusqu'en Perse. Le mot maguš9, « mage » en vieux-perse, est visible pour la première fois sur une inscription gravée en 515 av. J.-C. à Béhistoun (Perse antique, Iran actuel), sur les exploits de Darius Ier, roi de Perse, qui a renversé en 522 av. J.-C. Gaumâta, un mage mède qui s'est proclamé roi de l'empire perse. « Darius le Roi dit : « Ensuite il y avait un homme, un Mage, du nom de Gaumâta10. » En perse, mag signifie « science, sagesse ». Héraclite (vers 500 av. J.-C.) est le premier à utiliser le mot, en énumérant « les somnambules, les mages (μάγοι), les bacchants [initiés à Dionysos], les ménades [initiées à Dionysos], et les initiés »11. Hérodote, vers 420 av. J.-C., précise le sens : « Les tribus mèdes sont : les Bouses, les Parétacènes, les Strouchates, les Arizantes, les Boudiens, les Mages (μάγοι) »12. En fait, les Mages forment la caste sacerdotale des Mèdes13, comme les Brahmanes sont la caste sacerdotale des Hindous. Certains Mages sont prêtres. Ils ont diverses fonctions : interpréter les songes, pratiquer la divination, sacrifier au Soleil, à la Lune, à la Terre, au Feu, à l'Eau et aux Vents, chanter la théogonie, participer au pouvoir politique, faire des sacrifices royaux, procéder à des rites funéraires. Comme le montre une sculpture de Kizkapan, ils portent un bonnet qui couvre la bouche, ils officient sur un autel du feu. Le mot « mage » existe donc en Occident depuis le Ve siècle av. J.-C.
    Vers le milieu du IVe siècle av. J.-C. le mot Mageia (en latin magia) est employé par les Grecs en tant que doctrine issue de la Perse, notamment avec Zoroastre (vers 590 av. J.-C. ?)14. Parmi les Mages perses (et non plus mèdes), ou prêtres de Zoroastre, les plus célèbres sont : Ostanès le Mage15 et Hystaspe, qui seraient venus en Occident dès 480 av. J.-C. Ils auraient accompagné Xerxès Ier, roi de Perse, en pleines « guerres médiques », jusqu'à Abdère16.
    Le latin magus paraît dès 506 au concile d'Agde17.
    Le mot de « magie » a longtemps évoqué des connotations négatives, associées aux coutumes religieuses exotiques d'un Autre menaçant. Dans un sens ancien, le mot était associé à des pratiques qui étaient étranges parce qu'elles étaient étrangères. Avec le temps, cependant, et en partie à cause de l'influence du christianisme, l'idée de magie s'est attachée à des pratiques spirituelles ou curatives qui, bien qu'issues des sociétés occidentales, étaient classées comme excentriques, illégitimes ou douteuses en raison de leur statut externe ou marginal vis-à-vis de l'orthodoxie religieuse et scientifique. Au début de l'Europe moderne, des connaissances et des pratiques obscures étaient également associées à des groupes marginaux comme les Juifs ou les paysans. Malgré ce changement d'orientation, le concept de magie a conservé son association avec les notions de bizarrerie, de mystère et d'inorthodoxie3.
    Définitions
    La sorcière de Augusto De Luca, 1980.
    Le mot « magie » désigne tantôt une technique (les arts magiques), tantôt des procédés, des opérations, tantôt une action, un effet, mais cela n'est pas si gênant. Par exemple, la magie de Merlin concerne soit l'art magique (art occulte : Merlin connaît et pratique des procédés occultes pour produire des effets merveilleux), soit des procédés magiques (techniques occultes : Merlin utilise des formules secrètes), soit des effets magiques (puissances mystérieuses : Merlin rend invisible).
    Apulée : « La magie est la science de la piété et du divin […]. Mes adversaires, toutefois, peuvent adopter le sens du vulgaire, selon lequel le mage, étant en communauté avec les dieux immortels, a le pouvoir de tout faire par la vertu mystérieuse des incantations »18.
    Helena Blavatsky : « La magie, considérée comme science, est la connaissance des principes et de la voie par laquelle l’omniscience et l’omnipotence de l’Esprit et son contrôle sur les forces de la nature peuvent être acquis par l’individu tandis qu’il est encore dans le corps. Considérée comme art, la magie est l’application de ces connaissances à la pratique »19. « La magie est la science de la communication avec les Puissances supra-mondaines éternelles et de leur direction, ainsi que du commandement de celles de ces puissances appartenant aux sphères inférieures ; connaissance pratique des mystères cachés de la nature connus seulement du petit nombre parce qu'il est très difficile de les acquérir sans tomber dans les péchés contre nature »20.
    Aleister Crowley : « La Magie est la Science et l'Art d'occasionner des Changements en accord avec la Volonté »21.
    Papus : « La Magie est l'étude et la pratique du maniement des forces secrètes de la nature »22.
    Pierre A. Riffard : « La magie est l'action efficace sur un objet réel ou mental, par la parole, le geste, l'image ou la pensée, indépendamment des catégories de l'être (espace, temps, causalité), mais conformément à des correspondances soit analogiques [par exemple, rouge = le fer, le mardi] soit mécaniques [rouge → excitation, mûrissement] »23.
    Définition du dictionnaire Hachette : « Science occulte qui permet d'obtenir des effets merveilleux à l'aide de moyens surnaturels. » L'idée de magie requiert d'admettre l'existence de forces surnaturelles et secrètes, contraindre les puissances du ciel ou de la nature, recourir à des moyens d'action qui ne sont ni religieux ni techniques mais occultes.
    Mage, magicien, magiste y sont distingués.
        Le mage est un sage, qui connaît les secrets de la nature (les rois mages).
        Le magicien est un praticien, il réalise des merveilles ; dans les années 1760, on disait le comte de Saint-Germain magicien, car, soi-disant, il vivait depuis l'époque de Jésus, ne mangeait pas, créait des pierres précieuses, faisait disparaître les taches des diamants, transmutait les métaux en or...
        Le magiste est un sage praticien, il est à la fois savant comme le mage et habile comme le magicien ; au XIXe siècle, on considérait Helena Blavatsky et Papus comme des magistes.
        Le sorcier (en anglais sorcerer) cherche à faire du mal, par diverses techniques magiques. « La puissance du magicien est merveilleuse, celle du sorcier diabolique et infernale »24.
        Le mage noir (en anglais witch) nuirait par lui-même, du fait de sa présence ou de ses pouvoirs supposés maléfiques25.
    D'autres personnes font des « miracles », mais autrement. Le prestidigitateur et le fakir utilisent l'illusion ; le médium et le prodige ont un don ; le saint et le mystique comptent sur Dieu.
    Principes théoriques de l’action magique
    La magie orientale — mésopotamienne, égyptienne, iranienne — explique ses effets par l'archétype, le modèle divin ou cosmogonique. À ses yeux, pour agir magiquement il faut faire comme font les dieux ou faire comme ce fut à l'origine. Les dieux sont des exemples, des créateurs, des tout-puissants, les origines sont des moments forts, ils concentrent des puissances idéales, des possibilités. C'est donc magique, par identification, analogie. On lit souvent sur les papyrus égyptiens ou gréco-égyptiens26 : « Je suis Isis », « Je suis Osiris ».
    Bôlos de Mendès, le premier des occultistes, explique la magie par les « sympathies et antipathies » et par les « vertus occultes »27. D'après lui, la salamandre et le feu sont en sympathie, le coq et le lion en antipathie, en inimitié ; la dépouille d'un serpent a la propriété merveilleuse de favoriser les menstrues.
    Pic de la Mirandole, en néoplatonicien, explique la magie par l'amour. « Les merveilles de l'art magique ne s'accomplissent que par l'union et l'actualisation des choses qui sont latentes ou séparées dans la nature. […] Faire de la magie n'est pas autre chose que marier le monde (Magicam operari non est aliud quam maritare mundum) ». Tout comme le vigneron fait une greffe de la vigne, le magicien lie l'inférieur au supérieur, le matériel au divin, sur le plan du caché, du latent, du séminal. Pour faire un talisman il faut lier le signe gravé ou inscrit à un esprit planétaire, à un des sefirot de l'arbre des kabbalistes28.
    Paracelse explique la magie par l'astral, aussi bien l'Esprit sidéral que le corps astral (corpus sidereum), d'autre part il explique par la volonté et l'imagination du mage. « L'Esprit sidéral » est la lumière répandue dans notre esprit autant que la Raison universelle. « Même les choses insensibles, les plantes, les graines, les fruits, les pierres, etc., tout a un corps astral », celui-ci est un « aimant » qui attire « les influx sidéraux », un « moteur » qui donne vie et esprit au corps élémentaire29. Le mage sait capter et diriger « les forces célestes », « les puissances astrales » dans les objets terrestres, mais aussi utiliser les images, les lettres, les chiffres, les mots, les sons. La pensée de Paracelse reste toutefois difficile à appréhender.
    Agrippa de Nettesheim, Giambattista Della Porta, Swedenborg, la majorité des auteurs expliquent la magie par les analogies et correspondances30 pour le côté abstrait, par les liens ou les déliements pour le côté concret. C'est la fameuse notion de « ligature » (serrer un lien, faire un nœud). On a là une idée magique de tous temps et pour tous lieux. Exemple : il y a, selon le magicien, analogie, ressemblance, métaphore, apparentement entre l'amour et un lien, un nœud, un enchaînement, donc, pour créer un amour de façon magique, le magicien fera un nœud. L'analogie créera le lien. Recette du IVe siècle : « Charme étonnant pour lier une femme aimée. Fais 365 nœuds. » Recette de 1997 : « Pour attirer l'amour. Dans un ruban rouge vous aurez écrit vos deux noms avec le sang de l'un des deux. Liez le ruban de manière à faire joindre les noms »31. L'action magique transfère à deux personnes le pouvoir qu'a le nœud sur deux cordes, celui d'unir, de rapprocher. Un mage d'une part scrute, connaît, d'autre part manipule, transfère les équivalences symboliques.
    Franz Anton Mesmer (1766) et tout le mouvement du magnétisme animal expliquent par un « fluide magnétique universel », ou plus prosaïquement par l'électromagnétisme.
    Éliphas Lévi explique par la volonté32. « Savoir, oser, vouloir, se taire, voilà les quatre verbes du mage […]. Vouloir, vouloir longtemps, vouloir toujours, mais ne jamais rien convoiter, tel est le secret de la force ; et c'est cet arcane magique que le Tasse met en action dans la personne des deux chevaliers qui viennent délivrer Renaud et détruire les enchantements d'Armide. […] Ce qui rendait Jeanne d'Arc toujours victorieuse, c'était le prestige de sa foi. »
    Frazer, ethnologue anglais, explique par les associations d'idées33. « Les hommes confondent l'ordre de leurs idées avec l'ordre de la nature, et, dès lors, imaginent que le contrôle qu'ils exercent ou semblent exercer sur leurs pensées les autorise à pratiquer un contrôle correspondant sur les choses. » Frazer distingue, dans son analyse de la magie, trois lois, qui marchent par associations (similitude, contiguïté, contrariété). Première loi, la similitude, la sympathie par imitation : « Tout semblable appelle le semblable, ou un effet est similaire à sa cause » ; par exemple, la technique d'envoûtement consiste à percer d'une aiguille une poupée imitant la personne que l'on veut blesser. Deuxième loi, la contiguïté, la sympathie par contact, la contagion : « Les choses qui ont été une fois en contact continuent d'agir l'une sur l'autre, alors même que ce contact a cessé » ; par exemple, un magicien peut blesser une personne en piquant les empreintes de pas laissées par cette personne. Troisième loi : « le contraire agit sur le contraire » ; par exemple, pour contrecarrer une blessure on peut susciter son contraire sous forme d'une image de cicatrisation.
    Mikhaël Aïvanhov, un maître spirituel bulgare, explique par l'aura34. « Être un mage, c'est créer. Le mage véritable est entouré d'un cercle de lumière, son aura, ce halo de lumière invisible qui émane de lui et qu'il a formé grâce à son travail spirituel et à la pratique des vertus. Pour créer, le mage utilise les mêmes moyens que Dieu Lui-même : il projette une image ou prononce un mot qui traverse son aura, et c'est l'aura qui fournit la matière pour la manifestation. » Il existe « trois grandes lois magiques : 1) la loi d'enregistrement, 2) la loi d'affinité, 3) la loi du choc en retour »35.
    Alexandra David-Neel fournit un compte rendu des croyances mystiques tibétaines, et son livre Magic and Mystery in Tibet considéré comme une enquête ethnographique sur le paranormal. Dans la préface de l'édition 1965 du livre, David-Neel a attiré l'attention sur les difficultés liées à la classification de phénomènes extraordinaires dans différents contextes culturels lorsqu'elle a écrit que : « [...] les Tibétains ne croient pas aux miracles, c'est-à-dire aux événements surnaturels. Ils considèrent les faits extraordinaires qui nous étonnent comme le travail d'énergies naturelles qui entrent en action dans des circonstances exceptionnelles, ou par l'habileté de quelqu'un qui sait les libérer, ou, parfois, par l'intermédiaire d'un individu qui, sans le savoir, contient en son sein. lui-même les éléments susceptibles de déplacer certains mécanismes matériels ou mentaux qui produisent des phénomènes extraordinaires. »4
    Fonctionnement
    Chaque tradition ou culture possède ses propres définitions des catégories magiques.
    Intention : magie noire, magie blanche
    Article  Magie noire (surnaturel).
    Déjà saint Augustin distingue dans la magie une forme « plus détestable », la goétie (sorcellerie), et une forme « plus honorable », la théurgie36. Depuis la fin du Moyen Âge, vers 145037, les savants posent la distinction entre deux sortes de pratiques, en fonction de leurs buts moraux : la magie noire (« nigromancie ») et la magie blanche (« mageia »). Auparavant on voyait dans chaque magie du mal et du bien. Les statuts de Narbonne (1638) exposent la séquence suivante, décroissante en valeur : magiciens, devins, enchanteurs, sorciers.
        La magie noire a des effets négatifs du fait même du magicien, de sa personne, et la sorcellerie a des buts consciemment maléfiques et des moyens intentionnellement négatifs (« diabolisme »). Les mages noirs et les sorciers passent pour être néfastes à la société, ils empoisonnent, ensorcellent, lancent des imprécations, invoquent des diables ou démons38, utilisent des figurines d'envoûtement, nouent l'aiguillette (ils provoquent l'impuissance sexuelle), provoquent des sécheresses ou des orages, etc. Également pour faire du mal à autrui, se venger, pour des sortilèges d'amour, pour atteindre l'immortalité, améliorer sa santé ou communiquer avec les morts. En 1317, l'évêque Hugues Géraud de Cahors fut condamné au bûcher car il avait essayé de tuer le pape Jean XXII avec des images de cire. Dans la culture occidentale coloniale, la couleur noire est symbole de ténèbres, de morts, de tristesse, de vide et d’obscurité.
        La magie blanche, elle, concerne une utilisation de la magie à des fins altruistes, ou préventives (« magie bleue »), avec des moyens presque toujours positifs, bénéfiques. Elle guérit, protège, exorcise, renforce, réconcilie… Elle invoque les « esprits bons », Dieu… et pas les mauvais démons. Dans la culture occidentale, la couleur blanche symbolise la pureté, l'innocence, la paix et la justice.
    La distinction magie noire/magie blanche recoupe presque la distinction entre magie du mal et magie du bien, entre magie illicite (ars prohibita) et magie licite, mais aussi la distinction entre magie diabolique (qui repose sur l'aide de mauvais démons) et magie naturelle (reposant sur un agencement adéquat des causes physiques). J. Pic de la Mirandole dit sur cette dernière distinction : « Il y a une double magie. L'une relève tout entière de l'activité et de l'autorité des démons […]. L'autre n'est rien d'autre que l'achèvement absolu de la philosophie de la nature (exacta et absoluta cognitio omnium rerum naturalium) »39.
    Selon la Bible satanique, il n'existe pas deux formes de magies : la magie n'est pas manichéenne avec une bonne et l'autre non. Selon Anton Szandor LaVey il n'existe qu'une seule magie mais plusieurs manières de s'en servir : ainsi, certains s'en serviront pour punir et d'autres pour guérir.

        La magie rouge fait son apparition — du moins le terme — vers 184040. La plupart des définitions de la magie rouge l'associent à la sexualité, à l'amour, à la séduction et au plaisir amoureux ou charnel.
        La magie verte ne concerne que l'ordre naturel végétal (voire animal, si les bêtes sont sauvages).
        La magie bleue désigne parfois toutes les magies de protection.
    L'Église Catholique ne fait pas de distinction entre différentes magies, elles sont toutes associées aux démons plus ou moins explicitement.
    Au Tibet, la religion Bön et ses adeptes Bön-po, étaient versés dans la magie noire et la magie blanche. La magie noire est un des thèmes du film Milarépa : La Voie du bonheur (Milarepa). Actuellement, les Bön-po ne pratiqueraient plus que la magie blanche.
    Méthode : magie opératoire, magie naturelle
    Une deuxième opposition met face à face deux magies, l'une rituelle, l'autre physique : la magie opératoire et la magie naturelle. Agrippa insiste sur cette distinction41.
        La magie rituelle, au niveau le plus simple, est une magie opérative, c'est-à-dire faite d'actes réfléchis et efficients. Il suffit d'émettre un son, de poser un objet près d'un autre… Il faut aussi quelques conditions, dont les plus importantes sont, dit-on, « le respect scrupuleux des règles » et « la force magnétique de l'opérateur », ainsi que le choix de l'heure propice, du lieu consacré, de l'objet approprié. Le rite du cercle magique est célèbre42,43: Le magicien ou la magicienne, avec une épée ou une baguette, trace autour d'ellui un cercle, pour se protéger d'influences négatives, à l'extérieur, et pour attirer à l'intérieur des puissances positives. Les rites magiques les plus courants sont, quant à la fonction, les rites de renforcement de puissance, de protection, de guérison, de divination, et pour la forme, les incantations, les gestes, les sacrifices… Les grimoires, la franc-maçonnerie occulte, les rosicruciens, la Golden Dawn proposent à leurs adeptes des rituels très complexes.
        La magie naturelle est presque une science ordinaire. Les faits existent depuis toujours. Anthème de Tralles, au VIe s., savait, techniquement, créer le tonnerre. La notion n'apparaît que vers 1230, grâce à Guillaume d'Auvergne44 et Roger Bacon45 et à d'autres auteurs. Della Porta, à la fois magicien et physicien, la définit ainsi : « Naturelle…, cette magie, douée d'une plantureuse puissance, abonde en mystères cachés et donne la contemplation des choses qui gisent sans être appréhendées, et la qualité, propriété et connaissance de toute nature comme sommet de toute philosophie. » En d'autres termes, c'est de la science physique, mais elle porte sur des phénomènes mal connus ou elle crée des phénomènes qui semblent des miracles sans en être, par exemple les feux grégeois, l'attraction du fer par l'aimant, les monstres, les illusions d'optique, la prestidigitation. L'antique Claude Élien a donné la clef : « La nature est, elle aussi, magicienne »46.
    Usage
    Il existe différentes sortes de magie :
        Magie divinatoire. Magie et divination ont été confondues jusqu'au début du XIIIe s., puis on les a distinguées, mais on peut les réunir, quand il s'agit d'interroger occultement le passé, le futur, les secrets, les cachettes. Le cas le plus violent est la nécromancie, où le magicien interroge un mort. Le cas le plus élevé est la théurgie, quand la magicienne interroge un dieu ou un ange ; John Dee, avec un médium, a pratiqué des « conversations angéliques » (1581) : « Edward Kelly est un voyant de grande qualité. Il a invoqué et parlé avec Uriel, l'un des Sept Anges. Il prie d'abord avec moi le Seigneur, puis invoque le Bon Ange, écoute ses paroles et répond »47.
        Magie érotique, magie sexuelle (en) ou magie rouge. Les moyens traditionnels sont bien connus, du moins en théorie. Déjà Sophocle les cite : « Si, par des philtres et par des charmes qui touchent Héraklès, je l'emporte sur la jeune fille, j'aurai conduit mon plan avec art »48.
        Magie verte, centrée sur l'utilisation des plantes, des animaux, des phénomènes et des cycles de la nature.
    Supports extérieurs : plantes, astres, nombres, symboles…
    Un texte magique grec pointe déjà le sujet : « Ce sont dans les plantes, les formules et les pierres que résident tout l'art et la faveur et le pouvoir magique de l'effet cherché »49. Marsile Ficin fait une liste des sept choses qui peuvent attirer les influences célestes, d'après les planètes, en commençant par les supports extérieurs, physiques : Lune (pierres, métaux, etc.), Mercure (plantes, fruits, animaux), Vénus (poudres, vapeurs, odeurs), Soleil (mots, chants, sons), Mars (émotion, imagination), Jupiter (raison), enfin Saturne (contemplation intellectuelle, intuition divine)50. Il recommande « les émotions, le chant, l'odeur et la lumière » pour capter les divinités planétaires.
        Choses magiques. Pour un mage comme Henri-Corneille Agrippa, le monde « élémental », celui des quatre ou cinq Éléments (Terre, Eau, Air, Feu, Éther), est inférieur, mais « il est gouverné par son supérieur et reçoit ses influences, en sorte que l'Archétype même et le Créateur souverain ouvrier nous communique les vertus de sa toute-puissance par les anges, les cieux, les étoiles, les Éléments, les animaux, les plantes, les métaux et les pierres »51. La magie élémentaire porte sur les Éléments, la magie astrale sur les « esprits planétaires » (ceux de Vénus, Mars, etc.)… Les reliques de saints, depuis le VIe s. sont supposées avoir des dons miraculeux52, leurs tombes aussi53.
        Fumigations et parfums. L'encens, les odeurs, etc. attirent ou repoussent des forces naturelles ou des « esprits ». Selon le Picatrix (I, 2), « les fumigations donnent des forces et attirent les esprits vers les images », les images magiques.
        Nombres magiques. Depuis Pythagore, les magiciens distinguent des supports intelligibles (sons, formes, principes) et des supports sensibles (lettres de l'alphabet, figures géométriques, nombres)54, et ils croient savoir que les nombres sont des principes d'organisation, des forces. On trouve également des carrés magique ou des tables de lettres magiques, associées tantôt à des planètes tantôt à des forces terrestres (magie hénokéenne)
        Signes magiques. Pour le pseudo-Paracelse de l'Archidoxe magique, « Les caractères [écritures et symboles occultes], les mots et les sceaux [images astrologiques] ont en eux-mêmes une force secrète en rien contraire à la nature et n'ayant aucun lien avec la superstition »55.
    Jean Pic de la Mirandole mentionne « les paroles et les mots », « les nombres », « les lettres », « les caractères, les figures », la musique56. Les magiciens puisent souvent dans des « images sacrées », des « images divines ». Il s'agit de symboles graphiques (comme le pentagramme), de « charactères » (lettres ou hiéroglyphes, « sceaux planétaires »), de symboles, de « carrés magiques », de talismans ou amulettes ; pour les magiciens, agir sur ces figurations de forces équivaut à agir sur les forces figurées elles-mêmes. Le magicien mésopotamien ou égyptien, par exemple, fait couler de l'eau sur une statue couverte d'inscriptions magiques : l'eau entraîne les caractères, et sera utilisée, en boisson, comme médicament ou potion. L'usage de figures, dessins est bien connu. Toute représentation d'un magicien le montre avec la figure d'un pentagramme ou d'un sceau de Salomon. Un sommet de la magie des images est « l'art notoire », développé aux XIIe et XIIIe siècles : le sujet, en général un moine ignorant, « en jeûne et oraison », contemplait longuement des figures géométriques (« notes ») représentant une science, et il comptait ainsi pouvoir l'acquérir, par magie de contagion57.
    Supports intérieurs : parole, geste, imagination, volonté
    Le magicien ou la magicienne peut puiser intérieurement une force magique de différentes manières :
        La parole magique est supposée être efficace à condition de connaître l'intonation correcte et les mots magiques (voces magicae). La parole magique est, au choix, une prière, une incantation, une formule, des « mots barbares »58, un nom d'ange, une invocation, une onomatopée, une suite de voyelles… Les magiciens citent la parole biblique : « Que la Lumière soit », ou la formule de consécration romaine Si fas est (« si c'est permis », selon les lois divines ou par les lois naturelles).
        Le geste magique est un acte supposé efficace, en particulier le sacrifice. Le geste magique exige souvent des instruments. Les plus connus sont la baguette magique, le miroir magique, le caducée d'Hermès, l'étoile flamboyante. Il faut ajouter des objets plus courants, comme les cierges liturgiques, les coupes d'eau lustrale.
        L'imagination magique, par visualisations, symbolisations, rêves, fantasmes, poésie, est censée changer les choses. Le magicien n'invente pas une image, il trouve en esprit la vraie image des choses, par exemple pour l'homme celle d'un pentagramme, pour la planète Saturne celle d'un vieillard. Le rôle de l'imagination a été souligné par Marsile Ficin59, Paracelse.
        La volonté magique est une force aussi réelle que la volonté physique ou la vapeur. La magie, dit l'illuministe Jacob Böhme60, « n'est en soi rien qu’une volonté, et cette volonté est le grand mystère de toute merveille et de tout secret : elle s’opère par l’appétit du désir de l’être. » La pensée unit telle chose à telle chose, selon sa volonté.
    Supports spirituels : angélologie, démonisme, chamanisme, théurgie
    Lorsque le magicien n'a pas assez de puissance ou si les objets magiques ne sont pas suffisamment puissants, il peut faire appel à des esprits pour l'aider dans sa tache, bénéfique ou malfaisante. Ainsi il peut invoquer les démons, les incubes et succubes (démons sexuels), les esprits de la nature, les âmes des morts, les fées, les anges ou même les dieux.
    Les magiciens ont parfois recours à un assistant magique, appelé « parèdre », qui est un démon, un dieu, un génie, un esprit, l'âme d'un mort. « On acquiert un démon comme assistant : il te dira tout, il vivra, mangera et dormira avec toi »61.
        Angélologie. Certains magiciens disent agir grâce aux anges, dont ils connaissent les noms ou les « caractères » (glyphes, signes) qui les représentent ; ils sauraient les invoquer et leur ordonner. Un kabbaliste chrétien, Johannes Reuchlin62, parle des 72 anges qui « ont pouvoir sur la terre entière » et ont chacun un Nom secret correspondant à un pouvoir de Dieu (Schemhamphoras) ; il ajoute d'autres noms : Metraton (« prince de l'univers »), Raphaël (gouverneur du Ponant), etc. À noter une forme plus polémique d'angélologie / angéologie appelée « magie hénokéenne »63 dont les spécialistes ne savent pas bien comment elle fonctionne ni quoi en penser exactement ; apparue subitement au XVIe siècle en Angleterre, les manuscrits de ce système magique prétendent que la schemamphorash précédemment citée serait une version dégradée de cette magie dite « hénokéenne ». Les esprits ayant donné la dictée des manuscrits se présentent comme des Anges, et expliquent qu'il existe aussi des démons dont ils donnent les noms et fonctions, ainsi que ceux de leurs opposants angéliques.
        Démonisme. Le recours aux esprits malfaisants (« magie démoniaque ») au moyen d'invocations (« goétie ») ou de rites (« basse magie ») existe et relève du satanisme ou de la magie noire. Mais toutes sortes d'« esprits » existent, pour un magicien, dans les eaux, au ciel, dans les organes, partout, on peut les évoquer et obtenir un résultat. « Un certain Harnouphis, mage égyptien de l'entourage de Marc Aurèle, appela des génies par art magique, notamment Hermès Aérios, et, par leur entremise, il provoqua, dit-on, la pluie »64. Déjà Platon associe magie et démons65. Saint Augustin ramène tous les supports à l'action des démons : « Avec des herbes, des pierres, des animaux, des sons et des paroles déterminées, des représentations et des images, reflétant les mouvements des astres observés dans leur évolution céleste, les hommes pouvaient fabriquer sur terre des pouvoirs capables de réaliser les différents mouvements des astres… Tout cela vient des démons qui se jouent des âmes soumises à leur pouvoir » (Cité de Dieu, X, 11).
        Nécromancie. Une classe de magie concerne la magie de la mort et des âmes des morts. Elle inclut, entre autres, les célèbres magies concernant les morts-vivants, les zombis, les fantômes.
        Médiumnisme. Le magicien peut passer par un médium à transe, un somnambule. Crowley est entré en haute magie en utilisant, au Caire, les dons de médium de sa première femme, Rose Kelly66.
        Chamanisme. Un ou une chamane peut entrer en communication avec les esprits-maîtres des animaux, qui sont ses « auxiliaires »67. Le premier chamane occidental connu, Aristéas de Proconnèse (vers 600 av. J.-C.), était supposé « prendre la forme d'un corbeau »68 ; la légende en fait un mage capable de se trouver dans deux lieux distincts à la fois (bilocation), qui pouvait vivre sans manger (inédie).
        Théurgie. On n'est pas si loin de l'angélologie pratique. « La théurgie est une forme de magie, celle qui permet de se mettre en rapport avec les puissances célestes bénéfiques pour les voir ou pour agir sur elles (par exemple en les contraignant à animer une statue, à habiter un être humain, à révéler des mystères »)69. Le théurge invoque ou évoque des « entités supérieures », archanges, anges, génies, esprits ou dieux (« haute magie »), et il s'élève à elles ou bien il les fait descendre vers lui (« télestique »), soit par des moyens spirituels comme la méditation soit par des moyens matériels comme les herbes, la musique, le rhombe. La théurgie était présente chez les néo-platoniciens comme Jamblique et chez les Élus Coëns (voir Martinisme).
    La magie qui invoque des diables ou démons malfaisants est appelée goétie, celle qui invoque des anges bienfaisants ou dieux est de la théurgie ; les deux forment la « magie cérémonielle »70.
    Souvent, tous les supports interviennent. Soit le « rituel d'appel de forces ». « Il faut d'abord se procurer une feuille de parchemin animal [symbole] sur laquelle on écrira sa demande. Le rituel s'effectuera en lune ascendante [astre], soit dans l'oratoire, soit en plein air [condition de lieu], la nuit [condition de temps]. Sur l'autel sont disposés : le parchemin enveloppé de soie, deux cierges liturgiques [Élément Feu], de l'eau lustrale [Élément Eau], un bol de terre ou un crâne [Élément Terre], de l'encens dans un brûle-parfum [Élément Air]. On tracera [expression par geste] le cercle de protection. On prend son couteau rituélique à manche noir [instrument] et on dit [expression par parole] : Introïbo ad altare Demiurgi, puis on lit les psaumes 2, 6, 101, 129 et 142. On visualise [expression par imagination] alors sa demande : si on souhaite de l'argent, on voit des piles de beaux billets. On appelle le génie que l'on a choisi [démonisme]. On attend jusqu'à ce que l'on sente la présence de l'entité appelée [expression par volonté], et, croyez-moi, on la sent. On lit à nouveau le texte du parchemin, puis on récite la formule suivante : Demiurgus Caeli71… »
    Théories sur la magie
    La magie selon les philosophes
    Plotin, dans son traité 28, explique la magie par les antipathies et sympathies (comme Bolos de Mendès), par l'Amour et la Haine cosmiques (comme Empédocle), par la sympathie cosmique (comme les stoïciens), par les démons (comme Pythagore et Xénocrate)72. « Pour les actes de sorcellerie (goetéia), comment les expliquer ? par la sympathie, par le fait qu'il existe par nature une harmonie entre les semblables et une opposition entre les contraires, par la variété des nombreuses puissances qui se mettent en œuvre pour réaliser l'unité de l'être vivant. D'ailleurs, sans que personne n'intervienne, beaucoup d'attractions et de sortilèges se produisent ; car la vraie magie c'est l'amour qu'il y a dans l'univers et inversement la haine. » « Ces sages antiques, qui cherchaient à s'assurer de la présence des êtres divins en érigeant des sanctuaires et des statues (…) comprirent que cette Âme [du monde], bien qu'elle soit partout présente, peut être captée d'autant plus facilement qu'un réceptacle adéquat aura été prévu à cet effet, un lieu particulièrement approprié pour en recueillir quelque portion ou phase, quelque chose qui puisse la reproduire ou capter son image à la manière d'un miroir »73.
    Les humanistes de la Renaissance, dont Marsile Ficin, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, Pic de la Mirandole ont des connaissance livresques du sujet.
    Marsile Ficin opère une révolution dans l'histoire de la magie en en donnant une version subjective, complètement spirituelle. Il limite le pouvoir de la magie au seul esprit du mage74. Comme les stoïciens et Plotin, il pense qu'un Esprit cosmique (spiritus mundi), intermédiaire entre l'Âme du monde (Anima mundi) et le Corps du monde (Corpus mundi), de la nature de l'éther, qui « vivifie tout », qui est « la cause immédiate de toute génération et de tout mouvement », traverse le Tout ; la mage peut attirer cet Esprit qui peut canaliser l'influence des astres, « attirer la vie céleste ».
        « L'opération de la magie est l'attraction d'une chose par une autre en vertu d'une affinité naturelle… Ainsi l'aimant attire le fer… Les œuvres de la magie sont donc des œuvres de nature… Et la nature entière est appelée magicienne en vertu de cet amour réciproque… Toute la puissance de la magie réside dans l'Amour et l'œuvre de l'Amour s'accomplit par fascination, incantation et sortilège »75.
    Selon Pic de la Mirandole, alors âgé de 24 ans, « nulle science ne confirme davantage la divinité du Christ que la magie et la Cabbale ». Mais il fait l'effort de séparer la magie naturelle qui est en fait le mot traditionnel pour la science ou la philosophie, de la magie démoniaque qui est rigoureusement à condamner. « Je dis et je répète que ce nom de « magie » est un terme équivoque et signifie aussi bien la nécromancie, où l'on procède par pacte et accords étroits avec les démons, que la partie pratique de la science de la nature, qui n'enseigne rien d'autre qu'à accomplir des œuvres merveilleuses grâce aux forces naturelles »76. Dans ce sens là et sous cette restriction fondamentale « Faire de la magie n'est autre que marier le monde ». Pour lui la connaissance n'est pas que spéculative : elle conduit à l'action sur le monde. Il croit en quelques principes : l'animisme (tout est vivant et providentiel), la latence (le magicien peut « actualiser ou réunir » à une autre toute force cachée), Dieu (toute œuvre doit être rapportée au Créateur), les analogies. Pour Pic, la magie consiste à s'appuyer sur l'astrologie pour lire le Livre de la nature et sur la kabbale pour interpréter la Bible.
    Pour Agrippa, les plantes, les planètes ont chacun une âme rationnelle. Les influences vont du supérieur à l'inférieur, verticalement, comme chez Platon : Dieu, Idées, Âme du monde, Figures et Nombres, rayons des étoiles, esprits et âmes humaines, choses matérielles77.
    La magie selon les anthropologues
        Les approches évolutionnistes et positivistes
    Depuis la fin du XIXe siècle, la magie est pensée par des spécialistes de sciences humaines78. Edward Burnett Tylor fait une différence radicale entre magie et approche. La magie repose sur « l'erreur consistant à prendre une analogie idéale pour une connexion réelle »79, par exemple le raisonnement du magicien infère du fait que le coq chante quand le Soleil se lève l'idée que si l'on fait chanter le coq le Soleil se lèvera. En tout cas, la magie donne une explication du monde. Dans son ouvrage Le Rameau d'or80, James George Frazer théorise l'hypothétique passage de l'humanité par trois stades intellectuels : magie, religion, science, et par là s'approprie la simplification « progrès = rationalisation ». Frazer distingue ces trois étapes et mentalités selon l'intention, la rationalité et l'autonomie de l'agent. La magie est le stade le plus ancien et bas. Magie et science veulent ensemble l'autonomie de l'agent et changer le monde, mais la magie, à la différence de la science, n'est pas rationnelle, elle a des principes tout autres. Magie et religion admettent ensemble l'existence de puissances surnaturelles, mais la magie a un but pratique et veut forcer les puissances surnaturelles, alors que la religion n'a pas de but pratique et cherche à se concilier les puissances surnaturelles (Dieu, anges, démons…).
        Les approches sociologiques
    Pour Hubert et Mauss81, la religion a pour extrême le sacrifice, tandis que la magie a pour extrême le maléfice ; la religion recherche le grand jour et le public, tandis que la magie les fuit ; la religion se montre comme un « culte organisé », tandis que la magie se montre souvent sous un aspect « irrégulier, anormal, et peu estimable ». Le magicien a une position sociale, on lui attribue des pouvoirs spéciaux, « c'est donc l'opinion qui crée le magicien et les influences qu'il dégage ». « Et le magicien se dupe lui-même. » Dans Les formes élémentaires de la religion, Émile Durkheim82 sépare magie et religion : individualiste et anti-sociale, la magie ne se prête pas à des manifestations collectives, et elle est viscéralement anti-religieuse. Mauss, ensuite, centre son approche sur la notion de mana. « Le mana est d'abord l'action spirituelle à distance qui se produit entre des êtres sympathiques. C'est également une sorte d'éther, impondérable, communicable, et qui se répand de lui-même. Le mana, en outre, fonctionne dans un milieu qui est mana ».
    Pour Lucien Lévy-Bruhl, la magie relève d'une mentalité prélogique, car elle ignore les principes de non-contradiction et d'identité ; elle se centre sur la notion de participation mystique, qui veut que « les objets, êtres, phénomènes peuvent être à la fois eux-mêmes et autre chose qu'eux-mêmes », par exemple un primitif pense être lui-même et son totem.
        Les approches fonctionnalistes
    Pour Bronisław Malinowski83, la magie est pragmatique, elle répond à des buts précis, surtout en cas de malheur et d'échec, et elle est individuelle. On recherche son efficacité et on trouve ses fins par les rites. La religion est plus abstraite, désintéressée que la magie, la magie intervient où la technique échoue. Magie comme religion ont pour dénominateur commun leur fonction apaisante pendant des périodes de troubles ou de doutes psychologiques ; cependant, si les progrès de la science vont réduire la magie, la religion continuera à rassurer.
        Les approches structuralistes
    Pour Claude Lévi-Strauss84, la magie n'est pas une fausse science (comme le dit Frazer), une pensée prélogique (comme le soutient Lévy-Bruhl), mais une autre rationalité, une façon de donner du sens. Elle met en place un système de classification.
    La magie peut-elle être efficace ?
    Approche parapsychologique
    Certains « pouvoirs magiques » sont examinés par des parapsychologues, mais ils ne sont guère reproductibles, et on peut les interpréter différemment. Toujours est-il que la psychokinèse, l'influence à distance du magnétiseur, les guérisons paranormales, l'efficacité thérapeutique de la prière n'ont jamais été scientifiquement prouvées.
    Compréhension épistémologique
    D'un point de vue épistémologique, la magie n'est jamais vérifiable et elle trouve toujours une justification. Si le rite échoue, le magicien dira que les conditions n'étaient pas remplies.
    Vision sociologique
    Le sociologue Mauss85 croit en une « suggestion collective ». La société a une influence sur l'individu. La société ou un groupe croit en la magie, et l'effet se produit, par insinuation. Par exemple, une hantise de la mort, d'origine purement sociale, peut entraîner la mort. Certains aborigènes d'Australie pratiquent le sort de « l'os pointé », qui consiste à viser celui qui doit mourir avec un os d'une longueur de 15-22 cm, d'origine humaine ou animale86.
    La magie dans le christianisme
    L'Ancien Testament rejette les pratiques magiques : « Tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (Exode, XXII, 18). « Vous donc, n'écoutez ni vos prophètes, ni vos devins, ni vos songes, ni vos augures, ni vos magiciens » (Jérémie, XXVII, 9). La magie est assimilée aux sacrifices d'enfants par le feu, à la sorcellerie, à la nécromancie, et attribuée aux étrangers, Égyptiens, Mésopotamiens, Perses, Cananéens.
    Dans le christianisme, la magie a mauvaise réputation. Les gouvernements, de 311 à 361, ont prohibé la magie, l'haruspicine (l'interrogation des entrailles des victimes sacrificielles en vue de la divination), les cultes syriens. Constantin, en 321, punit la simple connaissance de la magie, même sans pratique. Saint Justin (Dialogue contre Tryphon), Ambroise, saint Augustin (De la doctrine chrétienne), les théologiens condamnent, en ne distinguant pas la magie des autres sciences occultes et en y voyant un culte des démons ou une hérésie. L'Église aussi se montre sévère. Le Décret de Gratien, rédigé aux alentours de 1140 et qui rassemble plus de 3800 textes, contient quantité de condamnations.
    Selon l'Apocalypse les magiciens sont excommuniés de facto ; ils n'ont pas accès à la vie éternelle, et vont directement en enfer.
    La magie dans le satanisme
    La magie noire est couramment utilisée dans le satanisme. Elle puise dans les émotions pour gagner en énergie et être employée de différentes manières. Le plus souvent par le biais de rituels considérés comme maléfiques. Pour effectuer ces rituels, les adeptes du satanisme utilisent cinq ingrédients :
        Le désir : aussi appelé « le vouloir », c'est-à-dire la volonté de réussir le rituel ;
        La période : la « réceptivité » de la cible et la configuration astrale ;
        L'imagerie : pour la visualisation, requiert deux éléments : biologique (cheveux, ongles, etc.) et émotionnel (photo, parfum, etc.) ;
        La direction : accumulation des forces nécessaires vers le rituel ;
        Le facteur de balance : l'évaluation des possibilités en fonction des moyens.
    D'autres types de magies noires existent, ils sont souvent issus d'un rituel, les messes noires, les envoûtements, le spiritisme, ou encore l'invocation de démons comme l'incube et le succube87.
    Il existe aussi une magie utilisée contre le satanisme : l'exorcisme. Cela consiste à extraire un démon d'un corps humain, après qu'il en ai pris la possession.
    Histoire de la magie occidentale
    « La magie est de tous les temps. Depuis le début de l'humanité, elle suit les pas des hommes sur tous les continents. A l'ombre des religions, en leur sein parfois, plus souvent en vive concurrence avec elles, elle transporte une part du sacré, du transcendant, de ce qui dépasse l'être mortel, pour lui parler du surnaturel et pour lui laisser la certitude, l'espoir ou l'illusion de pouvoir agir efficacement sur le monde invisible »88.
    Préhistoire et Antiquité
    Cette section n’est pas rédigée dans un style encyclopédique. Améliorez sa rédaction !
        Les chasseurs-cueilleurs actuels ont de nombreux rites liés aux phénomènes de la nature (changements saisonniers) et de manière générale à tout ce qui leur est inexpliqué. Ceci est lié à l'irruption de la pensée magique et à l'animisme qui affirme que tout objet a une âme. Il est donc assez naturel, par extrapolation, de considérer que la magie est venue très tôt, en Occident, avec les Néanderthaliens et même Homo erectus. Celui-ci a découvert le feu vers 750 000 ans et a envahi toute l'Afrique et l'Eurasie, il est assez raisonnable de penser que divers rituels l'accompagnaient. Les cavernes ornées de représentations d'animaux sont interprétés comme support de rituels magiques car c'était une nécessité d'assurer un nombre important de prises. L'utilisation de l'ocre rouge (280 000 ans) pour les armes, pour les peintures, pour les sépultures est aussi un indice. Il est possible que certains personnages peints de 33 000 à 10 000 ans av. J.-C. soient des « sorciers » ou « chamanes »89.
        Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver dans les grottes de toute l'Europe des statuettes analogues de formes féminines très stylisées, parfois avec un phallus à la place de la tête90.
    La magie occidentale s'est inspirée d'autres cultures. Les Grecs en étaient conscients, en particulier quand ils disaient qu'Apollonios de Tyane avait « rendu visite aux Mages de Babylone, aux Brahmanes des Indes et aux Gymnosophistes d'Égypte »91.
        La magie grecque commence peut-être en Crète avec les Dactyles (métallurges), les Courètes (danseurs) (vers 2500 av. J.-C. ?). On connaît des chamans grecs dès 600 av. J.-C.92. Les principaux documents sur la magie antique consistent en papyrus magiques, en tablettes de malédiction et en amulettes. Les esprits ont été marqués par ce passage du Corpus Hermeticum, traité XIX : Asclépius (Ier s.) : « Ce sont des statues pourvues d'une âme, conscientes, pleines de souffle vital, et qui accomplissent une infinité de merveilles, des statues qui connaissent l'avenir et le prédisent par les sorts, l'inspiration prophétique, les songes et bien d'autres méthodes, qui envoient aux hommes les maladies et qui les guérissent, qui donnent, selon nos mérites, la douleur et la joie ». Hérodote condamne les mages, considérant que ces conseillers de palais sont des intrigants et qu'ils se trompent dans leurs interprétations93.
        La magie est contrôlée politiquement, elle menace l'autorité. À Rome, la Loi des douze tables (450 av. J.-C.) sanctionne quantité d'opérations magiques, en particulier contre les terres d'autrui. L'empereur romain Constant Ier, en 341, interdit la magie, sous peine capitale. L'Église s'inquiète plutôt de paganisme, hérésie, concurrence à la création divine : le concile de Laodicée (Laodicæa ad Lycum), vers 364, dans son 36e canon, interdit aux prêtres de s’occuper de magie et de sorcellerie. L'Église distingue les arts magiques et la magie lors du concile d'Ancyre, en 314. Le Code de Théodose interdit la divination et la magie en 43994.

    Moyen Âge et Renaissance

        Au Moyen Âge vint cette définition confuse du magicien par Isidore de Séville vers 630 :

        « Les magiciens (magi) sont ceux qu’on désigne vulgairement sous le nom de « malfaisants » (malefici) à cause de l'ampleur de leurs méfaits. Ils perturbent les éléments, troublent l’esprit des hommes, et, sans absorption d’aucune potion, seulement par la violence de leurs incantations, ils tuent. Ils osent tourmenter grâce aux démons qu’ils ont invoqués, pour que n’importe qui anéantisse ses ennemis par ces arts mauvais. Ils utilisent même du sang et des victimes et touchent souvent au corps des morts95. »
    Le 4e concile de Tolède, présidé par Isidore de Séville en 633, distingue quand même les magiciens des devins (aruspices, arioli, augures, sortilegi)96. Il faudra attendre le XVIe siècle pour séparer la magie non seulement des autres arts occultes (comme la divination), mais encore de la sorcellerie, de l'hérésie, du paganisme, de la nécromancie.
    La confusion des mots s'accompagne d'une terrible répression, de censure, d'Inquisition. En 343-381, le synode de Laodicée exige que « les membres du haut clergé et du bas clergé ne soient pas des magiciens, des enchanteurs ou des faiseurs d'horoscopes ou des astrologues et qu'ils ne fabriquent pas ce que l'on appelle des amulettes, qui sont des entraves à leur propre âme »97. Dès 438, le code théodosien interdit magie, divination. En 506, le concile d'Agde condamne les enchanteurs (les magiciens), mais il distingue la magie de la religion et il énumère ce qui relève de la magie : les incantations, les phylactères, les maléfices, les prodiges98. Le concile de Rome, en 721, interdit les incantations (incantationes).
    La notion de magie, isolée, distincte du paganisme ou de la sorcellerie, n'apparaît qu'au début du XIIIe siècle En 1277, l'évêque Tempier condamne les traités de géomancie, de nécromancie, les recueils de sortilèges et d'invocations de démons99. Giovanni Balbi (Jean de Gênes) distingue le prestigium (prestidigitation), qui relève de l'illusion des sens, et le maleficium, qui implique une soumission des démons au pouvoir des magiciens (Catholicon, 1286).
    Le rôle des traducteurs est important. Le roi de Castille et de Leon, Alphonse X le Sage, fait traduire en latin le Sefer Raziel, traité kabbalistique en hébreu, puis en 1256 le Picatrix, traité en arabe.
    Les textes importants au Moyen Âge sont Le secret des secrets du pseudo-Aristote*, le Picatrix [3] [archive] de l'Arabe pseudo-al-Majrîtî, le Des rayons des étoiles de l'Arabe al-Kindî, Le Grand Albert (1245 ss.), le Livre des visions de Jean de Morigny (1323), La magie sacrée d'Abramelin de Mage (1450 ? ou faux du XVIIIe s. ?). On parle surtout de vertus occultes, d'esprits, de talismans, d'astrologie. À partir de 1250 des livres de « magie salomonienne » circulent, dont la Clavicula Salomonis (Petite clé de Salomon, XVe siècle) [4] [archive], et le Lemegeton (plus tardif, XVIe siècle). Ils traitent de figures magiques, de noms d'esprits, anges ou démons à invoquer pour obtenir ce que l'on désire. Le Livre de l'ange Raziel fait le lien entre magie et kabbale car il recueille des fragments d'Éléazar de Worms avec divers tableaux et images. Kabbalistiques.[5] [archive]
    Hugues de Saint-Victor, dans son Didascalicon (vers 1135) distingue cinq types de magie : la mantique (divination), la mathématique, les maléfices, les sortilèges, les prestiges.
        La Renaissance, en étudiant les textes, en développant le libre examen, met de la clarté et de l'intelligence, même si alors le mot « magie » désigne la philosophie occulte, l'ésotérisme. Selon Robert-Léon Wagner, « l'élaboration intellectuelle du concept de magie n'est pas antérieure au XVIe siècle »100. De grands esprits expliquent : Marsile Ficin, Jean Pic de la Mirandole en 1496, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim en 1510, Paracelse en 1537, Nostradamus, Giordano Bruno, Thomas Campanella. L'influence de la kabbale se fait sentir. Les notions de microcosme, de signature, de magie naturelle, d'analogies s'imposent. En 1575, Camerarius divise la magie en incantations, prestiges et évocation des morts101.
    XVIIe et XVIIIe siècles
        Le XVIIe ne confond plus astronomie et astrologie, physique et magie naturelle, théologie et théosophie. On rationalise la magie, avec Robert Fludd, Athanase Kircher. En France, par édit royal de 1682, sous Louis XIV, la notion de sorcier ou magicien est supprimée : désormais l'État ne reconnaît plus que des charlatans, des imposteurs, ou des imaginatifs, des fous. Il faudra attendre 1735 en Angleterre (Witchcraft Act).
        Le XVIIIe s. parisien voit défiler de hautes figures de la magie, comme le comte de Saint-Germain en 1763, Franz Anton Mesmer en 1778, Cagliostro en 1785, tous contestés. Plus discrets, d'autres pratiquent la théurgie, dont les martinistes (J. Martines de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin). Des grimoires, nettement satanistes, circulent, par exemple Le grimoire d'Honorius III (vers 1670) « http://library.syncleus.com/Magick/GRIMIOIREOFHONURIUS.PDF »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), Le grand grimoire, ou Dragon rouge (1750 ?).
    XIXe et XXe siècles
    Une contribution très organisée et pensée à la magie vient d'une organisation initiatique, fondée en 1888 par deux Anglais : la Golden Dawn. Elle a élaboré de rituels, des symboles magiques de toutes sortes et attiré dans ses rangs de grands mages et magiciens, dont Samuel MacGregor Mathers, Arthur Edward Waite, Aleister Crowley, Israel Regardie. Crowley est « the most controversial and misunderstood personality to figure in the new era of modern day witchcraft (La personnalité la plus controversée et la plus incomprise à figurer dans la nouvelle ère de la sorcellerie moderne) ».

    Deux mouvements émergent au XIXe siècle : la Société théosophique de Helena Blavatsky et le néo-occultisme d'Éliphas Lévi et Papus. Les théosophistes utilisent des notions orientales, les néo-occultistes veulent concilier la magie avec la science.
    Franz Bardon est un grand nom de la magie du XXe siècle, style occultiste.
    Membre de plusieurs organisations initiatiques, Gerald Gardner a fondé en 1939 une tradition de sorciers et sorcières qui devint la Wicca ; en Angleterre, la peine capitale infligée aux sorcières a été abolie deux fois (Witchcraft Act de 1735 et 1951). L'accent est mis sur la magie, une magie païenne, sous l'influence d'un livre de Margaret Murray consacré au sorcières102,103.
    La « magie du chaos », inspirée par les idées d'Austin O. Spare et l'éthique punk du Do it yourself, est une forme post-moderne et pragmatique de magie apparue à Londres au cours des années 1980.
    Le New Age, né en 1970 aux États-Unis, sans être magique, baigne dans une atmosphère magique. L'une des grandes idées du New Age est que l'on peut créer sa propre réalité grâce à des visualisations ou à des affirmations telles que « Je suis Dieu »104. La magie consiste à participer mystiquement à l'enchantement du monde et à augmenter spirituellement son pouvoir d'enchantement.
    Duel de magie, deux magiciens transformistes s'affrontent, l'un prenant la forme d'un serpent, l'autre d'un rapace.
    peint par Yoshitsuya Ichieisai — Japon, années 1860.
    Bibliographie
    Traités de magie
        Papyri Graecae Magicae (PGM, recueil des textes magiques grecs, du IVe s. av. J.-C. jusqu'au IVe s., trad. : Michaël Martin, Les papyrus grecs magiques, Éditions Manuscrit-Université, Histoire, 2002, 284 p.
        Grand papyrus magique no 754 de la Bibliothèque nationale de Paris (PGM IV.297-408) (IVe s.), trad. du grec : Manuel de magie égyptienne, Paris, Les Belles Lettres, Aux sources de la tradition, 1995, 165 p. En fait partie la Liturgie mithriaque ou Rituel mithraïque [6] [archive]
        pseudo-al-Majrîtî (Picatrix), Le but des sages dans la magie (Ghâyat al-hakîm fi'l-sihr) (Picatrix) (vers 1050), trad. de la version latine (1256) : Le Picatrix, Turnhout (Belgique), Brepols, Miroir du Moyen Âge, 2003, 383 p. Extraits en ligne : [7] [archive]
        Le grand et le petit Albert (vers 1245-1703 pour le Grand Albert, avec des extraits, effectivement, d'Albert le Grand), trad. du latin, Trajectoire, 1999, 391 p. Extraits en ligne du Grand Albert : [8] [archive]. Petit Albert : [9] [archive]
        Marsile Ficin, Les trois livres de la vie (1489), trad. du latin, Fayard, Corpus des œuvres de philosophie, 2000, 276 p.
        Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, La philosophie occulte ou la Magie (1510, 1re éd. 1531-1533), livre I, 218 p. : La magie naturelle, livre II, 228 p. : La magie céleste, livre III, 248 p. : La magie cérémonielle, trad. du latin Jean Servier, Paris, Berg International, 1982. Le livre IV est apocryphe et démoniaque : La philosophie occulte, livre quatrième. Les cérémonies magiques (1559), Paris, Éditions traditionnelles, 2000, 80 p.
        Paracelse, De la magie. Étude et textes choisis par Lucien Braun, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 1998, 147 p.
        Éliphas Lévi, Dogme et Rituel de la haute magie (1854-1861), Histoire de la magie (1859), La clef des grands mystères (1859) : Secrets de la magie, Paris, Robert Laffont, Bouquins, 2000, 1066 p. En ligne : [10] [archive]
        Papus, Traité méthodique de magie pratique (posthume, 1924), Saint-Jean-de-Braye, Dangles, 1999, 648 p. En ligne : [11] [archive]
        Philippe Pissier, Magick, partie I &II (traduction d'Aleister Crowley), éditions Blockhaus
        Philippe Pissier, EQUINOXE, revue, deux livraisons à l'heure actuelle, remplies de traductions de textes de Crowley.
        Franz Bardon, Le chemin de la véritable initiation magique (1956) en ligne [12] [archive], La pratique de la magie évocatoire (1956), La clé de la véritable Kabbale (1957), trad. de l'all., Courbevoie, Éditions Alexandre Moryason, 2001
        Jean-Pascal Ruggiu, Rituels magiques Golden Dawn, tome 1
        Alexandre Moryason, La lumière sur le royaume ou Pratique de la magie sacrée au quotidien, tome 1 (Moryason, en tant qu'éditeur, a permis que Franz Bardon soit publié en France)
    Grimoires de magie
    voir à grimoire
    Études sur la magie
    (par ordre chronologique)
        Jules Garinet, Histoire de la magie en France, (1818).
        Pierre Christian, Histoire de la magie (1870), 666 p.
        Edward B. Tylor, La civilisation primitive (1871), trad. de l'an., Paris, Reinwald, 1876, 2 t.
        Daremberg et Saglio, Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, 1877-1919, article "Magia" Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio [archive]
        Marcel Mauss, Esquisse d'une théorie générale de la magie (1902-1903, 1re éd. 1950), in Sociologie et Anthropologie (1902-1934, 1re éd. 1950), Paris, PUF, 2004, p. 1-141
        James George Frazer, Le Rameau d'or (1911-1915), trad. de l'an., Paris, Robert Laffont, "Bouquins", 1981, vol. I : Le roi magicien dans la société primitive (1890). Texte en ligne (en anglais) : Frazer, Sir James George. 1922. The Golden Bough [archive]
        Lynn Thorndike, A History of Magic and Experimental Science during the first thirteen centuries of our era (1923-1934), New York, Columbia University Press, 1984, 8 vol. . T 1 : 835 p. ; t. II : 1036 p. ; t. III : 827 p. ; t. IV : 767 p. ; t. V : 695 p. ; t. VI : 766 p. ; t. VII : 695 p. ; t. VIII : 808 p.
        Kurt Seligmann, Le miroir de la magie (1948, The history of magic), trad., Le Club du meilleur livre, 1956.
        Mircea Eliade, Le Chamanisme et les Techniques archaïques de l'extase, 1951
        Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale (1958), chap. IX : "Le sorcier et sa magie", chap. X : "L'efficacité symbolique", Paris, Pocket, "L'agora", 2003, 480 p.
        François Ribadeau-Dumas, Histoire de la magie (1960 ?), Paris, Pierre Belfond, "Sciences secrètes", 1973, 621 p.
        Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, 1962
        Jeanne Favret-Saada, Les mots, la mort, les sorts. La sorcellerie dans le bocage (1977), Paris, Gallimard, "Folio", 1985, 427 p. (ISBN 978-2070322817)
        Régis Boyer, Le monde du double. La magie chez les anciens Scandinaves, Paris, Berg International, 1986, 219 p.
        Richard Kieckhefer, Magic in the Middle Ages, Cambridge University Press, 1989
        H. Maguire (éd.), Byzantine Magic, Cambridge (Mass.), 1995.
        Alain Moreau et Jean-Claude Turpin, La Magie, Montpellier, Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, t. 1 : Du monde babylonien au monde hellénistique, 330 p., t. 2 : 2. La magie dans l’Antiquité grecque tardive. Les mythes, 340 p., t. 3. Du monde latin au monde contemporain. 362 p., t. 4 : Bibliographie. 169 p.
        Jean Servier, La magie, Paris, PUF, "Que sais-je ?", 1993, 127 p.
        M. W. Dickie, Magic and Magicians in the Greco-Roman World, Londres et New York, Routledge, 2001, 380 p.
        Claude Lecouteux, Le livre des grimoires (2002), Imago, 2008, 320 p.
        Leo Ruickbie, Witchcraft Out of the Shadows, Robert Hale, 2004, p. 193-209 (sur la magie dans le néo-paganisme de la Wicca).
        Jean-Michel Salmann (dir.), Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, Paris, Le livre de poche, "Pochothèque", 2006, 935 p.
        Pierre A. Riffard, Nouveau dictionnaire de l'ésotérisme, Paris, Payot, 2008, 331 p.
    Références : films, jeux…
    « On ne peut évoquer la sorcellerie de ces siècles sans parler de l'énorme succès littéraire et artistique que rencontre auprès de tous les publics ce thème toujours réinterrogé par l'imaginaire des romanciers, des musiciens, des peintres, voire des historiens et des juristes, sans parler des contes de fées. »105 Ainsi, aujourd'hui dans la culture populaire, on trouve tout un monde fantastique lié à la magie, tel que des séries, des films, des livres, des émissions, des jeux et des spectacles. On trouve ainsi un grand répertoire de références culturelles qui reprennent le thème de la magie et le réinventent constamment.
    Films et séries télévisées
    (par ordre chronologique)
        Ma sorcière bien-aimée, série, 1964-1972, États-Unis
        Le Moine et la sorcière, film, 1987, France, Suzanne Schiffman
        Les Sorcières d'Eastwick, film, 1987, États-Unis, George Miller
        Ma belle-mère est une sorcière, film, 1988, États-Unis, Larry Cohen
        Hocus Pocus, film, 1993, États-Unis, Kenny Ortega
        Charmed, série, 1998-2006, États-Unis
        Angel, série, 1999-2004, États-Unis
        Harry Potter, série de films mondialement connue, 2001, États-Unis/Royaume-Uni, David Heyman
        Le Seigneur des anneaux, série de films mondialement connue, 2001-2003, États-Unis/Nouvelle-Zélande, Peter Jackson
        Buffy contre les vampires, série, 1996-2003, États-Unis
        Hex : La Malédiction, 2004-2005, Royaume-Uni
        Winx Club, 2004 - en cours, Italie
        Supernatural, série, 2005, États-Unis
        Le Monde de Narnia, série de films, 2005-2010, États-Unis
        W.I.T.C.H., dessin animé
        Fairy Tail, anime adapté d'un manga de Hiro Mashima
        L'Illusionniste, film, 2006, États-Unis, Neil Burger
        Le Prestige, film, 2006, États-Unis, Christopher Nolan
        Eragon, film
        Sabrina, l'apprentie sorcière, série
        Magie Noire
        Les Sorciers de Waverly Place, série
        Magic (série télévisée d'animation)
        Merlin, série, 2008, Royaume-Uni
        Vampire Diaries, série, 2009 - en cours, États-Unis
        Percy Jackson, série de films, 2010-2013, États-Unis
        The Secret Circle, série
        Once Upon a Time, série
        Magical Doremi, anime
        Sortilège, film, 2011, États-Unis, Daniel Barnz
        Game of Thrones, série, 2011, États-Unis
        American Horror Story: Coven, série
        Sublimes Créatures, film, 2013, États-Unis, Richard LaGravenese
        Insaisissables, film, 2013, États-Unis/France, Louis Leterrier
        The Originals, série, 2013 - en cours, États-Unis (spin-off de Vampire Diaries)
        Les Sorcières de Zugarramurdi, film, 2013, Espagne/France
        Maléfique, film, 2014, États-Unis
        Salem, série, 2014, États-Unis
        Reign : Le Destin d'une reine, série, 2014-2017, États-Unis
        The Magicians, série, 2015 - en cours, États-Unis
        Insaisissables 2, film, 2016, États-Unis
        La Belle et la Bête, film, 2017, États-Unis
        The Order (série télévisée), série 2018 - 2020 en cours, États-Unis, France
    Littérature
    (par ordre chronologique)
        Le Monde de Narnia, C. S. Lewis, Royaume-Uni, 1950-1956
        Le Seigneur des anneaux, série de romans mondialement connue, J. R. R. Tolkien, Royaume-Uni, 1954-1955
        Journal d'un vampire (The Vampire Diaries), L. J. Smith, États-Unis, 1991-1992 et 2009-2014
        Le Trône de fer, série de romans, George R. R. Martin, États-Unis, 1996-2011
        Harry Potter, série de romans mondialement connue, J. K. Rowling, Royaume-Uni, 1997-2007
        Les Animaux fantastiques, J. K. Rowling, Royaume-Uni, 2001
        Les Chevaliers d'Émeraude, série de romans, Anne Robillard, Canada, 2003-2008
        L'Héritage, Christopher Paolini, États-Unis, 2003-2011
        Fables, série de bandes dessinées écrites par Bill Willingham et dessinées par Mark Buckingham, Lan Medina, Steve Leialoha, et Craig Hamilton, 2003-2015
        Percy Jackson, série de romans, Rick Riordan, États-Unis, 2005-2010
        Winx Club, série de livres jeunesses, Sophie Marvaud, Hachette Jeunesse, 2005-2016
        16 lunes, série de livres (17 lunes, 18 lunes, 19 lunes), Kami Garcia et Margaret Stohl, États-Unis, 2009-2012
        Les Secrets de l'immortel Nicolas Flamel, série de romans jeunesses, Michael Scott, États-Unis, 2007-2012
    Quelques sorciers et sorcières connues
        Circé, sur son île, dans l'Odyssée, la tante de Médée ;
        Médée, qui aida Jason à trouver la Toison d'or, puis, abandonnée par le héros pour une autre, assassina leurs propres enfants ;
        Merlin et Morgane, du mythe arthurien ;
        Gandalf et Saroumane, du Seigneur des Anneaux ;
        Radagast le brun de Bilbo le Hobbit ;
        Harry Potter (et les autres sorciers de la série);
    Jeux axés sur la magie
    Beaucoup de jeux de rôle incluent de la magie, mais ceux qui suivent en ont fait le pivot de leur univers :
        Donjons et Dragons (jeu de rôle papier)
        Magical Starsign (jeu vidéo)
        Final Fantasy (jeu vidéo)
        Ars Magica (jeu de rôle)
        Earthdawn (jeu de rôle)
        Hurlements (jeu de rôle)
        Mage: l'Éveil et Mage: l'Ascension (jeu de rôle)
        Nephilim (jeu de rôle)
        Nobilis (jeu de rôle)
        Talislanta (jeu de rôle)
        Unknown Armies
        World of Warcraft (jeu vidéo)
        The Elder Scrolls III: Morrowind (jeu vidéo)
        The Elder Scrolls IV: Oblivion (jeu vidéo)
        The Elder Scrolls V: Skyrim (jeu vidéo)
        The Witcher (jeu vidéo)
        Dragon Age (jeu vidéo)
        Golden Sun (jeu vidéo)
        Breath of Fire (jeu vidéo)
        Heroes of Might and Magic (jeu vidéo)
        Le Seigneur des anneaux Online (jeu vidéo)
        Harry Potter (jeu vidéo)
        Fire Emblem: Awakening (jeu vidéo)
        Magic the Gathering (jeu de cartes)
        Shadowrun (jeu de rôle)
        The Legend of Zelda (jeu vidéo)
    Notes et références
    John Emery Murdoch and Edith Dudley Sylla, The cultural context of medieval learning : proceedings of the first International Colloquium on Philosophy, Science, and Theology in the Middle Ages--September 1973, Dordrecht, Holland ; Boston, D. Reidel, 1975 (ISBN 94-010-1781-6)
    (en) F. R. Lehmann et E. Evans-Pritchard, « Witchcraft, Oracles and Magic among the Azande », The Journal of American Folklore,‎ 1937 (DOI 10.2307/536030, lire en ligne [archive], consulté le 2 mars 2021)
    (en) Matteo Benussi, « Magic », Cambridge Encyclopedia of Anthropology,‎ 25 octobre 2019 (lire en ligne [archive], consulté le 1er mars 2021)
    (en) Jack Hunter, « Anthropology and Psi Research » [archive], sur Psi Encyclopedia, 18 juin 2015
    (en) Amira El-Zein, Islam, Arabs, and the Intelligent World of the Jinn, Syracuse University Press, 30 mars 2017 (ISBN 9780815635147)
    (en) William Matthews, « 'Wisdom', 'Knowledge', and the 'Yi Jing Thought Model': Two Perspectives on the Proper Uses of the Classics in Contemporary Hangzhou », Joint East Asian Studies Conference,‎ 2016 (lire en ligne [archive], consulté le 2 mars 2021)
    Vandana Singh Kushwah, Rashmi Sisodia et Chhaya Bhatnagar, « Magico-religious and social belief of tribals of district Udaipur, Rajasthan », Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine, vol. 13, no 1,‎ 1er décembre 2017, p. 69 (ISSN 1746-4269, PMID 29191222, PMCID PMC5709986, DOI 10.1186/s13002-017-0195-2, lire en ligne [archive], consulté le 2 mars 2021)
    Définition étymologique [archive] de magie du Centre national de ressources textuelles et lexicales.http://elearning.unifr.ch/antiquitas/fiches.php?id_fiche=30 [archive]. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, t. 3, 1974. Voir sur le mot "magus" et les réactions de l'Église : Jean-Baptiste Thiers, Traité des superstitions, 1741, 4 vol.
    Meillet vieux-perse [archive]
    "Inscription de Béhistoun" (515 av. J.-C.), en écriture cunéiforme et en trois langues [archive] (vieux perse, babylonien, élamite)
    Héraclité, fragment B 14 : Les présocratiques, Paris, Gallimard, "Pléiade", 1988, p. 149.
    Hérodote, L'Enquête, livre I, 101, trad. du grec, Gallimard, "Folio", t. 1, p. 95.
    Sur les Mages mèdes : R. C. Zaehner, The Dawn and Twilight of Zoroastrianism (1961), Phoenix Press, 2002, p. 160 sq. G. Widengren, Les religions de l'Iran (1965), trad., Paris, Payot, "Les religions de l'humanité", 1968, p. 134 sq. Pierre A. Riffard, Ésotérismes d'ailleurs, Paris, Robert Laffont, "Bouquins", 1997, p. 503-511.
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    La Matière première du Magistère [archive]
    Diogène Laërce, VII, 109 ; IX, 34. Joseph Bidez et Franz Cumont, Les mages hellénisés. Zoroastre, Ostanès et Hystaspe d'après les traditions grecques (1938), Paris, Les Belles Lettres, 2 t., 1973. Textes mis en grec vers 270 av. J.-C., sous Ptolémée II Philadelphe. Textes en grec au t. I.
    Gian Mansi, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio (31 vol., in-folio, Florence et Venise, 1758-1798), vol. VIII.
    Apulée, Apologie, ou de la magie (vers 158), XXVI, 6, trad. du latin, Classiques Garnier, 1933, p. 47. Lire Adam Abt, Die Apologie des Apuleius von Madaura un die antike Zauberei, Giessen, A. Töpelmann Verlag, 1908.
    Helena Blavatsky, Isis dévoilée (1877), t. 2 : Théologie, trad. de l'an., Adyar, 2000.
    Helena Blavatsky, Glossaire théosophique (1892), trad., Adyar, 1981, p. 226.
    « Magick is the Science and Art of causing Change to occur in conformity with Will. », Aleister Crowley, Magick in Theory and Practice (1929-1930), Routledge and Kegan Paul, 1975, p. 125.
    Papus, A.B.C. illustré d'occultisme (1922, posthume), Saint-Jean-de-Braye, Dangles, 1984, p. 395.
    Pierre A. Riffard, Dictionnaire de l'ésotérisme, Paris, Payot, 1983, p. 198.
    René Bailly, Dictionnaire des synonymes de la langue française, Larousse, 1971, p. 356.
    Edward Evans-Pritchard distingue ainsi witchcraft et sorcery (Witchcraft, Oracles and Magic among the Azande, Oxford, Clarendon Press, 1937, trad. : Sorcellerie, oracles et magie chez les Azendés, Gallimard, 1972.
    Karl Preisendanz et Albert Henrichs, Papyri Graecae Magicae. Die Griechischen Zauberpapyri, 2e éd., 1974, 2 vol. Stuttgart, Teubner. Trad. : Michaël Martin, Les papyrus grecs magiques, Éditions Manuscrit-Université, "Histoire", 2002, 284 p.
    Sur Bôlos de Mendès : A.-J. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, t. 1 : L'astrologie et les sciences occultes (1944), Paris, Les Belles Lettres, 1981, p. 193-238.
    Jean Pic de la Mirandole, 900 conclusions (1486), no 782 et 784, trad., Paris, Allia, 1999, p. 195.
    Paracelse, La grande astronomie (1537, 1re éd. 1571), trad. de l'all., Paris, Dervy, 2000, p. 88, 106, 179. Sur la magie p. 166-175.
    Sur les analogies et correspondances : Pierre A. Riffard, L'ésotérisme, Robert Laffont, "Bouquins", 1990, p. 335-349 ; Wouter J. Hanegraaff (dir.), Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Leyde, Brill, 2005, t. 1, p. 275-279.
    Grand papyrus magique de la Bibliothèque nationale de Paris (IV° s.), trad. du grec : Manuel de magie égyptienne, Paris, Les Belles Lettres, "Aux sources de la Tradition", 1995. Éric Pier Sperandio, Le guide de la magie blanche. Recettes de sorcières (1997), Paris, J'ai lu, "Aventure secrète", 2004, p. 54.
    Éliphas Lévi : Secrets de la magie, p. 54, 203-204, 824-826.
    James George Frazer, Le Rameau d'or, t. 1 : Le roi magicien dans la société primitive (1890), chap. 3, trad., Robert Laffont, "Bouquins". Voir Marcel Mauss, Esquisse d'une théorie générale de la magie (1902-1903), in Sociologie et Anthropologie, PUF, 1950, p. 56-66). Les "lois d'associations d'idées" remontent au philosophe David Hume.
    Omraam Mikhaël Aïvanhov, "Cherchez le Royaume de Dieu et sa Justice", VI, 3 : "La magie divine", Fréjus, Éditions Prosveta, "Synopsis", 1998, p. 463-478. Voir Le livre de la magie divine, Fréjus, Prosveta, "Izvor".
    O. M. Aïvanhov, La livre de la magie divine, Fréjus, Prosveta, "Izvor", chap. 11.
    Saint Augustin, La cité de Dieu (420-429), X, 29-32.
    Voir Jean-Baptiste Thiers, Traité sur les superstitions qui regardent les sacrements d'après l'écriture sainte, les décrets des Conciles et les sentiments des Saints Pères et des Théologiens, Paris, 1741, 4 vol.[réf. non conforme]|date=7.8.2009
    Grimoire pour conjurer l'esprit d'un lieu, etc.
    J. Pic de la Mirandole, Discours sur la dignité de l'homme (1486). De même dans Apologia, 1489.
    Simon Blocquel, La magie rouge, crème des sciences occultes naturelles ou divinatoires, par l'helléniste Aaron, 1843, 160 p.
    Agrippa, Paradoxe sur l'incertitude, vanité et abus des sciences (1531), chap. 41-46, trad. du latin 1608.
    Sur le cercle magique : Théophraste, Recherches sur les plantes (IIIe s. av. J.-C.), Livre IX, 8, trad. du grec, Les Belles Lettres, coll. "Budé", t. 3, 1989[réf. incomplète]
    Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (vers 70, livre XXX, 49 et 107) Traduit du latin, Les Belles Lettres, "Budé", 1974.
    Guillaume d'Auvergne, De la foi et des lois (De fide et legibus) (vers 1230).
    Roger Bacon, De l'admirable pouvoir (De secretis operibus artis et naturae) (vers 1260), trad. du latin, Gutenberg Reprints, 2008. Texte en ligne [archive]
    Claude Élien, Traité sur la nature des animaux (IIIe s.), II, 14, trad. du grec. Voir Michaël Martin, Magie et Magiciens dans le monde gréco-romain, Paris, Errance, 2005, p. 204.
    Claude Postel, John Dee. Le Mage de la ruelle d'or, roman, Les Belles Lettres, 1995, p. 106. D'après John Dee, A True and Faithful Relation of What Passed for Many Years between Dr. John Dee and Some Spirits, 1re éd. Casaubon, 1659. [1] [archive].
    Sophocle, Les trachiniennes (415 av. J.-C.), 585.
    C.C.A.G. Catalogus Codicum Astrologorum Graecorum, Bruxelles, 12 tomes en 20 volumes, 1898 à 1953, VIII, 2, p. 143, trad. Festugière.
    Marsile Ficin, Les trois livres de la vie (De triplici vita) (1489), III, 21 : Opéra omnia p. 562. D.-P. Walker, La magi